Féminisme
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Dico des filles 2014 : la sexualité stéréotypée

Au début de ma préadolescence, je me souviens avoir reçu mon premier «Dico des filles» (l’année m’échappe, mais je crois que ce fut l’un des premiers au Québec). À cet âge je trouvais ça «cool» d’avoir ce dictionnaire parce que toutes les filles se devaient de l’avoir. Parce qu’il y avait de belles images et que je le trouvais beau à regarder. Je peux même dire que j’ai fait plus que le feuilleter. Mais bon, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il a été une référence pour moi. Mes souvenirs sont vagues, est-ce que je peux dire qu’il m’a aidée ?… Pas vraiment. Le fait est qu’à ce moment, ce sont les références dont j’avais besoin sur la sexualité. Plus tard, j’ai eu le livre «Full sexuel» de Jocelyn Robert. C’est, encore là, à un moment de ma vie où je me posais des questions sur l’orientation sexuelle, l’amour, etc.

Aujourd’hui, lorsque je lis les passages nommés dans l’article d’Hugo Pilon-Larose dans le journal LaPresse, je me demande en quoi ce livre peut aider les jeunes filles à se retrouver dans leurs questionnements sur la sexualité. Ce livre, loin d’être féministe dans ses valeurs, fait, en quelque sorte, culpabiliser les jeunes filles au sujet de l’avortement… tout en prônant un discours à la «Bonne petite ménagère», un vrai retour dans le passé. Il condamne ainsi l’avortement et a des préjugés envers les homosexuel-le-s. Je serais curieuse de savoir s’il y a un paragraphe sur les féministes et ce qu’ils en disent. Bref, il n’aide aucunement la jeune femme déjà confrontée à une société hypersexualisée. Ce genre de livre accentue les stéréotypes, comme nous pouvons le constater avec les couples homosexuel-le-s.

«En 2011, notamment, on pouvait y lire : «C’est vrai qu’il existe des couples homosexuels stables. Mais souvent, les relations sont éphémères, instables et les homosexuels ont du mal à se projeter dans l’avenir», selon la Gazette des femmes.» Un portrait négatif des relations homosexuelles.

De plus, je n’aime pas le concept de catégoriser les objets ou un comportement à un sexe. Un livre de fille et un autre de gars. Ma question reste : qu’est-ce qu’une fille et qu’est-ce qu’un gars ? Pour moi, le concept est si abstrait et est une conception créée par la société qui dit que la femme doit aimer et agir de telle façon, que l’homme et la femme ont des rôles distincts, liés à leur sexe. Personnellement je ne crois pas au sexe, pas plus que je ne crois au genre. Parce que pour moi, c’est la société qui a créé ce comportement.

Tout cela pour dire que je suis d’accord avec le fait que nous devons retirer ce genre de livres de nos bibliothèques. Que si nous devons parler de sexualité aux enfants, c’est aux parents et à l’école de le faire. Mais ça, c’est un autre sujet étant donné qu’il n’y a plus de cours de sexualité à l’école…

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Avoir une bibliothèque de plus en plus grosse est l’un des projets de vie de Karina. Apprendre et avoir plusieurs perceptions le sont également. Après avoir fait une technique en travail social au Cégep du Vieux-Montréal et travaillé quelques années dans des organismes communautaires (ce qu’elle continue de faire avec joie), elle poursuit ses études en faisant un certificat en études féministes à UQÀM. La littérature lui permet donc de voyager et d’avoir d’autres lunettes sur le monde.

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