Au-delà des livres
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Vivre la séparation de ses parents à l’âge adulte, comment ça marche ?

 On parle souvent de la répercussion d’une séparation sur les enfants, de la garde partagée, des fêtes, du rôle de la belle–mère et du beau-père chez les petits, mais on parle très peu des adultes qui voient leurs parents se séparer. Techniquement, il est vrai que c’est beaucoup moins compliqué, pas de garde partagée, personne qui essaie de jouer des rôles de substitution, pas de paperasse, mais qu’est-ce qu’on fait de tout le reste ? Comment est-on supposé, en tant qu’adulte, réagir ?  Je ne sais pas pour vous (si ça vous est arrivé), mais moi, je n’ai pas trouvé cela si simple.

Voici la petite histoire, dans les grandes lignes. Mes parents ont décidé, d’un commun accord, de mettre fin à leur relation de 23 ans, il y a un peu moins d’un an. Tout s’est fait dans les meilleures circonstances possible, dans un respect mutuel fort admirable et avec une paix intérieure qui m’impressionne encore. Je trouve beau de voir que, malgré l’âge, ils ont pris cette décision et ont eu le courage de se dire qu’il était encore possible de recommencer à zéro

Malgré tout ça, il est loin d’être facile de voir que ses parents, qui ont toujours été ensemble, décident qu’à partir de maintenant, ils ne le seront plus.

Ma première réaction fut probablement très près de celle d’un enfant. J’ai pleuré, assez pour vider un rouleau de papier de toilette sur mon lit, je ne suis pas sortie de ma chambre,  j’ai appelé mon père en panique pour lui demander ce qui allait arriver quand, advenant que j’aie des enfants un jour, arriverait le temps des fêtes. (j’étais un peu (beaucoup) en avance sur mes préoccupations…)

Ça n’a pas été trop long avant que je réalise que j’étais une adulte et que je devais donc agir comme tel,  je m’étais donné le temps d’avoir de la peine, de pleurer et maintenant, je me devais d’être là pour eux et non eux pour moi.

Mais bon, comment ça marche, être là pour ses deux parents, en même temps, dans une situation du genre ? Comment est-ce qu’on gère tout ça ? Quel rôle est-on censé jouer ? Il n’y a pas de solution miracle, comme dans n’importe quelle situation, pas plus qu’il n’y a de guide à suivre.

Par contre, il y a certaines leçons que j’ai apprises et qui, j’en suis sure, me serviront dans bien des situations au cours de ma vie.

Le respect : respecter la décision est l’élément qui, à mon avis, est le plus important. Sans respect, il n’y a rien qui vaille, rien qui tienne. On peut avoir toute la peine et le mal du monde, mais en fin de compte ce n’est pas notre décision et il est mieux d’essayer de comprendre et de respecter le choix de nos parents plutôt que de le juger ou de ne rien vouloir entendre.

Écouter : écouter, en toute objectivité, ou du moins avec le plus d’objectivité possible, ce qu’ils ont à dire. Écouter lorsqu’ils veulent parler.  Être présent pour eux et leur laisser savoir, car si vous croyez que c’est dur pour vous, ce n’est rien comparé à tous les petits (et gros) deuils auxquels ils doivent faire face.

Connaître ses limites : la ligne est parfois mince entre ce qui peut être dit et entendu, certaines conversations nous touchent plus que d’autres, certains souvenirs sont plus émotifs, c’est pourquoi il est important de connaître ses limites et de savoir où les mettre, question de ne pas trop s’en mettre sur les épaules, ou de dire des choses qui pourraient blesser.

Prendre du recul : prendre le temps de réfléchir à la situation, à ce qu’elle représente pour vous, prendre le temps de mettre ses idées et ses émotions en place est crucial dans une situation du genre, comme dans bien d’autres.

Savoir que nos parents seront toujours là pour nous : ça peut paraitre évident, ou idéalisé pour d’autres, mais en tant qu’enfant, cette situation nous affecte aussi et il est important de ne pas prendre le rôle de support principal et d’en demander si le besoin s’en fait sentir. Nos parents seront toujours nos parents et peuvent tout aussi bien nous rassurer et nous aider à passer à travers la situation (autant que le contraire peut se produire).

L’humour : avec mes parents, l’humour a toujours aidé à passer à travers les situations. Mon père a toujours dit qu’on est bien chanceux d’être capable de rire ensemble (et l’un de l’autre) de même. Parfois, dans les situations du genre, ça peut sembler difficile de rire (d’en rire…) et ça dépend aussi des familles et des évènements, mais je sais que pour moi, ça a vraiment fait la différence, ça dédramatise et ça change le mal de place.

Le plus important, lorsqu’on vit cette situation à l’âge adulte, c’est d’apprendre à être là l’un pour l’autre, de se laisser aider autant qu’on aide, de se parler, entre adultes, et de passer au travers ensemble.

Toutes les situations sont bien différentes et je suis bien consciente que j’ai vécu le «meilleur» des  scénarios dans ce cas-ci, puisqu’il n’y a pas eu de grand drame, de coup bas, mais bien des larmes, des rires et bien des discussions.

Mes parents sont encore de très bons amis et auront toujours un respect mutuel l’un pour l’autre (allo maman & papa, je vous aime). Ce n’est peut-être pas le cas de tous, mais une chose est sure, nos parents nous auront toujours en commun, nous, les enfants, peu importe ce que la vie apporte.

P.S. : Vous pouvez toujours vous essayer sur la blague des deux cadeaux de fête et de Noël, on l’a bien ri de par chez nous !

Crédit photo : Pinterest

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par

Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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