Bande dessinée et roman graphique
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Noé: De la Genèse au grand écran

Par Kimberley Ryan et Valérie Valois

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Chez le fil rouge, nous sommes encouragées à partager nos idées d’articles, à communiquer, à discuter et à collaborer. Étant toutes les deux passionnées de bandes-dessinées et de romans graphiques, l’idée d’écrire un article sur un de ces livres nous semblait une idée à explorer. Alors, par le froid intense du mois de février, on s’est planifié une rencontre en plein centre-ville de Montréal pour aller bouquiner. Au tout début, notre objectif était de cibler une bande dessinée américaine, un bon vieux ‘comic’ de super héros tel que Batman ou Superman. Nous nous sommes toutefois rendues compte que ce n’était pas trop évident de choisir, tant il y avait de bons titres à notre portée. De plus, nous voulions une oeuvre qui allait nous donner du matériel pour mener une discussion animée et intéressante qui nous permettrait une comparaison livre/production cinématographique. Finalement, notre choix s’est arrêté sur la bande dessinée Noah de Darren Aronofsky, récemment adaptée au grand écran (2014) et dont le sujet est tiré de la Genèse. Afin de concrétiser notre article comparatif, nous avons même été jusqu’au visionnement du film et la lecture de la Genèse elle-même.

Synopsis

Noé, fils de Lamech et Naameh, a trois enfants: Shem, Ham et Japheth. Ils vivent paisiblement, mais toujours à l’affût des hommes violents et de Tubal-Cain de Bab-ilim. Ainsi, au début, Noé est en proie à des visions d’un immense déluge qu’il interprète comme un message de Dieu, avertissement de la dépravation des hommes au sein de sa création. Noé tente d’avertir les hommes qu’ils doivent changer afin d’éviter la catastrophe, mais rien n’y fait.

Avec l’aide de son aîné, de Methusaleh et des anges déchus connus sous le nom de watchers, Noé et sa famille entreprennent le projet d’une vie, la construction d’une arche qui leur permettra de sauver les créations de Dieu.

Il s’agit d’une histoire remplie de rebondissements, de déceptions et de sentiments de vengeance. Un récit qui tente de répondre aux questions suivantes: est-ce que l’humanité mérite d’être sauvée? Est-ce que la condition humaine est vouée à se perpétuer? Et finalement, est-ce que l’homme nourrira toujours ses sentiments d’arrogance, de violence et de cupidité?

Esthétisme et couleurs

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Pour commencer avec l’ambiance de la BD et du film, tout passe par l’esthétisme et la couleur. L’auteur/réalisateur Darren Aronofsky arrive à véhiculer d’abord l’idée d’une ambiance morte et chaotique au début de l’histoire avec des couleurs terre et ternes, des déserts arides tels que la BD nous les présente, celle-ci l’ayant pris comme ligne directrice. Ensuite, il passe l’ambiance du déluge par des couleurs froides, bleu, gris comme la pluie et les lumières du film tamisées à l’intérieur de l’arche, lieu de réconfort, de refuge. Finalement, avec l’arrivée d’un monde nouveau et la vie qui reprend son court, nous avons bien sur l’image de la verdure, de fleurs, de couleurs vives, terre de promesses. Autant dans la BD que dans le livre, cette même idée est suivie. Dans les dessins de la BD, beaucoup de détails, d’ombre et de lumière prononcés par de fines lignes raturées qui les rendent très personnels et stylisés.

La genèse

Après avoir entamé la BD et visionné le film, nous avons décidé, dans le désir de pousser plus loin pour notre article, de comparer ces deux adaptations à la véritable genèse qui figure dans la Bible, de la création d’Adam et Ève à la construction de l’arche de Noé, le déluge et la poursuite de l’humanité sur Terre.

Dans l’ensemble, nous avons bien constaté le respect de la genèse dans l’ordre des événements, les personnages principaux, l’envoi de la colombe à la recherche d’un lot de terre. Par contre, il y a eu  beaucoup de contenu qui à été ajouté à l’histoire, entre autre les créatures fantastiques faites de pierre et de lumière, les ennemis sanguinaires de Noé incarnant le côté sombre des hommes et le sage dans la montagne, parlant à Noé et à sa femme. On peut également retrouver dans la BD plusieurs citations de versets et quelques pages parlant de la création du monde en 7 jours, d’Adam et Ève, images fortes de la BD ♥

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 »The Creator saw the wickedness of man was great in the World, and it grieved His heart. »  Genesis 6:5

Dialogue sur les oeuvres

Kim: Quels sont les points que tu as trouvés particulièrement intéressants? Pour ma part, j’ai vraiment aimé le segment sur les watchers, on dirait que j’étais sensible à leur histoire et même si ça ne fait pas partie du texte de la Genèse, j’ai trouvé que c’était quasiment poétique. J’ai aimé le fait qu’il s’agissait de créatures qui étaient déchues sur terre, des anomalies, des monstres. Du côté esthétique, je trouvais qu’elles ressemblaient à un mix de Graveler (dans Pokémon) et de The Thing (dans Fantastic Four) – Geek Cred +2.

Val: Haha :’) True story !!

J’ai aussi trouvé que c’était particulier, ça ajoutait un peu de ce côté fantastique à l’histoire, mais j’ai quand même vraiment aimé aussi la partie qui parlait de la création de l’univers, d’Adam et Ève, parce que juste les images en partant étaient tout à fait magnifiques. J’ai aimé l’insertion de versets dans la BD.

Val: Pis tu sais, en même temps la BD ou même le film c’est quand même une bonne façon d’introduire les gens à la bible pour la culture générale.

Kim: Je trouve ça toujours smart quand les gens pensent à faire des variations de la bible pour des livres/BD/films. On s’entend que même si c’est l’histoire la plus populaire et connue de la terre, on ne s’en tanne pas, parce qu’elle contient des thèmes universels et des histoires plus grandes que nature. Je ne suis pas croyante, mais je respecte profondément les gens qui le sont et je trouve que d’un côté la Bible, particulièrement La Genèse, c’est vraiment juste intéressant à lire pour se poser des questions sur la vie en général.

Val: J’te dirais par contre que c’est toujours à risque puisque inévitablement, ça ne respecte pas toujours les écrits, mais parce que c’est si connu, c’est toujours intéressant quand on découvre justement les adaptations.

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Et le fait de lire la BD, ça m’a motivée à relire certains chapitres de la bible que j’avais lus étant jeune pis en même temps, d’en découvrir d’autres parce que c’est vrai que ça en fait beaucoup à lire dans une vie. J’ai jamais passé au travers, mais ça donne envie d’en lire un peu plus.

Kim: Personnellement, j’avais lu beaucoup de segments de la Bible, parce que j’avais pris un cours à l’université sur le sujet. J’avais vraiment aimé ça, ça faisait changement des cours de politique. Je trouve aussi que ça apporte beaucoup du côté de la culture.

Je trouve ça chouette que ce soit la même personne qui ait fait la bande dessinée et l’adaptation cinématographique. Je me demande l’étendue de sa liberté quand il s’agissait de rendre vie à sa bande dessinée. Par exemple, le choix des acteurs. Je trouvais les choix vraiment bizarres. J’aurais choisi aucun de ces acteurs pour jouer les rôles. On dirait qu’ils ont juste voulu prendre des gros noms.

Val: Hey, pis Emma Watson qui pleurait TOUT le temps -_-’

Kim: Ouais et Jennifer Connelly! Elle était pas très crédible et elle n’a jamais vieilli tout le long du film.

Val: Maintenant que tu le dis, c’est tellement vrai hahaha !!

Val: Et qu’est ce que tu penses des graphiques dans le film quand Russell Crowe nous relate Adam et Ève ou quand les watchers racontent leur histoire? Ça paraît que c’est fait à l’ordi, là-dessus j’pense que ça aurait pu être mieux.

Kim: J’avoue que les ambiances étaient bien mieux relayées dans la bande dessinée avec les traits de crayons et les couleurs. Dans le film, c’était grossier et l’esthétisme était moyen… on dirait que ça manquait de budget. C’est pas un mauvais film, j’ai déjà vu bien pire, mais ça aurait pu être meilleur avec des acteurs plus appropriés et un meilleur directeur artistique.

Val: That’s it !!

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Noah(2014) *Pinterest

En conclusion, l’expérience d’écrire un article à deux permet d’avoir deux perspectives, plus d’idées de concepts et un dialogue plus approfondi sur le sujet. Ça permet toujours de voir des choses qu’on avait pas remarquées avant d’en parler avec d’autres personnes.

Et vous, avez-vous lu ou vu Noé? Qu’en pensez vous? Aimeriez-vous lire plus d’articles collaboratifs chez le fil rouge? Laissez-nous vos commentaires.

*** Les images ont été numérisées et tirées de la BD  »Noah » d’Ari Handel, Darren Aronofsky et Niko Henrichon, publié par Image Comics (2014)

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