Réflexions littéraires
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Une lectrice exigeante passe aux aveux

Vous l’aurez compris, comme toutes les collaboratrices de ce blogue, la lecture figure en tête du palmarès de mes activités favorites. Je l’ai déjà mentionné auparavant, mais ce passe-temps en est un duquel je ne pourrai jamais me lasser et dont je n’atteindrai jamais « le fond » : de nouveaux livres paraissent en librairie chaque semaine, sans compter la panoplie de classiques que l’on ne parvient jamais à lire en entier… et c’est absolument merveilleux. Je ne lirai jamais tout, je ne manquerai jamais de lecture… le simple fait d’y penser me rend très heureuse! (Mais ça, c’est moi, hein ; je connais beaucoup de gens qui sont angoissés à l’idée qu’ils n’auront jamais assez d’une vie pour lire tout ce qui les intéresse!)

Ceci étant dit, j’ai récemment constaté, en analysant mes intérêts littéraires, un phénomène qui m’a fait sourciller. Vous savez, à l’adolescence, quand notre visage change et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, mais qu’un beau matin, on ressort une vieille photo datant d’il y a quelques années et on réalise à quel point notre visage est différent? Ça m’a fait un peu cet effet quand j’ai réalisé à quel point je suis devenue exigeante au niveau de mes critères de lecture!

Auparavant, je lisais de tout, je pouvais attribuer, disons, un 4/5 à un livre dont j’avais simplement apprécié la lecture et je n’étais pas (tant) difficile sur le plan de la formulation, du vocabulaire, de la langue. Des milliers d’heures de lecture, d’écriture et un bacc en littérature plus tard, je lis encore de tout, je sais encore apprécier les bonnes histoires… mais la qualité de la langue et l’originalité de la structure ont pris une place que je ne soupçonnais pas! Maintenant, je sais que j’aurais du mal à coter un livre plus de 3/5 s’il ne respecte pas certains critères, même si l’histoire me plaît de façon générale.

C’est une vraie malédiction.

Parfois, je commence à lire un roman et je réalise tout de suite que quelque chose m’agace dans la plume de l’auteur. Si l’histoire est palpitante, que j’aime les personnages et que le rythme me captive, je suis en mesure de passer par-dessus mes premières hésitations pour me plonger davantage dans l’univers que l’auteur m’offre.

D’autres fois encore, l’écriture me happe dès les premières pages, j’en suis enchantée, mais je découvre rapidement que l’histoire est du réchauffé, qu’elle ne m’apporte rien. Bref, elle m’emmerde.

Une malédiction, je vous dis.

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Parfois, je me prends à regretter la lectrice que j’étais avant. Celle qui se fichait bien du « show, don’t tell« , qui se moquait que le vocabulaire ne soit pas parfaitement adéquat, qui ne trouvait pas que certaines scènes avaient l’air un peu ridicules en raison de certaines tournures de phrase ; celle qui affectionnait sans distinction les personnages unidimensionnels et ceux plus complexes, qui ne devinait pas la fin des récits après quelques chapitres, bref, celle qui n’était pas aussi difficile.

Mais parfois, j’ouvre un livre et la magie opère. L’écriture me charme, l’histoire et ses ambiances me submergent, j’ai envie d’apprendre à connaître les personnages, de les laisser m’entraîner sur des sentiers inattendus, me confronter à des situations auxquelles je ne m’attendais pas, me faire passer du rire aux larmes en quelques heures de lecture. Dans ces moments-là, la malédiction devient un don, une capacité à déceler toute la beauté et la complexité d’une œuvre, que je n’aurais sans doute pas pu entrevoir autrement.

Attention, eh, ne vous méprenez pas: je ne vais pas affirmer qu’un livre n’en vaut pas la peine parce que certains points ne m’auront pas plu! Je vais simplement considérer que pour me plaire davantage, il aurait eu besoin de quelques petites touches de plus. Ce sont mes goûts personnels, et ça n’enlèvera jamais rien au talent de l’auteur, à son travail acharné et à l’enthousiasme du public qui adore ses œuvres!

Alors oui, je l’avoue, je suis exigeante. Sans doute plus encore envers ma propre plume que celle des autres. Mais si cela m’agace souvent, d’un autre côté, je sais que c’est parfois une bonne chose. Parce que ça me permet de révéler la magie derrière les mots…

Et vous, considérez-vous parfois que vous êtes des lecteurs ou des lectrices difficiles?

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par

Auteure, agente de communication, maître en création littéraire et blogueuse, Raphaëlle explore diverses facettes du milieu du livre à travers sa passion intarissable pour les mots et les histoires. Elle mène d'ailleurs de front une multitude de projets variés, au cœur desquels l'écriture se trouve toujours au premier plan. Dans ses créations, elle a un petit faible pour les littératures de l’imaginaire (fantasy, fantastique, épouvante, suspense), mais côté lecture, elle dévore un peu de tout, vraiment. En fait, elle n’accorde pas réellement d’importance à la notoriété des auteurs ou aux genres qu’ils pratiquent ; ce qui compte pour elle, c’est d’abord et avant tout de découvrir leurs univers, pour ensuite partager ses trouvailles avec les autres. Son but en tant que lectrice? Être émue, bouleversée, émerveillée, éjectée hors de sa zone de confort. Son but en tant qu’auteure? Tenter de transmettre aux lecteurs toutes ces émotions vives et brutes qui, à ses yeux, font de la littérature une aventure sans âge et sans frontières.

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