Défis littéraires
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Critique commune de « Toutes celles que j’étais » d’Alba Farhoud, lecture d’août du défi littéraire

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Ce que j’en ai pensé

J’avais entendu une de mes amies nommer Abla Farhoud quelques fois et je me souviens d’avoir mis Le sourire de la petite juive sur ma liste mentale de livres à lire. Alors quand j’ai vu que Toutes celles que j’étais gagnait le sondage pour la lecture du mois d’août, j’étais bien contente d’avoir enfin la chance de me plonger dans l’oeuvre de cette auteure. Je n’irai pas par quatre chemins : J’AI ADORÉ MA LECTURE. Honnêtement, en ce neuvième mois de l’année, je déclare que Toutes celles que j’étais est ma plus belle découverte du défi littéraire En 2015, je lis un livre québécois par mois.

Le roman inspiré de faits réels de la vie de l’auteure n’est toutefois pas une autobiographie au sens propre du mot. On remarque beaucoup de similitudes dans la vie de la narratrice comme dans celle de l’auteure, mais on se doit d’en faire abstraction pour se plonger dans la vie d’Aablè. Elle raconte son arrivée au Québec lorsqu’elle n’avait que 6 ans. Elle raconte le parcours de sa famille lorsqu’ils ont décidé de venir rejoindre le père déjà en Canada, comme elle le dit.  La fusion des identités, de la petite fille à la jeune adulte qui raconte, a été un des éléments qui m’ont le plus charmée. Au fil que les pages défilent, on remarque le langage, la confiance, la passion, la tourmente, la peur et l’adaptation dans l’écriture de Farhoud. On sent le parcours de la petite fille tout juste partie du Liban et celle qui est devenue une réelle Montréalaise.

On sent surtout que la passion pour le théâtre a été sa bouée de sauvetage, sa façon bien à elle de prendre et trouver sa place dans ce pays qui devient, peu à peu, le sien. Cette liberté ressentie par la joie d’être sur scène est contagieuse et démontre le fait que l’art sauve réellement des vies.

L’écriture est remarquablement poétique, douce et franche. Abla Farhoud nomme les questionnements et les incertitudes propres à l’exil et à l’immigration. Le parcours décrit de la jeune Aablè jusqu’à la jeune fille est tourmenté, on passe du bien-être au mal-être, au bonheur à la découverte, et à la dépression et c’est au fond ce qui fait le charme de toutes celles qu’elle est, Aablè.

Ce qu’en a pensé Marjorie 

Il y a, dans Toutes celles que j’étais, une certaine universalité à laquelle je ne m’attendais pas. Abla Farhoud réussit à mettre en mots les tournants d’une quête de soi bien personnelle et d’une identité décousue tout en dépeignant de manière vraie et touchante la réalité qu’est celle de grandir, de changer, d’apprendre et de se perdre.

J’ai aimé le ton du roman, les questionnements, les anecdotes, le fait de voir grandir Abla (Aablè) à travers les pages et aussi à travers le langage. Ce dernier est vraiment le miroir du parcours d’Abla, j’ai adoré voir celui-ci changer et évoluer en même temps que le récit, à travers les extraits de son journal, les anecdotes et les réflexions.

De l’oeuvre au complet, c’est les quelques dernières pages qui m’ont le plus touchée. L’entièreté du roman implose dans ces dernières pages, la complexité de la fin de son séjour au Canada est mise en mots de manière forte et pleine de vulnérabilité à la fois, à l’image d’Alba Farhoud comme elle se présente dans ce roman.

Bref, j’ai grandement apprécié ma lecture et je la conseillerais à tous. C’est un roman à la fois si personnel et universel, fort et doux. Je lirai sans aucun doute les autres roman d’Abla Farhoud, en commençant par Splendide solitude qui me semble excellent.

Ce qu’en a pensé Karina 

Je ne vais pas vous mentir. J’étais déjà en amour avec le roman Toutes celles que j’étais lorsque j’ai vu la couverture. J’ai eu un vrai coup de cœur. Et cela fut de même quand j’ai commencé ma lecture. Je m’embarquais dans la vie de Abla. On commence l’aventure avec une jeune fille de six ans. L’auteure réussit à nous faire croire que nous sommes dans la tête de cette jeune fille de six ans. De celle qu’elle était lorsqu’elle habitait dans le village de son père. Une fois au Canada, cette jeune fille tente de se retrouver, de savoir qui elle est dans toutes celles qu’elle était.

Comme je vous l’ai dit plus haut, le roman d’Abla Farhoud fut pour moi un vrai coup de cœur. Je pourrais même dire que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi rapidement. L’histoire se lit tout seul. L’auteure a une écriture fluide. On suit son histoire dans un ordre semi-chronologique, faisant parfois des petits sauts vers le futur et d’autres vers le passé. Mais ce dont j’ai particulièrement apprécié est son partage de l’amour des mots. De constater son besoin de s’exprimer, de vivre dans la peau de d’autres personnages et cela grâce au théâtre ou encore à la télévision. J’ai aimé être dans les années 50 et 60 avec cette famille libanaise. J’ai aimé être avec cette adolescente qui se cherche, qui tente de retrouver ses repaires quand sa famille rêve encore du Liban alors qu’elle, elle se cherche. Suivre le parcours d’Abla, c’est également suivre celle de sa famille immigrante dans un Québec encore sous l’emprise de l’église.

Toutes celles que j’étais est un roman que je ne peux que vous conseiller de lire !

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

9 Comments

  1. Laurie-Anne Trépanier says

    Belle critique! Je n’apprécie pas vraiment les romans à caractère autobiographique, mais vous m’avez donné envie de lire celui-ci. Toutefois, petite phrase à corriger dans la critique de Karina: <>.

    Merci pour tous les beaux articles régulièrement publiés; j’adore vous lire!

    J’aime

    • Merci Laurie-Anne de vous lire 🙂 Et aussi pour ton commentaire, je suis certaine que tu aimeras « Toutes celles que j’étais », c’est vraiment EXCELLENT. Merci aussi pour la correction, desfois ça arrive.
      -Martine

      J’aime

      • Laurie-Anne Trépanier says

        Tout à fait, je n’en doute même pas! J’écris moi aussi alors je sais qu’il n’y a rien de plus normal que des petites fautes qui se glissent ici et là. Toutefois, je vois que la phrase que j’avais citée n’apparaît pas dans mon commentaire précédant, oups! Je voulais suggérer de revoir la formulation [Mais ce dont j’ai…] pour [ Mais ce que j’ai…] dans le dernier paragraphe. Encore bravo!

        Je termine d’abord mon marathon de lecture de David Safier et je m’empresse d’ajouter cette lecture à ma liste!

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