« Peut-être partons-nous tous avec un voyage en suspens, envisageons-nous des voyages lorsqu’ils sont déjà impossibles, comme si nous essayions d’acheter du temps, même si nous savons que le nôtre s’est épuisé et que personne ne peut nous faire cadeau d’une seule minute de plus. Ce qui doit être intolérable: avoir les yeux encore ouverts et penser qu’il y a des lieux que vous ne reverrez plus jamais, que les possibilités se ferment avant vos yeux. » – Ça aussi, ça passera – Milena Busquets
Ce paragraphe vous touche ou vous parle directement? Alors c’est que vous devez lire le roman dont je vais vous parler.
Dernièrement, j’ai lu le livre de Milena Busquets, Ça aussi, ça passera. Une phrase que moi-même j’utilise souvent dans différentes situations de ma vie et que j’ai même déjà vue tatouée sur quelqu’un tellement c’est une phrase porteuse de sens. Ça aussi, ça passera est un livre sur le deuil de la perte d’un parent et dans ce cas-ci, celui de perdre sa mère. Pour être honnête avec vous, j’ai trouvé le livre difficile à lire voire assez long par moments et je dois vous avouer qu’au départ, mon attirance pour celui-ci était dûe uniquement à l’ensemble des critiques élogieuses qu’on peut trouver un peu partout sur le web et dans les magazines. Cependant, je me suis demandée par instant si j’avais bien lu le même roman que tous le monde?
Certes, le livre est bon et bien écrit avec sa double narration et sa touche autobiographique, et l’auteure réussit parfaitement à nous faire ressentir comment Blanca, l’héroïne du roman, se sent face à la perte de sa mère qui, elle le dira elle-même, était l’amour de sa vie. Cependant, celui-ci est aussi empreint d’une lourdeur avec le besoin d’évasion trop grand de l’héroïne dans les bras de tous les hommes présents dans l’histoire et tombe hélas trop souvent dans des clichés un peu trop « bobo » à mon goût. Est-ce vraiment la meilleure façon de vivre son deuil que de se lancer dans les bras de tout le monde ou de tenter de vivre comme une adolescente un peu superficielle à 40 ans? Je ne sais pas, mais je ne crois pas.
Voici brièvement l’histoire du roman: pour tenter d’apprivoiser sa nouvelle solitude causée par la récente perte de sa mère qu’elle vient d’enterrer, Blanca choisi de quitter Barcelone pour Cadaqués (qu’elle nous donne vraiment envie de visiter!), ville de son enfance, où elle vient d’hériter de la maison familiale, accompagnée de ses meilleures amies, ses enfants, ses 2 ex-maris, la gardienne, son amant (et sa famille) et sa mère, très présente, qui dort paisiblement dans le cimetière tout près dans la ville. Elle y passera un été rempli de souvenirs, de baignades, de promenades, de longues discussions autour de soupers bien arrosés, de beaucoup de « farniente », de beaucoup de joints aussi et de sexe avec tous les hommes de la maison. Le livre est cru, il dit ce qu’il a à dire et oui, par moments, tombe dans la lourdeur, mais il est également rempli d’une belle lumière et d’espoir face à la tragique perte d’un parent. On peut donc dire que l’auteure a bien réussi à faire passer son message, soit que ça aussi, ça passera, mais j’ignore si c’est comment j’aurais expliqué le deuil de la perte d’un être aussi cher à mes yeux comme elle le prétend.
Les 3 pages de la fin, soit l’épilogue, sont à mon avis le meilleur bout du roman. Si ces pages avaient pu teinter davantage le reste du livre, probablement que ma critique serait plus élogieuse également.
Bref, un livre qui fait du bien quand on vit un deuil semblable à celui de l’héroïne ou que l’on se reconnaît en celle-ci, sinon ce n’est hélas pas ma meilleure lecture cette année et je risque fort de l’oublier rapidement.
Et vous, vous avez pensé quoi de Ça aussi, ça passera ?


