Littérature étrangère
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Le nouveau Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie

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Le livre que j’attendais de la rentrée littéraire, c’était lui. D’après une histoire vraie, ce nouveau titre de l’auteure française Delphine de Vigan, est sortie le 2 septembre dernier et je me suis fait le plaisir de le lire un weekend, emmitouflée dans une confortable couverture. Je suis sortie du lit en fermant le livre, c’est pour dire à quel point l’histoire m’a obnubilée. 

J’aime Delphine de Vigan d’amour, honnêtement. Rien ne s’oppose à la nuit a été une lecture charnière pour moi, je l’ai relue à trois reprises et j’ai même choisi de faire mon travail de fin de session sur lui, la session dernière. Je trouve que Delphine de Vigan a une écriture simplement vraie, elle nomme sans chichi les émotions et surtout, j’adore la réflexion qu’elle apporte sur l’autofiction, l’autobiographie et sur le processus créatif qui vient avec l’écriture.

Dans D’après une histoire vraie, j’avoue que de Vigan a réussi à me surprendre, mais de manière positive. Elle joue entièrement avec la mise en abîme tout au long du roman, on se demande souvent si l’histoire décrite est vraie, racontée par qui et surtout, motivée par quoi. L’histoire raconte celle de Delphine, l’auteure elle-même (ou bien l’image d’elle-même?), suite à la publication de son dernier roman qui mettait en scène une histoire familiale et la mort de sa mère (on ne peut faire autrement que de voir Rien de s’oppose à la nuit). En ayant lu son dernier roman, on reconnait les émotions de la narratrice, la difficulté d’écrire, de nommer les souvenirs familiaux et de mettre son intimité sur papier. Ainsi, au premier abord, on a l’impression de retrouver Delphine elle-même, or le roman sème des doutes et ce, jusqu’à la toute fin.

De Vigan, ayant de la difficulté à se remettre à l’écriture suite au succès de son dernier roman, fait la rencontre de L, avec qui elle développe une grande amitié très fusionnelle et intime. Elles se voient énormément et passent beaucoup de temps ensemble, ainsi se crée une tendre amitié où mutuellement elles semblent vouloir s’apporter. Or, plus l’oeuvre avance, plus la relation est louche. On se met littéralement à se méfier de la fameuse L, extrêmement agressive et intense face à l’écriture de Delphine. Elles auront à plusieurs reprises des discussions sur l’écriture et la nécessité de dire du vrai. L sera convaincue entièrement que les romans d’aujourd’hui se doivent à tout prix d’être vrais pour attirer les lecteurs et être littéraires. Delphine, de son côté, considère le vrai et l’intime comme des matériaux de création et non comme une finalité en soi. Ces discussions frôlant souvent la manipulation du côté de L sont toutefois extrêmement intéressantes à lire vis-à-vis les pensées et les réflexions de Vigan concernant la création littéraire. En connaissant ses plus récentes oeuvres, certaines autobiographiques et d’autres complètement fictionnelles, on fait des liens dans ses propos et surtout, on reconnait l’importance de l’intime dans son oeuvre.

Les pages passent et on a l’impression, réellement, de changer de roman. Le ton devient méfiant et dramatique, l’amitié entre L et Delphine prend une tournure différente et c’est pour cette raison que je peux dire que j’ai été surprise par D’après une histoire vraie. Je me suis retrouvée en plein coeur d’un roman policier, je ne pouvais refermer le bouquin sans réellement savoir ce que voulait cette fameuse L et surtout, je voulais savoir comment allait Delphine.

J’ai, comme vous avez pu le constater (!), adoré ma lecture, simplement parce que le roman a plusieurs couches, soient celle de l’histoire, celle de la narration, de l’écriture, le réel se fond dans le fictif. Les personnages en sont-ils vraiment? Les références sont-elles vraies? Le lecteur est confronté à tout moment aux thèmes même du roman. Les discussions de Delphine et de L deviennent les nôtres ; est-ce que cela est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? En quoi il est nécessaire de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux, inventé ou juste inspiré d’un fait vécu? D’où vient l’inspiration? Il faut se laisser mener par le récit, par l’écriture toujours aussi magnifique et simple de De Vigan et apprécier ce récit si passionnant.

Avez-vous eu la chance de lire ce dernier De Vigan ? Et si oui, comment l’avez-vous trouvé?

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

3 Comments

  1. Martine Côté says

    Il me reste une centaine de pages. Bien hâte à ma pause de dîner pour continuer. Cette lecture me happe. J’adore Delphine de Vigan!

    J’aime

  2. Ping : DÉFI BOUQUINERIE JOUR 26 : Fais la liste de tes cinq lectures les plus marquantes de 2015 | Le fil rouge

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