Littérature québécoise
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Le géant : un roman singulier aux personnages colorés


 Le géant, c’est Victor Scarpa, un trucker, avide de littérature. L’élément central du roman, c’est lui, un géant de 6 pieds 7 pouces, qui partage sa passion pour les livres dans les truck stops. Autour de lui gravitent les membres de sa famille, des personnes aussi spéciales les unes que les autres. Il y a sa conjointe, Franie, une herboriste et lectrice à la voix enivrante, née d’une mère atikamekw. Femme mystérieuse au passé trouble, elle parcourt le long chemin vers la résilience. Ensemble, ils ont une petite fille, Babal, albinos, qui inquiète ses parents et son éducatrice à la garderie par des comportements étranges. Atteinte d’un trouble de langage, Babal parle mieux dans un autre monde. Et puis, il y a Rosita (Rosie), la fille que Victor a eue avec sa copine Madeline qui est aujourd’hui en couple avec Natsuo (Compagne). En plus d’être une calculatrice humaine, Rosie virevolte dans la tempête de l’adolescence et vit mal l’obligation de faire sa valise chaque dimanche.

Ce deuxième roman de Francine Brunet nous présente une famille dans son intériorité et toutes ses particularités. On parcourt les thèmes de la culture, du don, de l’héritage et de la génétique, en plus de la garde partagée et du passage éprouvant à travers l’adolescence. Et, évidemment, on y parle de littérature.

Le géant est un roman comme je les aime : un livre qui parle de livres. L’idée est géniale : Victor préside le Club Audi, un club dans lequel des camionneurs se réunissent afin de discuter de livres audio qu’ils ont aimés et qu’ils partagent. J’ai adoré!

Victor examine sa collection de livres audio. Il n’a pas encore écouté la trilogie Millénium de Stieg Larsson, hésite avec Le Chinois de Mankell. Il aime bien écouter des polars, lors de ses déplacements sur la côte Est. Sur la côte Nord, il prête l’oreille à Réjean Ducharme, à Marie-Claire Blais et à des auteurs Plamondon, Dupont, Mavrikakis, Lavoie. Victor aime lire, mais a les yeux occupés par la route que son camion avale jour après jour, nuit après nuit. Alors il satisfait son goût de lecture par les oreilles. Il pousse un disque dans le lecteur, et ses longues heures de routier sont peuplées d’intrigues, de phrases rythmées, de mots articulés par une voix qui lui procure douceur, exaltation, ravissement, rêverie.

Mais, ce qui m’a plu par-dessous tout, ce sont les personnages riches, qui sont assurément la force de ce roman. Je me suis attachée avec plaisir à ces personnages atypiques. Ces êtres différents, dans lesquels on réussit tout de même à se reconnaître, sont fascinants. Bien que Victor, qui partage sa passion pour la littérature dans les haltes routières, m’ait profondément charmée, j’ai surtout apprécié Franie, un personnage complexe, qui a une part d’obscurité et qui tente de se réconcilier avec son passé.

Franie possède une grande capacité de fusion et d’accord avec le monde, mais quand l’automne arrive, ses yeux verts s’assombrissent de tristesse.

En plus de ces personnalités particulières, le roman m’a accrochée par la part de mystère qu’il dégage. Bien que cette histoire intense raconte une série de drames humains, la lecture n’en est pas moins très agréable. L’écriture fluide coule harmonieusement, comme une musique. C’est un livre qui fait du bien, bâti de compassion et d’ouverture d’esprit.

Fait intéressant, pour ceux qui ont lu Le nain, le premier roman de l’auteure, il paraît que des personnages y font des apparitions dans Le géant. Et pour ceux qui ne l’ont pas lu, sachez qu’il a été finaliste au Grand Prix littéraire Archambault du meilleur premier roman en 2014. Un autre roman pour ma pile à lire!

Merci à Groupe Librex pour le roman.

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Kim se contente de peu mais de beaucoup de livres. Elle se passionne pour les mots; les laids autant que les beaux. La lecture est son activité favorite depuis qu’elle a lu Martine à la foire. Bien qu’elle aime diversifier ses lectures, elle a un penchant pour les romans québécois et les romans qui parlent de gens qui lisent des romans. Elle aime aussi les arts visuels, les visites au musée, le café, le chocolat, son gecko nommé Toytoy en l’honneur d’un panda et sa tortue nommée Vicky en l’honneur d’une Vicky. Grande anxieuse aimant relever des défis en surpassant la peur d’avoir peur, elle aspire à une vie sereine. En plus d’être collaboratrice chez Le fil rouge, elle travaille en tant qu’éducatrice spécialisée dans une garderie, animatrice dans un centre de loisirs et tutrice en alphabétisation au Y des femmes de Montréal. Entre ses engagements et ses lectures, on peut la croiser au gym, dans un cours de bodypump, focussant sur la position de ses genoux. On la décrit comme une fille rêveuse, empathique et créative.

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