Au-delà des livres, Littérature québécoise, Réflexions littéraires
Comments 2

Voyage au pays des elfes (ou Passion Islande)

Aller au-devant de l’inconnu, accepter d’être vulnérable, s’ouvrir et s’offrir au changement, à l’émerveillement. 

Techniquement, je pourrais dire au monde entier que j’aime voyager. Que j’angoisse à l’idée de choisir les bons items à amener avec moi dans mon sac, que je n’arrive jamais à choisir le bon livre pour m’accompagner, que je déteste prendre l’avion et que je pleure chaque fois que je mets les pieds au sol.

Mais la réalité est, combien de fois me suis-je vraiment permis de partir? Combien de fois aurais-je fait abstraction de l’insécurité pour me lancer dans le vide? Il y a mille sortes de voyageurs. Ceux qui planifient leur voyage un an à l’avance, ceux qui posent les pieds en sol inconnu avec aucun itinéraire et ceux qui s’enferment dans un hôtel ***** pour avoir la sainte paix. J’ai la conviction qu’aucun voyageur n’a la réponse absolue. Aucune manière n’est meilleure que l’autre, elles se valent toutes et permettent à chacun d’entre nous de se détendre, de s’émerveiller de se sentir complètement éveillé.

Pour ma part, je me suis toujours perçue comme une voyageuse passive-agressive. Un voyage est rarement prévu, il est plutôt le résultat d’un coup de tête agressif. J’ai toujours aimé voyager seule… Ce qui se traduit par : si tu ne fais pas le saut toi-même, personne ne le fera pour toi. Tu es la seule qui peut décider le quand, pourquoi, comment.

Ainsi, spontanément, je suis partie pour l’Islande et je suis tombée en amour.

Vous aussi avez sûrement été victime de l’immense BUZZ Islande. Vos amis Facebook vous ont émus par leurs photos d’agneaux et de champs de lave. Un buzz facilement explicable par l’ouverture de vol direct Montréal/Keflavik qui se traduit par des billets extrêmement cheaps, mais aussi un énorme boost du tourisme. Car oui, l’Islande est plus touristique que jamais. Normal! Qui ne tomberait pas sous le charme de cette île au beau milieu de l’Atlantique, habitée de 300 000 personnes, patrie du féminisme, de l’égalité homme/femme, de l’Eyjafjallajökull et de créatures mystiques (je n’ai pas trouvé Jon Snow durant mon séjour, hélas). L’Islande est en harmonie avec les quatre éléments de la nature. Des volcans à portée de vue qui menacent de se réveiller à n’importe quel moment, un vent si fort qu’il est pratiquement impossible de partir en expédition sans votre petit bonnet, des plages à couper le souffle où le sable noir nous rappelle l’existence des volcans et les traces qu’ils ont laissées, sans compter les nombreux champs de lave qui, aujourd’hui, créent une terre riche et intrigante.
Équipée de bonnes lectures, je suis ainsi partie à la chasse aux elfes. On a beau acheter tous les guides de voyage de ce monde sans connaître pour autant la valeur et la couleur d’un pays. Même s’ils sont indispensables, les guides de voyage m’angoissent souvent, de peur de tomber sur les pires attrapes touristiques ou de passer à côté de petits trésors cachés.13332875_10156970374780475_7495224630641735937_nL’Islande, je l’ai vécue à travers la musique, à travers de merveilleuses photographies, à travers mes propres yeux et ceux de Valérie Henry.
Quelques semaines avant de partir en voyage, on m’a offert PASSION ISLANDE, petit carnet de voyage écrit par l’auteure multifonctionnelle qu’est Valérie Harvey.

Cette jeune mère de famille nous trace son périple d’un mois dans la capitale de Reykjavik et nous raconte comment elle aussi est tombée en amour pour le pays de feu et de glace. Passion Islande est un de mes coups de cœur en tant que guide de voyage. Même équipée du plus récent Lonely Planet, je reste sous le charme de ce petit carnet de voyage. Simple, sans aucune prétention et très convivial, on nous plonge dans l’ambiance scandinave par le biais de vieilles légendes, de groupes de musique clés de la culture islandaise et de paysages sensationnels.
Passion Islande n’est pas un tour conventionnel de l’île. C’est plutôt l’aventure d’une belle petite famille installée dans la capitale et qui se donne comme mandat de repousser les limites du possible en voyageant en équipe du sud au nord, jusqu’à l’ouest du pays. Henry se donne le mandat d’apprivoiser la culture islandaise, d’en apprendre davantage sur le peuple et de démystifier les légendes entourant l’île.

Car les Islandais, même s’ils sont les gardiens d’une des richesses les mieux cachées de la terre, demeurent des êtres assez froids et mystérieux, bien que très aimables. La culture islandaise est particulière. Raffinée, élégante et très fière. Tout traduit la fierté de l’indépendance de ce peuple et son désir de rester autosuffisant. L’eau la plus pure que vous ne pouvez imaginer, des hotspots cachés un peu partout sur l’île, le meilleur café du monde, mais aussi, le coût de vie le plus dispendieux qui soit. L’Islande est surprenante et n’a rien de conventionnel. Mon premier contact avec l’Islande aura été par le biais de Valérie Henry, et elle aura été aussi mon dernier. Commencé quelque temps avant de partir pour m’imprégner de l’état, je me suis laissé les derniers chapitres pour mon retour, question de boucler la boucle et de partager mon deuil avec quelqu’un.
Passion Islande est un hymne à Reykavik, à l’identité et à la beauté de l’Islande. C’est aussi le meilleur livre pour un blues anticipé.

13131530_10156901606805475_6471238438009692820_o

L’Islande laisse une trame sonore constante. J’entends encore le bruit des vagues, le vent qui siffle et honnêtement, j’ai des images à rêver jusqu’à la fin de mes jours. Un mois plus tard, j’en garde encore les séquelles. Car une chose est sûre, personne ne sort indemne de l’Islande. La terrible envie de repartir vous prend chaque fois que vous entendez une chanson de Sigur Ros, où qu’on parle de Walter Mitty. Et c’est ce qui fait tout le charme de ce pays; l’envoûtement constant.

Depuis mon retour, je me promène encore sur le web, essayant d’être à l’affût du prochain billet qui changera ma route. Lorsqu’on revient de voyage, notre première réflexion est de repartir le plus vite possible. Nous sommes pleins de volonté, tellement vulnérables et curieux de changement. Et le temps passe, et on regarde les photos, on rêve, on en parle, mais on oublie de le faire. Il ne faut jamais perdre cet amour du voyage. Ne jamais rien tenir pour acquis. L’opportunité parfaite de partir n’existe pas. C’est maintenant. OK peut-être pas là là. Mais elle est bientôt. Elle est cet avenir rapproché. Faire du rêve une réalité est le plus bel accomplissement de l’être humain.

Il faut juste être parfois passif-agressif. Et foncer.

Mes cinq musts islandais…
— Reykjavik Roasters : meilleur café au monde. Sincèrement. Ne vous laissez pas surprendre, la plupart des cafés n’ouvrent pas avant 9 h. Les Islandais sont des lèves-tard.
— Bergsson Mathus : meilleur brunch à Reykavik. Et probablement un des moins dispendieux.
— Jökulsárlón : lagon de glacier. Pour entendre les oiseaux s’époumoner, voir les phoques vous faire de l’œil ou admirer les glaciers et l’eau d’un bleu envoûtant.
— Independent people, Halldór Laxness : prix Nobel de Littérature, considéré comme le meilleur livre islandais de tous les temps. Un livre traçant le portrait du peuple islandais. Charmant, touchant.
— Péninsule de Snaefellsnes : probablement le meilleur endroit pour observer tous les éléments de la nature en même temps. Jules Verne en a fait sa porte d’entrée pour son Voyage au centre de la Terre. On comprend rapidement pourquoi.

Advertisements

par

Amoureuse de la littérature depuis qu'elle est haute comme trois pommes, Marie-Laurence se décrit comme une grande passionnée des mots et de leurs impacts sur la société. Comédienne à temps plein, cinéphile et musicienne à temps partiel, elle ne sort jamais de chez elle sans être accompagnée d'un livre. Elle est chroniqueuse au sein de l'équipe des Herbes folles, l'émission littéraire de CISM 89,3 FM. Elle partage sa vie entre son ardent désir d'écrire, son amour pour le jeu, ses combats constants pour ne pas repartir en voyage, la politique (parfois elle s'emporte même), George Gershwin et le café, beaucoup de café.

2 Comments

  1. Gabrielle Doré says

    Mon Dieu, mais je ne pouvais pas l’écrire mieux que ça! Je suis moi aussi partie sur un coup de tête en Islande en mai, et c’est un des plus beaux voyages de ma vie. Je vais de ce pas me procurer le livre! On partagera notre nostalgie de ce pays indescriptible 🙂

    J’aime

  2. Ping : Mon top 5 de romans policiers | Le fil rouge

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s