Défis littéraires
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Ce qu’on a pensé de nos lectures Poésie du défi de juin

Déjà la horde de chair se tait, ce premier recueil de la poète Ariane Audet m’a fouettée en plein cœur. Noir et douleur parcourent le récit pour s’exprimer, se dévoiler d’une violence puissante qui ébranle droit au cœur. C’est le genre de recueil qui crie une parole qui doit être entendue et j’ai frissonné devant quelques petits mots qui, ensemble, deviennent des cris plus forts que le silence. Insufflée d’une vérité douloureuse, ces poèmes m’ont conquise.
IMG_3659Ce défi m’a définitivement démontré que la poésie est accessible et franchement saisissante, à parier qu’il en aura beaucoup plus sur ma PAL des prochains mois.

La lecture de Marjorie R

Unknown-2La poésie est un genre auquel je ne touche pas beaucoup. Je ne savais donc pas trop dans quoi me plonger pour ce mois-ci. Je me suis dit que, pour m’initier au genre, je devais trouver quelque chose qui amalgame prose et poésie. Par l’entremise d’une photo Instagram, il y a un petit moment, j’ai découvert Hélène Monette. Pour juin, j’ai donc décidé de lire de ses recueils : Où irez-vous armés de chiffres?

Ce recueil est très ancré dans le réel, engagé, dénonciateur d’une réalité prolétaire, de la réalité de monsieur madame tout le monde, du 9 à 5, de la consommation. C’est une poésie sociale qu’on retrouve dans ces textes, des mots qui frappent, qui ébranlent. N’est-ce pas là tout le pouvoir de la poésie, du peu que je m’y connais? J’ai apprécié ma lecture, même si je vous avouerai que je ne l’ai pas trouvée particulièrement facile à tous instants. Lire de la poésie demande à la fois une concentration et un laisser-aller, j’ai l’impression. N’étant pas trop habituée de lire autre chose que de la prose (il n’y a rien de mal à ça non plus) je me suis accoutumée, au fil des pages, à ce genre.

Sur ce, je vous laisse sur la quatrième de couverture, qui donne une bonne idée de ce que vous retrouverez dans Où irez-vous armés de chiffres?

En ces temps que les médias n’arrivent plus à qualifier, à la vitesse où le train fonce dans le tunnel bouché, quiconque subit du harcèlement au travail et de la violence psychologique et sociale sera ici en terrain connu. On y lit les mœurs réfrigérantes et le néo-cynisme de l’époque occupée à pleine capacité par la lutte des places, le narcissisme ambiant et la mort de l’empathie. Considérés miroirs déformants, coupables éhontés ou menteurs de première, on abandonne les gens brisés si jamais on a pris le temps d’entendre ce qu’ils peinent à raconter. Stress garanti. Cœurs serrés. Rythme d’enfer. 

La lecture de Karina

Unknown-2Je me plais à lire quelques poèmes par-ci par-là, mais il est très rare que je m’y attarde vraiment. En fait, le défi de ce mois-ci était un vrai défi pour moi! Bien souvent je ne comprends pas le sens du poème, où je l’interprète d’une mauvaise manière. Dès les premières pages du recueil, je fus charmée par les mots de ces femmes. Je fus surtout touchée de voir des poèmes écrits par des femmes amérindiennes, québécoises et de diverses origines. Ce qui permet au recueil d’avoir plusieurs couleurs. Certains poèmes sont écrits comme des histoires, d’autres sont remplis de métaphores. Ce que j’ai préféré de ce recueil c’est la diversité des auteures. Je n’ai pas encore eu la chance de lire la version originale de Miron, mais ça ne saurait tarder.

La lecture de Marjorie B

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J’ai beaucoup aimé Le bruit du frigo de Julie Tremblay. Sa façon de mettre en poésie les petits détails du quotidien, les souvenirs, les banalités, donne à la routine un tout autre sens et rend à la vie sa magie, toute simple, mais bien réelle. Et que dire de son talent pour le haïku, art qui ne se maîtrise pas en claquant des doigts, Julie Tremblay a bel et bien un talent inné.

La lecture de Louba-Christina

Le corps inachevé de Joanne Morency, paru aux éditions Tryptique en 2012.
des traces de plomb sur le papier
tout être et tout objet
à ma merci

enfin je possède le monde
dans mon cahier

j’efface les lettres au fur et à mesure
de mon seul poing gauche
*
reçu de ma bonne fée
le don de devenir une autre
sans m’échapper de moi

j’existe en plusieurs exemplaires

et j’empile les vies
à la tête de mon lit
m’habillant d’histoires
comme d’une peau différente chaque jour

tourner les pages d’un livre
fut la victoire première

Sur le mur blanc à droite de mon petit lit blanc, j’ai écrit au plomb quelques passages de ce recueil tout simplement percutant de cette auteure originaire de Sherbrooke et résidente de la Gaspésie depuis fort fort longtemps. Ces passages, je les veux à proximité pour encore un moment. Ils parlent de grandes choses pour moi, tout en exprimant avec justesse ce que leur a fait dire leur auteure.

encore tellement de toi / au fond de tes yeux

il nous arrive ainsi d’atteindre l’impossible / usant le présent à force de beauté

à compter les départs / nous apprenons le temps

j’aurais fait cesser les guerres / dans mon ventre / avoir su hurler

j’apprendrais à m’appuyer sur l’air / sans défoncer le vent

La poésie pour moi c’est encore tout nouveau. Je découvre un nouveau pays et dans ce nouveau pays, il y a toutes sortes de mets à déguster, de musées à visiter, de montagnes à escalader et de personnes marquantes à rencontrer pour me créer toute une panoplie de souvenirs aux saveurs, aux couleurs et aux odeurs vibrantes.

J’ai traversé la rivière d’un seul pas. De ce pas, me reste les rayons du soleil sur la peau, le parfum des conifères dans les cheveux et toutes les ombres et les lumières pour colorer le souvenir. Le corps inachevé se plie et se déplie de ma tête à mes yeux. Se brouille un peu sur mes yeux et sur mon cœur. Je ne sais comment parler autrement tellement je suis touchée. J’ai déjà hâte de replonger dans la poésie de cette auteure que j’ai connue trop longtemps comme un recueil sur une table à la galerie d’art ou par des rencontres fortuites.

Le corps inachevé d’une vie qui se meut entre le tout début et le début de la fin.

Bonne lecture!

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par

Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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