Littérature québécoise
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La rentrée littéraire québécoise en quelques titres

N’étant plus à l’université, la rentrée littéraire devient en quelque sorte notre rentrée officielle. Lorsqu’on commence, en juillet, à recevoir les communiqués de presse, c’est un peu comme la liste de livres qu’on avait bien hâte d’acheter au bac, mais en mieux.

 Cette année, la rentrée s’annonce particulièrement intéressante avec les nouveaux romans de  certains de nos auteurs et auteurEs favoris en plus des nouvelles parutions prometteuses.

voici quelques-uns des titres qui se retrouveront dans une librairie près de chez vous dans les prochains mois.

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Zoothérapie de  Catherine Lepage,  le 22 août 2016. Éditions Somme toute.

« Parce qu’il faut s’apprivoiser pour devenir maître de soi. » Après Fines tranches d’angoisses et 12 mois sans intérêt, Catherine Lepage poursuit son étude imagée de la psyché humaine. Elle s’intéresse cette fois à la pression reliée à la performance, à notre monde qui va toujours plus vite et offre des pistes pour survivre dans cette jungle. Comme dans ses livres précédents, elle y mélange son expérience personnelle et s’amuse en jouant avec les codes des livres de psycho pop.

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 Vox populi de Patrick Nicol, le 23 août 2016. Le Quartanier.

Marc est abandonné de toutes parts. Son travail de commis au cégep est de moins en moins utile, sa blonde l’a quitté et même Audrey, sa fille, semble l’éviter. Pourtant, ce n’est pas un mauvais gars. Un peu trop sûr de lui, peut-être, toujours convaincu d’avoir raison. À la longue, c’est achalant. Le 25 mars 2013, le premier ministre du Canada reçoit de Chine deux pandas, un groupe d’Amérindiens marche sur la capitale fédérale, et à Paris, la veille, une manifestation contre le mariage gai a eu lieu. Marc aimerait que des experts l’aident à donner un sens à tout ça. Mais même eux, on dirait, le laissent tomber. Heureusement, ce soir-là, sa fille revient de voyage. La dernière fois qu’ils se sont vus, ils s’étaient disputés. Mais la petite ne peut pas lui en vouloir éternellement.

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 117 Nord de Virginie Blanchette-Doucet, le  23 août 2016. Éditions Boréal.

«J’ai oublié ce que c’était, d’avoir toute une maison pour soi. J’ai oublié beaucoup de choses. Le temps qui passe, l’heure qu’il est, des paysages entiers que j’absorbe et que j’efface aussitôt. J’ai oublié cette maison. Le geste lourd d’une pelle mécanique vers la cheminée de briques. Les fondations ouvertes et exposées aux intempéries ; on n’a plus rien à faire du béton qui s’effrite, des poutres qui pourrissent. L’Abitibi est trop belle et trop dure.» Cinq cent vingt-neuf kilomètres séparent Val-d’Or de Montréal. Maude ne compte plus les allers-retours au volant de la Tercel turquoise que lui a donnée Francis. L’Abitibi, c’est la bille d’or qu’il faut extraire de la scorie. Montréal, c’est le grain du bois qu’il faut apprivoiser. Dans ce premier roman extraordinairement maîtrisé, Virginie Blanchette-Doucet montre comment les frontières de nos vies se redessinent sans cesse à notre insu.

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Prague de  Maude Veilleux, le 30 août 2016. Hamac.

« Le livre avait beau parler du couple ouvert au début, ce n’était plus tout à fait le sujet. Le sujet, c’était je-ne-sais-plus-trop-quoi. Le sujet, c’était mon angoisse à ne plus aimer quelqu’un qui m’avait sauvé, qui avait tout pour me plaire, qui m’aimait, que j’aimais. Ne plus aimer quelqu’un que j’aimais et aimer un autre, un imparfait, un inconnu. Ne plus aimer l’homme que je voulais aimer pour toujours. J’hésite à l’écrire : ne plus aimer l’homme que j’avais voulu aimer pour toujours. »

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Déterrer les os de Fanie Demeule,  le 30 août. Hamac.

Déterrer les os est une plongée en huis clos entre la narratrice et son corps fautif, ce corps qui déborde et réclame toujours davantage et qu’elle tente de rejeter. Ce corps qui est en fait un scaphandre, une cage qu’il faut détruire en secret.

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Les voies de la disparition de Mélissa Verreault, le 30 août.  La Peuplade.

Des années de plomb italiennes au Québec rural de 1950, en passant par le Montréal actuel, une Thaïlande oppressante et une Floride enneigée, Les voies de la disparition dessine une géographie de la fuite. Entre Manue qui peine à tomber enceinte, Fabio qui tente de ranimer la flamme, l’attentat de Bologne, les éléphants menacés d’extinction, Claudio et son fardeau, deux terroristes en cavale, Jacques Cartier le jardinier et une grand-mère qui perd la mémoire, on découvre plusieurs manières de disparaître. Mais si, pour se sauver, plutôt que de chercher à effacer ses traces, on se confrontait à la réalité ? Voilà un roman où s’enchevêtrent nature et humanité, mort et amour, évolution et décadence, pour dire que, même si la fin demeure toujours radicale, avec de l’imagination on peut réussir à la retarder. »

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L’impureté de Larry Tremblay, le   7 septembre. Éditions Alto.

La romancière à succès Alice Livingston est morte. Elle laisse derrière elle des lecteurs éplorés, un manuscrit inédit, un fils qui cherche à refaire sa vie le plus loin possible de son père, et son mari Antoine, incapable de pleurer sa mort et qui n’a jamais apprécié son œuvre. Pourtant, le roman posthume de sa femme va le bouleverser et le contraindre à faire face à ses souvenirs. Et inévitablement à ses démons enfouis. Car la fiction parfois tisse entre les lignes une toile vengeresse.

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Owen Hopkins, Esquire  de Simon Roy, le   7 septembre. Éditions Boréal.

Un affabulateur, un mythomane, un imposteur, voilà qui est Owen Hopkins aux yeux de son fils Jarvis. Quand arrive à Montréal la nouvelle qu’Owen se meurt sous le ciel gris et bas du Yorkshire, sa terre natale, Jarvis sait ce que cela signifie. Père et fils ont conclu un pacte quand celui-ci était encore enfant, et le temps est venu pour lui de remplir sa promesse.

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À l’abri des hommes et des choses  de  Stéphanie Boulay, le  7 septembre. Québec Amérique- Collection La Shop.

«On me demande: c’est qui ta mère, c’est qui ton père. Moi je n’en sais rien, j’ai Titi et c’est à peu près tout. Mais certains soirs, je sens mon cœur qui se gonfle et qui essaie de me parler pour me dire bonjour, quelque chose de grave est arrivé et ça n’est pas fini. Olé. »

Elle vit à l’écart du village, dans les bois, près de la rivière, dans une petite maison avec Titi, sa sœur, ou sa mère, elle ne le sait pas très bien. Sa vie était simple, avec la classe qu’elle redouble encore et encore et le quai, au milieu de la rivière, là où elle se sent à l’abri. Mais la vie change. Son corps change. Et il n’y a pas grand monde autour pour lui expliquer ce qui se passe. Titi s’éloigne d’elle, épuisée à force de s’occuper d’une jeune fille qui a de la difficulté à socialiser. Et elle, de son côté, laissera lentement entrer des personnes dans sa vie.

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 Okanagan de  Sara Lazzaroni, le  7 septembre 2016. Leméac .

Léa a grand besoin d’air. Pour guérir de la peine d’amour qui l’a laissée blessée et amère, il lui faut bouger à tout prix, fuir Québec, fuir Loïc qui ne l’aime plus. Sur un coup de tête, elle quitte son travail auprès des personnes âgées, vide son compte en banque jusqu’au dernier sou et monte, avec quelques amis, dans un tacot pourri. Direction : l’Ouest canadien, la vallée de l’Okanagan. Là où, depuis des générations, de jeunes hippies vont cueillir des fruits, faire la fête, se soûler de liberté et découvrir le charme ensorcelant du no future. Dans ce climat d’insouciance où tout prend des allures de renouveau, Léa recouvre ses forces, apprend la solidarité et, entre la solitude de l’écriture et le réconfort de la vie grégaire, trouve son point d’ancrage, l’exact lieu de son équilibre.

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Géolocaliser l’amour de  Simon Boulerice, le  20 septembre. Les éditions de ta mère.
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est un roman par poèmes racontant le désarroi d’un jeune homme qui s’en remet à des applications de rencontre pour dénicher l’âme sœur et qui se perd et s’écartèle aux quatre coins de la ville, y laissant chaque fois un peu de sa dignité.

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Autour d’elle de Sophie Bienvenu, le 27 septembre. Le cheval d’août.
En 1996, une adolescente de seize ans accouche d’un garçon dans l’anonymat d’un hôpital de Montréal. Autour d’elle retrace vingt ans des vies de Florence Gaudreault et de son fils biologique à travers le prisme d’une vingtaine de personnages qui ont croisé leurs chemins et qui racontent, chacun à leur tour, leur propre histoire.Jeunes, vieux, familles, couples ou solitaires en rupture de ban : de secrets en rebondissements, Bienvenu sonde les faillites et espoirs de tout un pan d’humanité, et dévoile ce qui affleure de fragile sous la dure écorce des cicatrices du passé.Roman choral fabuleusement incarné, Autour d’elle explore les liens qui nous unissent et l’amour dans toutes ses manifestations, que ce soit celui qu’on perd, celui qui fait vivre, celui qui détruit ou celui qu’on retrouve.

Les superbes  de  Léa clermont dion et Marie-Hélène Poitras, le 28 septembre. VLB éditeurs.

LE SUCCÈS AU FÉMININ : UNE COURONNE D’ÉPINES? Les femmes peuvent-elles réussir sans en payer le prix, d’une manière ou d’une autre? Interpellées par cette question, Léa Clermont-Dion et Marie Hélène Poitras ont mené une enquête auprès de femmes aux carrières brillantes, qui leur ont confié leur histoire : Pauline Marois, Cœur de Pirate, Louise Arbour, Me Sonia LeBel, Marie-Mai, et bien d’autres. Chacune à leur manière, elles racontent comment, même dans le succès, le fait d’être des femmes a profondément influencé les attentes et les perceptions. Un livre superbe, autant par sa forme que par son contenu, qui nous pousse à nous interroger sur le fardeau particulier de la réussite féminine, et sur ce qui devrait être fait pour l’alléger.

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Même pas vrai  de Larry Tremblay et Guillaume Perreault, le  28 septembre. Les éditions de la bagnole .

«Si vous demandez à ma mère ce qu’elle pense de moi, elle vous répondra que j’exagère tout le temps. Si vous demandez à mon père, il dira la même chose. Et si ma petite sœur parlait, je suis presque sûr que ce serait pareil. Tout ça parce que je parle dans un micro imaginaire. Ça m’amuse, moi, de transformer ma vie en reportage. Pourquoi c’est un problème ? » Un magnifique roman graphique signé Larry Tremblay.

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Des papillons pis du grand cinéma
de  Alexandra Larochelle, le 5 octobre. Libre Expression.

Dans cette suite surprise à Des papillons pis de la gravité, nous retrouvons Frédégonde là où le premier roman s’achevait. Devant faire un choix entre Lyon (team Christophe) et Varsovie (team Kendrix), elle décide finalement d’aller à Londres pour se donner le temps de réfléchir, sans se douter qu’elle y vivra d’incroyables aventures. Qui choisirat-elle ? Christophe, l’ex-amoureux et ex-meilleur ami qui lui a brisé le cœur, ou Kendrix, le séduisant nomade qui semble fuir les ports d’attache? Tout ce qu’on peut prédire sur les histoires à l’eau de cactus de Frédégonde, c’est qu’il n’y en aura pas de facile…

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Le prix de la chose  de  Joseph Elfassi, le 12 octobre. Stanké .

Louis Roy n’aime rien de plus que le sexe: il se voit comme une éponge sexuelle, un miroir érotique qui ne cherche qu’à refléter le désir profond de sa partenaire! Il est donc bouleversé quand il apprend que toutes les femmes exigent désormais une rémunération contre chaque relation sexuelle. Les hommes sont très troublés par cette initiative de F., un organisme mystérieux voué à l’amélioration de la qualité de vie des femmes. Mais les dégâts ne s’arrêtent pas là: apparaît bientôt une nouvelle substance, «le liquide», qui tue les hommes qui violent… Pour son premier roman, Joseph Elfassi a imaginé une fable jouissive qui interroge habilement les liens miteux entre sexe et argent.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le fil rouge est un blogue littéraire créé par deux amies, Marjorie et Martine, toutes deux passionnées par la littérature et par les vertus thérapeutiques de celle-ci. Notre approche face aux bouquins est liée à la bibliothérapie, car nous pensons sincèrement que la lecture procure un bien-être et que les oeuvres littéraires peuvent nous aider à cheminer personnellement. Nous tenons aussi à partager notre amour pour les bouquins, l’écriture, la création et sur les impacts positifs de ceux-ci sur notre vie et notre bien-être. Notre mission première est de favoriser la découverte de livres et de partager l’amour de la lecture, car ceux-ci peuvent avoir des impacts sur nos vies et sur notre évolution personnelle. Que ce soit le dernier roman québécois qui fait parler de lui, le vieux classique, le livre de cuisine ou bien même le livre à saveur plus psycho-pop, chez Le fil rouge, on croit fermement aux effets thérapeutiques que peuvent apporter la lecture et la littérature. Voilà pourquoi les collaboratrices et les cofondatrices se feront un plaisir de vous faire découvrir des bouquins qui leur ont fait du bien, tout simplement.

3 Comments

  1. Ekri Mwa says

    « N’étant plus à l’université, la rentrée littéraire devient en quelque sorte notre rentrée officielle. »
    Ah ? J’ignorais que la rentrée littéraire était déjà allée à l’université.
    À moins que ce soit vous qui ignoriez, euh… la syntaxe française ?

    J’aime

    • Je vous l’accorde… par contre, c’est bien dommage que vous passiez outre les bons ouvrages qu’on propose dans l’article en ne laissant qu’un commentaire un peu mesquin sur la forme.. ah et Ekri Mwa..c’est un exercice de style ?

      J’aime

  2. Ping : J’avais toujours rêvé de Prague | Le fil rouge

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