Littérature québécoise
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Le facteur de l’espace : petit bonheur estival

En juin dernier, je m’apprêtais à passer tout l’été à la campagne, dans la maison de mon enfance, entourée de champs, de forêts et d’animaux. Avant de m’y rendre, j’avais décidé de me procurer des ouvrages littéraires diversifiés. Je remplissais presque compulsivement mes bras de bouquins, chaque fois que je me retrouvais à arpenter les allées des librairies qui croisaient ma route. Puis je suis tombée face à face avec la bande dessinée Le facteur de l’espace, de Guillaume Perrault. Alors que je faisais habituellement un tri après avoir happé le plus de livres possible, j’ai choisi cette bande dessinée en y réfléchissant à peine. Les couleurs vives, les dessins ludiques et le titre accrocheur ne me laissaient aucun doute.

Bob est un facteur de l’espace qui mène une vie bien rangée et équilibrée. Chaque jour, sa routine est semblable à celle de la veille. Et c’est ce qui lui plait. Aucun rebondissement à l’horizon, ce facteur spatial (pas spécial, comme le souligne l’auteur!) mène sa vie avec simplicité. De son réveil à sa douche, puis à son arrivée au poste qui lui délivre les colis à livrer pour la journée, rien ne change jamais. Voilà que ce matin-là, pourtant, c’est un itinéraire nouveau qui lui est donné. Terminée la ronde habituelle, le voilà aux prises avec un trajet qui ne correspond en rien à ce qu’il connait. Bien entendu, l’idée déplait grandement à Bob qui est un fervent amateur de routine. Et lorsqu’il se rend compte de l’accueil qu’on lui témoigne sur chacune des planètes, l’idée lui déplaît encore plus.

Déjà, dès les premières pages, on nous plonge dans un univers farfelu et irréel avec une facilité déconcertante. Un vaisseau spatial qui livre des colis de planète en planète? Pourquoi pas! Des personnages déjantés, des planètes plus originales les unes que les autres? Je vote oui. Pas question ici de se contenter de parcourir les rues d’une même ville pour livrer des colis. Bob, ici, nous emmène aux confins de l’univers, là où il est aussi facile de changer de planète que de changer de rue. Chaque planète que visite Bob est unique à sa façon. Ses habitants font la particularité de chacune d’entre elles. On se demande à chaque livraison où Bob atterrira, à son grand malheur, et à notre bon plaisir.

Tout au long de sa ronde, on s’amuse à imaginer avec Bob ce qui peut bien se cacher dans les paquets qu’il doit livrer à ses nouveaux clients. Paquets qui prennent rapidement tout leur sens pour les habitants des planètes respectives.

On croise de tout, entre ces pages, même un petit garçon qui refuse de signer la confirmation de réception du facteur tant et aussi longtemps que celui-ci ne lui aura pas dessiné de mouton…

Le sourire ne m’a pas quittée alors que je parcourais ces pages magnifiques et colorées. Le facteur de l’espace est une histoire toute simple et qui se lit d’un trait. On y rencontre des personnages aussi intéressants et diversifiés les uns que les autres et qui nous emmènent à sourire doucement.

On aime particulièrement les images à couper le souffle, les traits détaillés, les couleurs vives que l’on retrouve à chaque page de cette bande dessinée publiée chez La Pastèque. Les personnages venus d’ailleurs sont habilement dessinés et inventés. On imagine facilement le plaisir qu’a pu avoir l’auteur à créer des univers colorés, uniques et aussi éclatants.

D’une simplicité désarmante, mais également d’une intelligence, cette bande dessinée nous offre des clins d’œil qui sont parfois si évidents qu’on se demande comment on a fait pour ne pas y penser, et on sourit devant cette simplicité, devant cette absence de prétention, devant cette œuvre qui fait, surtout, passer un bon moment.

La bande dessinée idéale pour une fin d’été.

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Andréanne a toujours été décrite par sa mère comme étant quelqu’un d’intense. Elle, se considère plutôt comme une passionnée. Passionnée des livres, les premiers amours de sa vie. Les trompeurs de solitude, les créateurs de grandes espérances, les générateurs de grandes tristesses, aussi. Passionnée des voyages, des horizons infinis, des rencontres dans toutes les langues. Des chocs, des déséquilibres qui surviennent au cœur des autres continents, comme au sein de sa propre ville. Passionnée de l’enseignement, de la culture qu’elle arrive à transmettre aux esprits qui s’ouvrent, des rires qu’elle crée, des grandes illuminations qui éclairent les regards de ses petits élèves. Passionnée de la vie et de sa beauté, de son incroyable grandeur et de son incomparable cruauté. Passionnée.

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