Auteur : Andréanne Lauzon

Marie-Aude Murail École des loisirs Littérature jeunesse Oh, boy! Sauveurs & fils Miss Charity

Lire et aimer Marie-Aude Murail

Hochelaga, mon quartier. Une surprise qui pointe le nez alors que je ne l’avais jamais même espérée. Un matin, une librairie jeunesse voit le jour à quelques pas de chez moi. Et moi, vous savez, la littérature jeunesse, j’en mange. Mais surtout, j’y crois. Parce qu’il faut leur proposer des ouvrages de qualité, aux jeunes, des livres qui les transporteront ailleurs, qui leur donneront envie de lire toujours plus, de découvrir le monde, les mots, le bonheur d’une phrase bien tournée, d’une histoire menée avec talent. Et il me semble que de s’y plonger, aussi, ne fait aucun tort. Pour voir ce qui peut animer et émouvoir les cœurs des petits. Ou nous toucher, nous aussi. La librairie Bric à brac vit donc au coeur d’Hochelaga, avec ses portes grandes ouvertes, ses vitrines vives et attrayantes, ses livres qui débordent des étagères, mais surtout, avec ses amoureux des livres. Rarement on ne m’aura partagé des découvertes littéraires avec autant d’enthousiasme. La plus récente à ce jour: l’autrice Marie-Aude Murail. C’est en me disant que tout …

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Ceux qui ne renoncent pas

Il ne pensait pas que c’était possible, en venir à cette alternative. Il s’agissait d’une erreur de jugement, sans aucun doute, d’un égarement passager. Il ne pouvait pas être mis dans cette position. Il ne pouvait pas avoir accepté de laisser tomber l’être qui lui importait le plus au monde, le compagnon de son enfance, l’ami, celui qui le réconfortait dans les temps difficiles. Il ne pouvait certainement pas non plus être en train de le chasser à l’aide d’une ruse. D’une activité qui allait prendre des airs de jeu. Il n’allait pas lancer ce petit soldat, le même qu’il lui avait déjà lancé cent fois. Il n’allait pas lancer ce jouet, attendre qu’il coure vers lui, heureux, certain d’avoir affaire à un jeu de routine. Il n’allait pas lancer le petit soldat de plastique, regarder son renard partir à sa poursuite et s’enfuir en courant. Il n’allait pas l’abandonner dans une étendue sans fin et le supplier de le pardonner. Et pourtant, si. Peter a douze ans, et c’est la guerre. Son père, qui …

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Les étés de camp

Étrange comme les étés de camp nous semblent uniques et plus grands que tout ce qu’on aura vécu, plus tôt. Ancienne animatrice, je suis revenue de camp à de nombreuses reprises, en ayant l’impression d’avoir vécu dans l’ailleurs. À l’extérieur des lieux et des choses, dans un endroit inconnu qui ne semblait exister que pour ces adeptes de noms colorés et de chants de ralliement clamés en chœur. En ayant l’impression également d’avoir réussi à construire un monde, nouveau, à l’abri des événements du quotidien, un monde sans limites, aux frontières de la folie, où l’on s’épuise à divertir les enfants et où nos collègues deviennent notre véritable raison d’être. C’est d’ailleurs ce que racontent les personnages mis en scène dans La bande des quatre. En me procurant les romans de la série La bande des quatre, co-écrits par Martine Latulippe, Alain M. Bergeron, Johanne Mercier et François Gravel pour ma classe, j’ai immédiatement été charmée par le sujet que l’on y proposait; celui de découvrir l’univers de quatre jeunes aspirants-moniteurs qui se quittent à …

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La quête de l’ailleurs, format papier

Je le regardais se préparer à partir pour l’autre bout du monde avec confiance et espoir. Avec l’envie de faire le jamais-fait, d’écrire une histoire qui n’aurait jamais été écrite. Je le regardais et je savais qu’il tenterait n’importe quoi ou presque pour ne pas faire comme les autres, pour toucher à du neuf, à du jamais frôlé par l’humain. Qu’il se mettrait en danger peut-être. Je le savais parce qu’il l’avait si souvent fait, déjà. Quand il me racontait ses histoires, alors qu’il revenait d’un récent voyage, je secouais toujours la tête en souriant, mi-terrifiée, mi-impressionnée. Il se mettait toujours dans les pires situations possibles. Il s’était cassé une jambe, une fois, et il était revenu avec une fierté qu’il n’avait pas réussi à dissimuler. Une autre fois, il avait dû jouer sa survie sur un saut par dessus le vide dans une montagne esseulée. Et encore, un soir, il s’était réveillé sous un pont d’Italie sans savoir comment il y était arrivé. Il racontait ses histoires, et on avait envie de se mettre …

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S’il ne fallait en lire qu’un

À l’époque, on disait d’une terre boisée, acquise par les colons français arrivés en Nouvelle-France, qu’elle était de bois debout. Que la forêt était son constituant premier, et que le travail qu’on devrait faire pour défricher la terre et construire sa maison serait gigantesque. Le père d’Alexandre, protagoniste principal du dernier ouvrage de Jean-François Caron, De bois debout, publié aux éditions de La Peuplade, est de ces hommes qui n’ont pas peur de suer sang et eau pour mener à terme un projet. Il ne craint pas les heures passées à s’arracher la peau des doigts, à se briser le dos pour accomplir la besogne quotidienne. Le père d’Alexandre est un homme de peu de mots, un amateur de silence, un homme qui, toutefois, s’il ne parle pas souvent, ne le fait jamais sans y avoir réfléchi longuement. Un homme qui n’aime pas les livres qui éloignent, dit-il, de la vraie vie. Et c’est sur la mort de cet homme que s’ouvre De bois debout. Tué à bout portant par un policier, devant son seul enfant. …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

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Le charme évident des écrits d’Amélie Panneton

Les blocs appartements sont pleins de vide. De mystère. On entend souvent le voisin d’au-dessus marcher sur nos têtes, mais on ne l’a jamais vu. On croit savoir que les gens qui vivent à côté se chamaillent beaucoup parce que leur voix transpercent souvent les murs, mais peut-être que ce sont des acteurs qui pratiquent une pièce, au fond. On connait souvent bien peu les gens qui nous entourent lorsque l’on vit en appartement. Ces gens qui partagent nos pas mais desquels on n’aperçoit souvent que l’ombre. Avec Le charme discret du café filtre, Amélie Panneton tente une percée réussie dans cet univers qu’est celui de locataire. Étage par étage, elle nous convie à la découverte des résidents d’un immeuble rue St-Joseph, dans le quartier St-Roch de Québec. Et si on tentait de découvrir qui sont les gens qui nous entourent? En faisant défiler les résidents de l’immeuble, on découvre des récits à la fois banaux et uniques, des récits de gens comme tous les autres. Des gens qui pourraient être nos voisins, voire nous-mêmes. On …

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Au-delà de la forêt: un rêve que l’on construit, une pierre à la fois

C’est arrivé comme ça, j’ai lu le titre en parcourant une sélection d’albums jeunesse et je l’ai trouvé intrigant. Sur le site de la bibliothèque, on m’a indiqué que l’ouvrage n’était pas encore disponible. J’ai cliqué sur Réserver et j’ai attendu. Quand il m’est finalement parvenu, j’ai observé la page couverture quelques secondes. Elle avait ce charme ancien que l’on retrouve de plus en plus chez les albums jeunesse. Comme si l’album avait déjà traversé les années avant de nous arriver finalement, comme si l’histoire avait déjà bien vécu entre d’autres mains pour venir terminer sa course entre les nôtres. En le parcourant une première fois, j’ai trouvé l’album intéressant, mais sans plus. Ce n’est que lorsque je l’ai raconté à mes élèves, lorsqu’il a réellement pris vie entre mes paroles, les regards des enfants, les exclamations et l’intérêt qui se décuple au fil des pages qui se tournent, que j’ai compris que j’avais entre les mains une petite perle jeunesse. Un album qui permet de rêver et de voyager en quelques minutes. Au-delà de …

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Les filles sont-elles folles?

Quand j’avais douze ans, j’ai arrêté de manger. Au secondaire, Léa prenait des antidépresseurs. Avant ça, mon amie Jessica voulait mourir. Quand les gens dans notre entourage n’allaient pas bien, on ne disait rien. On savait, mais on ne disait rien. On n’en parlait pas parce que c’était comme ça. Pas de mots, pas de maux, nous disions-nous, peut-être? Ou l’on se contentait de pointer du doigt, en murmurant en silence, pour éviter d’avoir à comprendre. J’ai longtemps pensé que parler feelings était un signe de faiblesse, le propre des personnes pas solides, pas endurcies. À force de côtoyer les gens, et la vie, je me suis rendue compte que c’est moi qui m’empêchais de régler des choses en refusant d’en parler. Qu’au fond, je faisais partie du problème si je préférais me complaire dans le jugement plutôt que d’essayer de comprendre. Me comprendre, moi, ou comprendre les autres. Les filles sont-elles folles? On connait bien Carolane et Josiane Stratis pour leur blogue Ton petit look. Après avoir écrit un premier livre avec leurs collaboratrices, elles ont …

Découvrir Élise Gravel, un rire à la fois

Je me suis replongée dans les ouvrages d’Élise Gravel ce matin. J’ai commencé par les aventures du professeur Zouf, que l’auteure jeunesse a créé en collaboration avec l’illustratrice Iris. Je me suis rapidement étouffée de rire en parcourant les pages courtes et dynamiques de ces petits livres-conseils qui expliquent tout ce qu’il y a à savoir sur une multitude de sujets. Que ce soit pour savoir comment devenir un expert de la politesse, comment garder la forme ou comment trouver l’amour, le professeur Zouf est là! Rapidement, ma famille entière est venue observer ce qui me faisait rire autant. Nous étions là, quatre adultes, quatre grands enfants à nous tordre de rire devant les façons de faire peu orthodoxes du professeur Zouf. Puis, je me suis lancée dans l’album du Docteur Proutnik, un praticien aux connaissances infinies. Il le faut bien lorsque l’on doit guérir les gens de toute la galaxie! Encore une fois, les éclats de rire se sont enchainés au rythme des pages qui se tournaient, au fur et à mesure que les …