Auteur : Andréanne Lauzon

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Les étés de camp

Étrange comme les étés de camp nous semblent uniques et plus grands que tout ce qu’on aura vécu, plus tôt. Ancienne animatrice, je suis revenue de camp à de nombreuses reprises, en ayant l’impression d’avoir vécu dans l’ailleurs. À l’extérieur des lieux et des choses, dans un endroit inconnu qui ne semblait exister que pour ces adeptes de noms colorés et de chants de ralliement clamés en chœur. En ayant l’impression également d’avoir réussi à construire un monde, nouveau, à l’abri des événements du quotidien, un monde sans limites, aux frontières de la folie, où l’on s’épuise à divertir les enfants et où nos collègues deviennent notre véritable raison d’être. C’est d’ailleurs ce que racontent les personnages mis en scène dans La bande des quatre. En me procurant les romans de la série La bande des quatre, co-écrits par Martine Latulippe, Alain M. Bergeron, Johanne Mercier et François Gravel pour ma classe, j’ai immédiatement été charmée par le sujet que l’on y proposait; celui de découvrir l’univers de quatre jeunes aspirants-moniteurs qui se quittent à …

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La quête de l’ailleurs, format papier

Je le regardais se préparer à partir pour l’autre bout du monde avec confiance et espoir. Avec l’envie de faire le jamais-fait, d’écrire une histoire qui n’aurait jamais été écrite. Je le regardais et je savais qu’il tenterait n’importe quoi ou presque pour ne pas faire comme les autres, pour toucher à du neuf, à du jamais frôlé par l’humain. Qu’il se mettrait en danger peut-être. Je le savais parce qu’il l’avait si souvent fait, déjà. Quand il me racontait ses histoires, alors qu’il revenait d’un récent voyage, je secouais toujours la tête en souriant, mi-terrifiée, mi-impressionnée. Il se mettait toujours dans les pires situations possibles. Il s’était cassé une jambe, une fois, et il était revenu avec une fierté qu’il n’avait pas réussi à dissimuler. Une autre fois, il avait dû jouer sa survie sur un saut par dessus le vide dans une montagne esseulée. Et encore, un soir, il s’était réveillé sous un pont d’Italie sans savoir comment il y était arrivé. Il racontait ses histoires, et on avait envie de se mettre …

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S’il ne fallait en lire qu’un

À l’époque, on disait d’une terre boisée, acquise par les colons français arrivés en Nouvelle-France, qu’elle était de bois debout. Que la forêt était son constituant premier, et que le travail qu’on devrait faire pour défricher la terre et construire sa maison serait gigantesque. Le père d’Alexandre, protagoniste principal du dernier ouvrage de Jean-François Caron, De bois debout, publié aux éditions de La Peuplade, est de ces hommes qui n’ont pas peur de suer sang et eau pour mener à terme un projet. Il ne craint pas les heures passées à s’arracher la peau des doigts, à se briser le dos pour accomplir la besogne quotidienne. Le père d’Alexandre est un homme de peu de mots, un amateur de silence, un homme qui, toutefois, s’il ne parle pas souvent, ne le fait jamais sans y avoir réfléchi longuement. Un homme qui n’aime pas les livres qui éloignent, dit-il, de la vraie vie. Et c’est sur la mort de cet homme que s’ouvre De bois debout. Tué à bout portant par un policier, devant son seul enfant. …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

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Le charme évident des écrits d’Amélie Panneton

Les blocs appartements sont pleins de vide. De mystère. On entend souvent le voisin d’au-dessus marcher sur nos têtes, mais on ne l’a jamais vu. On croit savoir que les gens qui vivent à côté se chamaillent beaucoup parce que leur voix transpercent souvent les murs, mais peut-être que ce sont des acteurs qui pratiquent une pièce, au fond. On connait souvent bien peu les gens qui nous entourent lorsque l’on vit en appartement. Ces gens qui partagent nos pas mais desquels on n’aperçoit souvent que l’ombre. Avec Le charme discret du café filtre, Amélie Panneton tente une percée réussie dans cet univers qu’est celui de locataire. Étage par étage, elle nous convie à la découverte des résidents d’un immeuble rue St-Joseph, dans le quartier St-Roch de Québec. Et si on tentait de découvrir qui sont les gens qui nous entourent? En faisant défiler les résidents de l’immeuble, on découvre des récits à la fois banaux et uniques, des récits de gens comme tous les autres. Des gens qui pourraient être nos voisins, voire nous-mêmes. On …

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Au-delà de la forêt: un rêve que l’on construit, une pierre à la fois

C’est arrivé comme ça, j’ai lu le titre en parcourant une sélection d’albums jeunesse et je l’ai trouvé intrigant. Sur le site de la bibliothèque, on m’a indiqué que l’ouvrage n’était pas encore disponible. J’ai cliqué sur Réserver et j’ai attendu. Quand il m’est finalement parvenu, j’ai observé la page couverture quelques secondes. Elle avait ce charme ancien que l’on retrouve de plus en plus chez les albums jeunesse. Comme si l’album avait déjà traversé les années avant de nous arriver finalement, comme si l’histoire avait déjà bien vécu entre d’autres mains pour venir terminer sa course entre les nôtres. En le parcourant une première fois, j’ai trouvé l’album intéressant, mais sans plus. Ce n’est que lorsque je l’ai raconté à mes élèves, lorsqu’il a réellement pris vie entre mes paroles, les regards des enfants, les exclamations et l’intérêt qui se décuple au fil des pages qui se tournent, que j’ai compris que j’avais entre les mains une petite perle jeunesse. Un album qui permet de rêver et de voyager en quelques minutes. Au-delà de …

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Les filles sont-elles folles?

Quand j’avais douze ans, j’ai arrêté de manger. Au secondaire, Léa prenait des antidépresseurs. Avant ça, mon amie Jessica voulait mourir. Quand les gens dans notre entourage n’allaient pas bien, on ne disait rien. On savait, mais on ne disait rien. On n’en parlait pas parce que c’était comme ça. Pas de mots, pas de maux, nous disions-nous, peut-être? Ou l’on se contentait de pointer du doigt, en murmurant en silence, pour éviter d’avoir à comprendre. J’ai longtemps pensé que parler feelings était un signe de faiblesse, le propre des personnes pas solides, pas endurcies. À force de côtoyer les gens, et la vie, je me suis rendue compte que c’est moi qui m’empêchais de régler des choses en refusant d’en parler. Qu’au fond, je faisais partie du problème si je préférais me complaire dans le jugement plutôt que d’essayer de comprendre. Me comprendre, moi, ou comprendre les autres. Les filles sont-elles folles? On connait bien Carolane et Josiane Stratis pour leur blogue Ton petit look. Après avoir écrit un premier livre avec leurs collaboratrices, elles ont …

Découvrir Élise Gravel, un rire à la fois

Je me suis replongée dans les ouvrages d’Élise Gravel ce matin. J’ai commencé par les aventures du professeur Zouf, que l’auteure jeunesse a créé en collaboration avec l’illustratrice Iris. Je me suis rapidement étouffée de rire en parcourant les pages courtes et dynamiques de ces petits livres-conseils qui expliquent tout ce qu’il y a à savoir sur une multitude de sujets. Que ce soit pour savoir comment devenir un expert de la politesse, comment garder la forme ou comment trouver l’amour, le professeur Zouf est là! Rapidement, ma famille entière est venue observer ce qui me faisait rire autant. Nous étions là, quatre adultes, quatre grands enfants à nous tordre de rire devant les façons de faire peu orthodoxes du professeur Zouf. Puis, je me suis lancée dans l’album du Docteur Proutnik, un praticien aux connaissances infinies. Il le faut bien lorsque l’on doit guérir les gens de toute la galaxie! Encore une fois, les éclats de rire se sont enchainés au rythme des pages qui se tournaient, au fur et à mesure que les …

La fille laide

Des fois, les gens disent des choses qui me font les aimer dans le négatif. Pas grand-chose, un petit rien, un simple soubresaut qui entortille un peu l’artère du coeur. C’est arrivé l’autre soir, alors que j’étais avec des amis et qu’on discutait de jeunes qui sont devenus la risée des Internets à cause d’un vidéo, d’un moment d’égarement ou d’un désir de l’autre de ridiculiser. On a parlé d’un jeune en particulier et A. a conclu la conversation en disant que, de toute façon, ce garçon n’avait enduré les moqueries que durant une année. Alors ce n’était pas si grave. J’ai eu un peu de peine, de ça. De l’entendre dire que les gens qui se font insulter chaque jour ne pâtissent que lorsque ça arrive. Comme si les souvenirs de douleur n’existaient pas pour ces gens-là, comme s’ils oubliaient les injures, comme si. Comme si moi j’étais en retard sur l’horaire, parce que j’avais pas passé à autre chose aussi facilement. Que j’aurais dû, peut-être, tourner la page après un an, après la …

Le garçon sans visage; une perle jeunesse à découvrir

J’ai découvert Le garçon sans visage de l’auteure française Kochka alors que j’entamais mon dernier stage en enseignement. Mon enseignante associée se faisait un devoir de faire découvrir à ses élèves des ouvrages qui s’éloignaient de leurs lectures habituelles, d’ouvrir leur horizon sur quelque chose de différent, de jamais lu, de jamais vu. Puisque j’étais alors en charge de la classe, c’était à moi de faire connaître les ouvrages aux enfants dans le cadre d’un cercle de lecture. Avant de le présenter aux élèves, je m’étais empressée de lire cette plaquette à la couverture colorée et invitante. Puisqu’elle m’avait parlé du Garçon sans visage avec les yeux lumineux et le sourire aux lèvres, je me doutais que mon mentor devait avoir mis la main sur une perle rare en littérature jeunesse. Et je ne m’étais pas trompée. C’est dans un parfum de rose que s’ouvre ce court roman jeunesse écrit par Kochka. Ce livre aux mots aussi doux qu’un bouquet de fleurs, aussi bons pour l’âme que peut l’être un amour de jeunesse, place son …