Littérature québécoise
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La garçonnière : amour, ambiguïté et (ben) des shots de vodka glacée

Lors du lancement des coffrets littéraires du Fil rouge, il y avait une petite bibliothèque éphémère où les gens pouvaient y déposer un livre, pour ensuite en prendre un. Ce fantastique petit espace d’échange m’a permis de mettre la main sur le livre La garçonnière, de Mylène Bouchard. Je ne connaissais pas du tout l’auteure, mais la couverture m’avait tapée dans l’œil. Je l’ai pris. Et voici ce que j’en pense.

Ce dense récit est celui de Mara et de Hubert; celui de la longue route entre Péribonka et Noranda; celui des correspondances sans réponses et d’un amour voué à l’échec, et ce, dès le début. Il faut être tenace pour continuer le livre après en avoir lu quelques pages : c’est long avant d’embarquer dans l’histoire, avant de s’y attacher. Les descriptions des lieux sont longues et redondantes, beaucoup de name-dropping d’endroits et de traditions qui me sont complètement étrangers, etc. Par contre, cette incertitude de tenir un bon livre entre les mains s’envole dès qu’entrent en scène les personnages de Mara et Hubert. Ils s’aiment, d’un amour romanesque et sincère. Ils caressent ensemble une solide amitié – quelque chose de rare. Rien de cheesy dans cette relation (malgré ma description qui semble dire le contraire), mais une grande complexité sentimentale.

La garçonnière, c’est ce minuscule endroit où on se sauve afin de mieux se connaître. C’est un endroit – ou ici, une relation – où tout doit rester simple afin de bien fonctionner. Pas besoin de beaucoup de choses : un lit, un évier, une chaise et une table à café. Et des fenêtres, beaucoup de fenêtres. Il ne faut pas s’y sentir cloîtré, étouffé. L’amitié de Hubert et Mara était ce lieu rempli d’immenses fenêtres. Or, l’amour, accompagné par l’ambiguïté de ses sentiments, a été l’élément de trop dans ce carré parfait. Ils devaient sortir afin de ne pas se perdre. Des rideaux opaques bloquaient la vue, la liberté.

J’ai apprécié ma lecture puisqu’elle m’a permis de renouer avec beaucoup de sentiments que je n’avais pas ressentis depuis longtemps. Je me suis emportée dans la nostalgie d’émotions qui ne m’appartenaient pas, mais qui, certainement, rejoignaient celles que j’avais jadis vécues. À lire lors de vos dernières vacances, ou dans le métro pour oublier le vacarme toujours trop présent (partout).

La garçonnière, Mylène Bouchard

Édition de la Peuplade – 2009.

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par

C’est maintenant vingt-deux hivers que Marie-Hélène a vu passer et c’est toujours avec son cœur d’automne qu’elle les affronte. Elle en est à sa deuxième année au baccalauréat en Études littéraires à l’UQÀM. Elle aurait très bien pu faire son BACC en cinéma, puisqu’elle adore tout ce qui entoure ce milieu, mais elle a préféré se concentrer sur son doux amour de toujours : la littérature. Très heureuse dans son 4 ½ Hochelaguien, entourée de son amoureux Anthony et de son chat Cyrano (ou Bébé, pour les intimes), elle s’occupe en cuisinant tout en buvant du vin, ou bien en lisant un peu n’importe quoi. Les mots de Plath et de Ducharme restent ceux qui ont le plus bercé son imaginaire et c’est dans la poésie et les romans graphiques qu’elle savoure le plus son expérience littéraire. Féministe, elle apprécie énormément la maison d’édition Remue-Ménage pour ses œuvres puissantes et conscientisées.

2 Comments

  1. Marion Gingras-Gagné says

    C’est moi qui ai laissé le livre dans la bibliothèque… contente de voir que tu l’as aimé! 🙂

    J’aime

  2. Ping : L’amour, cette imparfaite amitié | Le fil rouge

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