Bibliothérapie
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Quiet, the power of introverts in a world that can’t stop talking: l’introversion dans l’oeil de Susan Cain

Comment percevez-vous l’introversion?

Pour ma part, elle fut cette amie bienveillante m’ayant tendu la main lors de ces soirées plus tristes où, en pyjama, emmitouflée sous la couette, les pages de mon roman se tournaient pratiquement au même rythme que les conversations et les rires cantonnés à tue-tête par mes amies qui, vêtues de leur plus beaux apparats, participaient non loin de chez moi à ces soirées (dont les invitations et les propositions furent presque à coup sûr déclinées poliment par ma personne, n’appréciant guère ces conversations anodines (et bien souvent forcées, il faut dire) entretenues gaiement auprès d’inconnus dont les visages et les noms disparaissent rapidement à la lueur de l’aube).

Lorsque l’introversion ne s’amuse pas à façonner mes dimanches pluvieux, passés en solitaire, loin des soubresauts et des brouhahas de la vie quotidienne, celle-ci devient alors cette amie impitoyable qui, assise auprès de mes pairs, ricane malicieusement devant ma voix chevrotante et la pâleur de mon visage, lors d’exposés oraux, séminaires, ou tous autres événements nécessitant une prise de parole devant une cinquantaine (et même plus dans certains cas!) de paires de yeux (pour ma part, les discours prononcés dans des mariages sont pour moi de véritables cauchemars!).

En somme, si l’introversion est à bien des égards une partie intégrante de moi-même, qu’en général il m’est plutôt facile d’accepter, il y a de ces moments où l’envie me prend de la laisser sur le perron d’une maison voisine, balayant du revers de la main ces instants de culpabilité ressentis face aux excuses préfabriquées, nombreux malaises (ah, ces fameux moments où une amie m’annonce à la toute dernière minute qu’elle se présentera à notre rendez-vous accompagnée d’un ami que je ne connais pas du tout) et sourires forcés.

L’Introversion, cette mal-aimée 

Ainsi, il est inutile de vous dire que la parution de l’ouvrage Quiet, de l’américaine Susan Cain, a bien évidemment suscité mon intérêt. Véritable ouvrage de référence en la matière, Quiet offre l’examen minutieux de l’introversion. Désirant redonner les lettres de noblesse de cette dernière (largement sous-estimée dans une société où l’extroversion est extrêmement valorisée, que ce soit au sein du milieu professionnel, académique ou personnel: les passages traitant de la Harvard Business School et du fonctionnement académique de certaines écoles américaines, où l’extroversion est littéralement un pré-requis dans la réussite universitaire, en sont des exemples flagrants), Cain dénote les nombreux atouts et qualités que possèdent les gens introvertis, et ce par l’entremise d’exemples tirés de l’Histoire (l’auteure établit entre autres de courtes chroniques sur quelques figures marquantes (et introverties!) tels que Rosa Parks et Chopin) , d’anecdotes personnelles, d’observations dans les milieux scolaires et professionnels, et de diverses études effectuées dans le domaine de la psychologie. De ce fait, la lecture de Quiet s’avère nécessaire, dans la mesure où celui-ci offre un éclairage nouveau (ou méconnu par plusieurs!) sur le sujet (par exemple, le concept biologique de la  »sur-stimulation » explique en quoi plusieurs, suite à des événements sociaux, ressentent l’absolue nécessité de s’isoler au sein d’endroits plus calmes). Aussi, Cain défait de nombreux mythes, présents dans la pensée populaire (par exemple, celle-ci établit la différence entre la timidité et l’introversion, deux traits de personnalité très souvent associés/confondus l’un avec l’autre).

Pari réussi? 

D’un point de vue plus personnel, j’ai grandement apprécié le regard anthropologique que pose Cain lorsque celle-ci aborde la vision et la valorisation (parfois différente) de l’introversion-extroversion au sein d’autres sociétés. Brillamment vulgarisé et savamment raconté, Susan Cain réussit donc son pari haut la main: son ouvrage apaise nos doutes (combien de fois me suis-je trouvé anormale, face à mon besoin croissant de solitude?), et nous réconcilie en quelque sorte avec nous-mêmes. Enfin, si l’ouvrage brille notamment par la qualité de l’argumentation et de la pertinence de certaines anecdotes personnelles, il fut à certains moments plutôt difficile de conserver mon intérêt face aux nombreux témoignages et à l’explication de certaines recherches effectuées par de nombreux psychologues: si la partie plus « technique » (où certaines thématiques tirées de la biologie et de la psychologie sont abordées) est essentielle, il aurait été tout aussi intéressant d’approfondir davantage les aspects sociaux-culturels touchant de près l’introversion.

L’introversion dans la littérature (liste établie par Susan Cain) 

Si l’introversion est un sujet qui vous intéresse, voici une petite liste exhaustive que propose Cain, si vous désirez la retrouver au sein d’œuvres de fiction et biographies:

  1. Jane Eyre (Charlotte Brontë)
  2. Le vilain petit canard  (Hans Christian Andersen)
  3. Gandhi: An Autobiography 
  4. le personnage de Margaret Schlegel dans Howards Ends (Edward Morgan Foster)
  5. Une étude en rouge (Arthur Conan Doyle)

(d’autres recommandations sont disponibles en annexe de l’ouvrage)

Et sinon, connaissez-vous d’autres titres où l’introversion est à l’honneur?

*Quiet, est également disponible en français (« La force des discrets: le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard ») publié chez JC Lattès.

Petite note: L’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil sur son univers, ses illustrations et photographies (charmantes et super jolies!) c’est par ici: instagram.com/oh.elo
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