Réflexions littéraires
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Lettre à Rose Patrie

Ma chère amie,

Toi qui m’as accueillie alors que j’étais en terrain inconnu, toi qui m’as accompagnée dans mes longues marches vers une destination mystérieuse, dans cette nouvelle ville que j’essayais d’apprivoiser, sache que je ne t’oublierai jamais.

Je me souviendrai de nos déjeuners à L’Entre-Pots, suivis d’une longue marche sur la Promenade Masson, afin de brûler les calories et de terminer les discussions sans fin. Même l’Afternoon tea de La Brume dans mes lunettes ne vient jamais à bout de nous faire taire.

Je t’écoute me raconter ton histoire, nostalgique et envoûtante, et tu m’accompagnes dans mes moments d’incertitude et de doute. Il paraît que c’est ça, l’amitié.

Je n’oublierai jamais nos après-midi ensemble, au Marché Jean-Talon l’été et au Cinéma Beaubien l’hiver. Incapables de nous quitter, on finit souvent la soirée à l’Isle de Garde, là où la bière est bonne et le rire est de mise. Quand on se sent un peu plus funnées, on se rend au Nacho Libre, obnubilées par les vidéos loufoques qui y jouent en boucle.

J’avais toujours hâte au printemps pour qu’on déguste notre première crème glacée aux Givrés, mais maintenant j’ai encore plus hâte à l’automne pour partager un chaï latté au Café Pista.

On se rencontre souvent le mardi après-midi à la bibliothèque Marc-Favreau. L’ambiance me calme et les grandes fenêtres me renvoient ton image, paisible et fière. Par contre, tu me connais assez pour savoir que j’aime encore mieux la Librairie Raffin, parce que les livres deviennent les nôtres et leurs pages encore neuves dégagent presque le même parfum que toi.

De tous les moments que nous avons partagés, celui qui m’a le plus marquée s’est produit un jour de février, pas assez chaud pour que la neige fonde, mais trop froid pour que les gens sortent de chez eux. On a marché jusqu’au Parc Molson, où je me suis couchée dans la neige.

Tu m’as regardée pleurer, tu n’as rien dit, mais tu as compris. Le vent soufflait la neige dans mon visage, mais ma douleur intérieure était plus douloureuse que l’hypothermie. En proie à une énième crise de panique, je voulais tout abandonner. Mais tu m’as apaisée. Ton regard m’a redonné confiance un petit peu et je me suis agrippée à ton bras pour me relever. Tu m’as raccompagnée chez moi, dans mon tout petit appartement de la rue Louis-Hébert, et tu m’as bordée.

Si ce n’avait été de toi, de ta joie de vivre inépuisable, de ta lumière intérieure enivrante et de ton charisme sans limites, qui sait où j’en serais aujourd’hui?

Ma tendre amie, si parfois tu m’entends dire à demi-mot que j’aimerais te quitter, sache que ce n’est pas parce que ta présence me déplaît. Tu m’as sortie de l’isolement de la ville et m’as transmis une envie de propager l’amour. J’ai seulement besoin d’espaces plus vastes et de nouvelles découvertes qui n’ont rien à voir avec Montréal.

Mais surtout, je ne t’oublierai jamais.

Tu resteras, à jamais, ma belle Rosemont, ma Petite-Patrie.

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