Auteur : Roxanne K

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La révolution sexuelle n’a pas tué les stéréotypes de genres

Vous connaissez probablement Lili Boisvert grâce à son émission Sexplora, dans laquelle elle parle sans tabous de toutes sortes de sujets reliés à la sexualité, ou peut-être l’avez-vous vue dans le duo Les Brutes, formé d’elle-même et de Judith Lussier, qui présente de courts vidéos dans lesquels elles survolent des problématiques sexistes, raciales, privilégistes, etc. Une chose est sûre, Lili Boisvert veut faire changer les choses au sein de notre société contemporaine, et elle n’emploie aucun détour pour faire passer le message. Avec Le principe du cumshot, son premier essai publié au printemps dernier chez VLB éditeur, son désir de renverser les stéréotypes sexuels et de genres se fait entendre et, disons-le, le titre en soi est un message revendicateur dès le premier abord. Le principe de qui? En pornographie, le cumshot est la scène finale où l’on voit l’actrice recevoir en plein visage – ou ailleurs – la jouissance de l’homme, tout en restant passive. (J’ai eu envie d’écrire la jouissance de l’Homme, avec un H majuscule.) Selon Lili Boisvert, cette scène ultime est …

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Blagues pour les littéraires et leurs acolytes

Tous les jours, nous défilons notre page d’accueil Facebook, remplie de memes et de GIF, et nous lisons des tonnes de blagues. Des drôles, des pas trop drôles, certaines avec trop de fautes d’orthographe pour qu’on les trouve pertinentes, d’autres vraiment bien réfléchies sous lesquelles on va même taguer notre meilleur.e ami.e! En cuisine avec Kafka est un peu la représentation littéraire de notre fil Facebook. La version « blagues réfléchies ». Il s’agit d’une succession de très courtes séquences, une planche chacune, qui propose des blagues, entre autres, sur la littérature et la culture geek. Ça se lit rapidement et ça permet de décrocher, sans l’aspect média social qui nous aspire jusqu’à ce qu’on oublie qu’on avait des plans cette journée-là. On n’est même pas obligé de dire à nos amis qu’on l’a lu! (Mais je vous propose quand même d’en parler autour de vous, ça en vaut la peine.) Le titre, Baking with Kafka en version originale, fait référence à l’une des planches du livre. Par contre, j’aurais choisi un autre titre pour l’ouvrage complet, …

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Cuisine, romance et meurtre : tout pour séduire même les plus sceptiques (recette en prime à la fin de l’article!)

Lors d’un brunch entre fileuses, Martine nous a offert un buffet de services de presse. Si vous l’ignorez, un service de presse est un livre qui est envoyé au Fil rouge (donc à Martine directement) dans le but qu’une collaboratrice le lise et en parle sur le blogue. Mais, vous vous en doutez, les deux cofondatrices à elles seules ne peuvent pas lire tous les livres du monde, malheureusement. Et quand la pile à lire de services de presse devient trop immense, on se fait un brunch collectif et on sépare les livres entre nous (c’est vraiment l’fun être une fileuse). Donc, au dernier brunch de distribution de livres, comme toujours chacune s’est garochée sur le livre qu’elle veut lire depuis sa parution mais qu’elle ne s’est pas encore procuré, ou encore sur le style de livre qui lui plaît le plus. Après quelques minutes, il reste les rejetés, ceux qu’on juge à leur couverture ou à leur public cible duquel on se détache complètement. On fait clairement du jugement à la première impression. Toutes …

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Queues, nom féminin pluriel, définition populaire : membre viril –

Je ne suis pas très poésie. J’essaie vraiment fort, mais j’ai toujours un peu de difficulté à accrocher. Pourtant, dès que j’ai vu Queues, le recueil de Nicholas Giguère publié chez Hamac (maison d’édition que j’adore!), j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il y a de ces titres qui vous accrochent, qui vous promettent satisfaction. La poésie contemporaine a cet avantage de me raconter l’humain dans sa bestialité, dans sa sexualité et sa violence refoulée, sans romantisme ni métaphores indécidables. Il s’agit d’une accumulation de textes publiés ça et là par l’auteur, rassemblés en une petite planchette et recousus bout à bout. Il n’y a pas de chapitres, ni de titres, ni même de temps d’arrêt, pour tout dire. Le rythme de lecture varie de rapide à excessivement précipité, il ne tombe jamais dans le lent. Queues se lit d’un bout à l’autre en une seule fois, en un seul souffle qui reste coincé dans la gorge jusqu’à la fin. entre le souper et la vaisselle j’imagine que je devrais me poser …

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Gagner le gros lot ne change pas le monde…

Louis vit dans une maison beige meublée de divans beiges; il n’a personne, sa mère est morte et sa femme partie, il vit une vie bien beige et n’a aucun ami. Sauf Michel, le vendeur de voiture, et son garagiste Jack, qu’il ne connait pas personnellement, mais à qui il a inventé une vie palpitante avec sa femme fictive et leurs passe-temps imaginaires. Il y a aussi Josiane, une jeune entrepreneure qu’il a observée sur la couverture d’un magazine une fois et de qui il est tombé amoureux. Puis un jour, Louis gagne le gros lot à la loto. Cinquante-quatre millions de dollars. Louis n’est même pas certain de pouvoir compter jusque-là, il mourrait probablement d’ennui bien avant. Je m’entendis crier en direction du répondeur avant de remonter en courant pour m’asseoir, à bout de souffle, dans mon fauteuil inclinable et m’obstiner à attendre un appel d’outre-tombe, déchiré entre les restes de mon discernement et la perte de mes derniers repères. Je n’avais jamais rien su, sinon que ma mère serait toujours là et combien …

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Jouer avec le feu pour ne pas mourir de froid

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant la lecture de Le reflet de la glace de Geneviève Drolet un soir de semaine. Je pouvais anticiper la qualité de l’écriture, parce que j’ai lu Attaches : une histoire grise, parce que le Guide des saunas nordiques était offert dans l’un des coffrets du Fil rouge l’an dernier et qu’il s’agit d’une auteure de grand talent à la plume aiguisée. Mais je ne pensais pas être incapable de refermer le livre avant d’avoir lu la toute dernière page et ainsi m’endormir bien plus tard que prévu. Marcher sur un lac gelé On pourrait croire que les très courts paragraphes — trois, quatre pages chacun — nous permettent une pause, un souffle avant de reprendre notre lecture. Mais c’était plus fort que moi : je devais en découvrir plus. Je ne pouvais m’arrêter, et l’auteure m’en donnait plus que je n’en demandais. Je vous le dis tout de suite, il ne s’agit pas d’une histoire rose bonbon. On entre dans la tête d’un personnage troublé, une jeune …

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Aidez Gilbert et Henriette à financer leurs découvertes

Ce n’est un secret pour personne, chez le Fil rouge, on est bien fan de tout ce qui est bande dessinée et roman graphique, surtout quand c’est créé au Québec. Alors j’ai immédiatement été emballée lorsque j’ai entendu parlé du projet Les dépassés, proposé par Gamet Productions, une jeune maison de production établie à Repentigny. De qu’est-c’est? Les dépassés, c’est une bande dessinée imaginée par l’illustratrice Sévrine Dumais qui met en scène Henriette et Gilbert, un couple de personnes âgées qui tentent tant bien que mal de se familiariser avec la technologie d’aujourd’hui. On a tous dans notre entourage une personne (vieille ou moins vieille!) qui éprouve des difficultés avec sa compréhension des réseaux sociaux et des différents appareils électroniques. On sait donc à quel point des mises en scène loufoques peuvent ressortir de ce genre d’anecdotes! Mais en plus d’une BD, Gamet Productions proposera bientôt une websérie où l’on pourra suivre ces deux personnages à travers leurs découvertes et (més)aventures, et c’est Bernard Fortin* qui assurera les rôles de script-éditeur et de consultant artistique. …

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Cacher ses soucis dans ses poches

Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, le titre Des roches plein les poches m’a toute de suite séduite. C’est que j’ai moi-même tendance à cacher des « roches », mes soucis et mes émotions négatives, non pas dans mes poches, mais derrière la tête, là où les problèmes vont fermenter pour en ressortir plus aigres. Ce court livre de grand format est très joli et communicatif. Les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment le visuel parfait, juste assez imaginatif tout en restant dans le réalisme, pour accompagner l’histoire de Frédérick Wolfe, pertinente en tout point. L’histoire On rencontre la petite Alice, pour qui la vie n’est pas tout à fait rose. Il y a souvent des conflits à la maison dont elle est témoin malgré elle, mais elle n’ose en parler à personne. Sur le chemin de l’école, elle prend l’habitude de ramasser des cailloux et de leur raconter ses problèmes, puis elle les cache dans les poches de sa robe. À force d’accumuler les petites roches, elle n’arrive plus à courir ni à jouer …

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Une langue qui évolue au rythme de ses locuteurs

En 2015, je tombais sous le charme de l’auteure, linguiste, et j’aimerais lui ajouter le titre de vulgarisatrice, Anne-Marie Beaudoin-Bégin (vous pouvez (re)lire l’article que j’ai écrit concernant son premier essai La langue rapaillée). C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et d’excitation que j’ai accepté d’écrire au sujet de son nouveau bouquin! Dans La langue affranchie : se raccommoder avec l’évolution linguistique, Beaudoin-Bégin poursuit sa mission d’encourager les Québécois à utiliser la langue française telle qu’ils la connaissent et à ne plus en avoir honte. Tout’qu’une mission, n’est-ce pas? Je vous promets que ce livre n’a rien de lourd, bien au contraire : on sort de chaque chapitre avec l’envie de crier « Je parle le français-québécois! »… Mais comme je lis principalement dans le métro, je me garde une p’tite gêne. Les facteurs d’évolution Plusieurs chapitres sont consacrés à l’Histoire de la langue française, à son évolution et surtout aux différents facteurs qui influencent une langue (peu importe laquelle). Anne-Marie Beaudoin-Bégin explique avec précision comment ces différents aspects ont affecté notre langue, non pas dans les dernières années, mais …

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Le problème avec les femmes

Je suis tombée par hasard sur ce roman graphique alors que j’errais dans la section bd adulte de ma librairie de quartier. Le titre m’a d’abord intriguée, puis je l’ai feuilleté rapidement et j’ai décidé de me le procurer. Je n’ai pas été déçue de cette décision, puisque je l’ai lu deux fois de suite. Le problème avec les femmes de Jacky Flemming nous explique pourquoi les femmes ne se retrouvent pas dans nos livres d’histoire et pourquoi aucune femme ne s’est démarquée à travers les siècles. Plusieurs éléments sont en cause : leur tête est trop petite, elles vivent dans une bulle domestique, leur chevelure les empêche d’entendre et elles sont trop émotives pour comprendre les mathématiques, entre autres choses. Vous l’aurez compris, la totalité de cette histoire est basée sur l’ironie et le sarcasme. En utilisant un ton qui se rapproche du mansplaining, Flemming nous explique pourquoi les femmes, arrivées dans le monde bien après les hommes, n’ont pas les capacités physiques et mentales d’exercer les métiers masculins. Elle y insère même de …