Auteur : Roxanne K

Aphélie, Mikella Nicol, Le cheval d'aout, littérature, littérature québécoise, lecture, livre, les livres qui font du bien, canicule, amour, roman, le fil rouge, le fil rouge lit

L’aphélie des amours

J’ai une confession à faire : je n’ai pas lu Les filles bleues de l’été, malgré l’immense succès que ce roman a eu à sa sortie en 2014. Pourtant, je n’ai pas hésité une seconde lorsque j’ai vu le nom de Mikella Nicol à la librairie. Je savais qu’Aphélie allait me plaire. Pour un corps céleste, l’aphélie représente le point de sa trajectoire le plus éloigné du Soleil. (Épigraphe) Ce roman intime sur fond de canicule nous présente la complexité des relations humaines.  Le personnage principal, narratrice sans nom, nous fait entrer dans son univers de solitude. Au travers de ses interactions avec les gens qui gravitent autour d’elle, on découvre son mal-être constant, sa volonté de plaire tout en s’éloignant des autres. Il ne s’agit pas d’un roman d’action, plutôt d’un récit de compréhension de soi. Réécrire le déjà-vu L’amour, au centre de toutes les réflexions et pourtant le point tournant de toutes les déceptions, ce sujet inépuisable et pourtant raconté mille et une fois, est ici présenté comme l’inaccessible constellation. On suit les …

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Les marées d’un continent à l’autre

Capucine se sent tellement différente de sa famille. Entre sa mère esthéticienne qui ne cesse jamais de parler et son père toujours parti en voyage d’affaires, elle a beaucoup de difficulté à trouver sa place. Puis un jour, sa mère cesse de jacasser. En menant ses recherches et en posant des questions auxquelles ses parents n’osent pas répondre, Capucine découvre qu’elle a une soeur aînée, que sa mère avait mise en adoption en Angleterre. C’est ainsi que débute le grand voyage de Capucine. Elle part seule à la rencontre de cette sœur inconnue, pour qui elle a pourtant déjà un attachement puissant. C’est sur l’île de Jersey, entre les journées à la plage et les soirées sur la terrasse, qu’elles se découvriront. Un vent marin Le roman Les marées de Brigitte Vaillancourt est une véritable vague qui nous enveloppe et nous rafraichit. Ce court récit de la littérature jeune adulte réussit à ne pas tomber dans les clichés et le déjà-vu. La rencontre des deux personnages principaux se fait sans artifices, comme dans la vraie …

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La révolution sexuelle n’a pas tué les stéréotypes de genres

Vous connaissez probablement Lili Boisvert grâce à son émission Sexplora, dans laquelle elle parle sans tabous de toutes sortes de sujets reliés à la sexualité, ou peut-être l’avez-vous vue dans le duo Les Brutes, formé d’elle-même et de Judith Lussier, qui présente de courts vidéos dans lesquels elles survolent des problématiques sexistes, raciales, privilégistes, etc. Une chose est sûre, Lili Boisvert veut faire changer les choses au sein de notre société contemporaine, et elle n’emploie aucun détour pour faire passer le message. Avec Le principe du cumshot, son premier essai publié au printemps dernier chez VLB éditeur, son désir de renverser les stéréotypes sexuels et de genres se fait entendre et, disons-le, le titre en soi est un message revendicateur dès le premier abord. Le principe de qui? En pornographie, le cumshot est la scène finale où l’on voit l’actrice recevoir en plein visage – ou ailleurs – la jouissance de l’homme, tout en restant passive. (J’ai eu envie d’écrire la jouissance de l’Homme, avec un H majuscule.) Selon Lili Boisvert, cette scène ultime est …

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Blagues pour les littéraires et leurs acolytes

Tous les jours, nous défilons notre page d’accueil Facebook, remplie de memes et de GIF, et nous lisons des tonnes de blagues. Des drôles, des pas trop drôles, certaines avec trop de fautes d’orthographe pour qu’on les trouve pertinentes, d’autres vraiment bien réfléchies sous lesquelles on va même taguer notre meilleur.e ami.e! En cuisine avec Kafka est un peu la représentation littéraire de notre fil Facebook. La version « blagues réfléchies ». Il s’agit d’une succession de très courtes séquences, une planche chacune, qui propose des blagues, entre autres, sur la littérature et la culture geek. Ça se lit rapidement et ça permet de décrocher, sans l’aspect média social qui nous aspire jusqu’à ce qu’on oublie qu’on avait des plans cette journée-là. On n’est même pas obligé de dire à nos amis qu’on l’a lu! (Mais je vous propose quand même d’en parler autour de vous, ça en vaut la peine.) Le titre, Baking with Kafka en version originale, fait référence à l’une des planches du livre. Par contre, j’aurais choisi un autre titre pour l’ouvrage complet, …

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Cuisine, romance et meurtre : tout pour séduire même les plus sceptiques (recette en prime à la fin de l’article!)

Lors d’un brunch entre fileuses, Martine nous a offert un buffet de services de presse. Si vous l’ignorez, un service de presse est un livre qui est envoyé au Fil rouge (donc à Martine directement) dans le but qu’une collaboratrice le lise et en parle sur le blogue. Mais, vous vous en doutez, les deux cofondatrices à elles seules ne peuvent pas lire tous les livres du monde, malheureusement. Et quand la pile à lire de services de presse devient trop immense, on se fait un brunch collectif et on sépare les livres entre nous (c’est vraiment l’fun être une fileuse). Donc, au dernier brunch de distribution de livres, comme toujours chacune s’est garochée sur le livre qu’elle veut lire depuis sa parution mais qu’elle ne s’est pas encore procuré, ou encore sur le style de livre qui lui plaît le plus. Après quelques minutes, il reste les rejetés, ceux qu’on juge à leur couverture ou à leur public cible duquel on se détache complètement. On fait clairement du jugement à la première impression. Toutes …

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Queues, nom féminin pluriel, définition populaire : membre viril –

Je ne suis pas très poésie. J’essaie vraiment fort, mais j’ai toujours un peu de difficulté à accrocher. Pourtant, dès que j’ai vu Queues, le recueil de Nicholas Giguère publié chez Hamac (maison d’édition que j’adore!), j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il y a de ces titres qui vous accrochent, qui vous promettent satisfaction. La poésie contemporaine a cet avantage de me raconter l’humain dans sa bestialité, dans sa sexualité et sa violence refoulée, sans romantisme ni métaphores indécidables. Il s’agit d’une accumulation de textes publiés ça et là par l’auteur, rassemblés en une petite planchette et recousus bout à bout. Il n’y a pas de chapitres, ni de titres, ni même de temps d’arrêt, pour tout dire. Le rythme de lecture varie de rapide à excessivement précipité, il ne tombe jamais dans le lent. Queues se lit d’un bout à l’autre en une seule fois, en un seul souffle qui reste coincé dans la gorge jusqu’à la fin. entre le souper et la vaisselle j’imagine que je devrais me poser …

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Gagner le gros lot ne change pas le monde…

Louis vit dans une maison beige meublée de divans beiges; il n’a personne, sa mère est morte et sa femme partie, il vit une vie bien beige et n’a aucun ami. Sauf Michel, le vendeur de voiture, et son garagiste Jack, qu’il ne connait pas personnellement, mais à qui il a inventé une vie palpitante avec sa femme fictive et leurs passe-temps imaginaires. Il y a aussi Josiane, une jeune entrepreneure qu’il a observée sur la couverture d’un magazine une fois et de qui il est tombé amoureux. Puis un jour, Louis gagne le gros lot à la loto. Cinquante-quatre millions de dollars. Louis n’est même pas certain de pouvoir compter jusque-là, il mourrait probablement d’ennui bien avant. Je m’entendis crier en direction du répondeur avant de remonter en courant pour m’asseoir, à bout de souffle, dans mon fauteuil inclinable et m’obstiner à attendre un appel d’outre-tombe, déchiré entre les restes de mon discernement et la perte de mes derniers repères. Je n’avais jamais rien su, sinon que ma mère serait toujours là et combien …

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Jouer avec le feu pour ne pas mourir de froid

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant la lecture de Le reflet de la glace de Geneviève Drolet un soir de semaine. Je pouvais anticiper la qualité de l’écriture, parce que j’ai lu Attaches : une histoire grise, parce que le Guide des saunas nordiques était offert dans l’un des coffrets du Fil rouge l’an dernier et qu’il s’agit d’une auteure de grand talent à la plume aiguisée. Mais je ne pensais pas être incapable de refermer le livre avant d’avoir lu la toute dernière page et ainsi m’endormir bien plus tard que prévu. Marcher sur un lac gelé On pourrait croire que les très courts paragraphes — trois, quatre pages chacun — nous permettent une pause, un souffle avant de reprendre notre lecture. Mais c’était plus fort que moi : je devais en découvrir plus. Je ne pouvais m’arrêter, et l’auteure m’en donnait plus que je n’en demandais. Je vous le dis tout de suite, il ne s’agit pas d’une histoire rose bonbon. On entre dans la tête d’un personnage troublé, une jeune …

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Aidez Gilbert et Henriette à financer leurs découvertes

Ce n’est un secret pour personne, chez le Fil rouge, on est bien fan de tout ce qui est bande dessinée et roman graphique, surtout quand c’est créé au Québec. Alors j’ai immédiatement été emballée lorsque j’ai entendu parlé du projet Les dépassés, proposé par Gamet Productions, une jeune maison de production établie à Repentigny. De qu’est-c’est? Les dépassés, c’est une bande dessinée imaginée par l’illustratrice Sévrine Dumais qui met en scène Henriette et Gilbert, un couple de personnes âgées qui tentent tant bien que mal de se familiariser avec la technologie d’aujourd’hui. On a tous dans notre entourage une personne (vieille ou moins vieille!) qui éprouve des difficultés avec sa compréhension des réseaux sociaux et des différents appareils électroniques. On sait donc à quel point des mises en scène loufoques peuvent ressortir de ce genre d’anecdotes! Mais en plus d’une BD, Gamet Productions proposera bientôt une websérie où l’on pourra suivre ces deux personnages à travers leurs découvertes et (més)aventures, et c’est Bernard Fortin* qui assurera les rôles de script-éditeur et de consultant artistique. …

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Cacher ses soucis dans ses poches

Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, le titre Des roches plein les poches m’a toute de suite séduite. C’est que j’ai moi-même tendance à cacher des « roches », mes soucis et mes émotions négatives, non pas dans mes poches, mais derrière la tête, là où les problèmes vont fermenter pour en ressortir plus aigres. Ce court livre de grand format est très joli et communicatif. Les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment le visuel parfait, juste assez imaginatif tout en restant dans le réalisme, pour accompagner l’histoire de Frédérick Wolfe, pertinente en tout point. L’histoire On rencontre la petite Alice, pour qui la vie n’est pas tout à fait rose. Il y a souvent des conflits à la maison dont elle est témoin malgré elle, mais elle n’ose en parler à personne. Sur le chemin de l’école, elle prend l’habitude de ramasser des cailloux et de leur raconter ses problèmes, puis elle les cache dans les poches de sa robe. À force d’accumuler les petites roches, elle n’arrive plus à courir ni à jouer …