Littérature québécoise
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La nouvelle selon Charles Bolduc

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En 2006, Charles Bolduc publiait son tout premier recueil de nouvelles Les perruches sont cuites, ouvrage qui a pris quelques années avant de se retrouver dans mes mains. Une toute petite brique d’à peine une centaine de pages, mais qui renferme de petits bijoux de la littérature québécoise contemporaine.

Un genre mal aimé 

On sous-estime souvent les auteurs de nouvelles. On a tendance à les distancier des auteurs de romans.  Oui, un roman est engageant et l’écrivain prend souvent plus de temps pour développer ses personnages, mais être capable de faire preuve de brièveté est un défi de maître. Pour que l’on se souvienne de son court texte, que l’on soit marqué par celui-ci, le nouvelliste a énormément de travail à faire. Beaucoup plus que l’on ne le croit. En peu de temps, il se doit de construire une histoire qui se tient, et dont les personnages sont assez développés pour être attachants.

C’est avec brio que Charles Bolduc a su relever ce défi dans son recueil de nouvelles Les perruches sont cuites, mélangeant amour, sexe et événements tous un peu plus loufoques les uns que les autres.

Avec une narration au « je » (quelques rares fois au « tu »), cet ouvrage nous donne l’impression de suivre le quotidien tragique et parfois comique d’un seul et même personnage. En moins de trois pages, Bolduc sait créer une atmosphère et de l’appréhension chez son lecteur, et ce,  même en présentant des actions de la vie quotidienne que l’on trouverait normalement plutôt banales.

Mon coup de coeur

Sa nouvelle Seule une chaise un peu tordue en face de moi (il utilise des titres plutôt intéressants d’ailleurs) est une de mes préférées. Brièvement, celle-ci raconte le récit d’un homme assis dans un restaurant. Il attend une femme, probablement pour un rendez-vous. Il regarde autour de lui, observe chacun des clients, et divague dans ses pensées. Le tout, jusqu’à ce qu’il réalise enfin que la femme qu’il attendait ne viendra vraisemblablement pas et qu’il a maintenant terminé son café.

La façon dont est construite cette nouvelle est particulière. Cela fait en sorte que l’on dirige notre attention sur autre chose que sur le rendez-vous. On en fait pratiquement totalement abstraction jusqu’à ce que l’on arrive à la toute fin du récit. Puis, enfin, on réalise que le personnage principal s’est fait poser un lapin. Ce  genre de narration nous donne l’impression que le personnage est habitué de se faire jouer ce genre de tour et que c’est tellement normal pour lui qu’il fait maintenant comme si de rien n’était. On reste avec un goût amer en bouche et beaucoup de pitié pour l’homme.

Charles Bolduc est un amoureux des femmes, cela se sent dans son recueil. Il les met constamment au centre de son œuvre et n’hésite pas à aller dans les détails parfois même sensuels. Crue, vraie et rigolote, l’œuvre de Bolduc m’a conquise dès les premières pages. Un petit ouvrage qui vaut la peine d’être consulté.

Avez-vous des auteur(e)s ou encore des recueils de nouvelles préférés? Pour ma part, j’ai adoré Les aurores montréales et Nouvelles orientales.

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