Littérature québécoise
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L’autre Marie et la même Jeanne

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En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens.

Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et ses deux romans. Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Aucune importance parce qu’on se laisse encore entraîner de plein fouet par la sublime narration dans L’autre Jeanne.

On retrouve Jeanne, jeune adulte qui décide de prendre un billet d’avion pour la France, parce qu’il y avait un bon spécial. Tout simplement. Jeanne est habitée d’un désir de liberté, de découverte et veut aussi s’éloigner de sa famille de fou. Elle n’en peut plus d’être une simple caissière et décide de vivre sa vie, comme elle l’entend.

Voyager pour mieux se retrouver

C’est à travers de nombreuses expériences de voyage en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, que Jeanne nous revient avec le plus de force ; dans son caractère d’entêtée, par son franc parlé, par sa vision si libre et chaotique de la vie. On rit beaucoup dans L’autre Jeanne, autant par les pensées de Jeanne que par les situations dans lesquelles elle se plonge. Cette dernière n’aura pas le moindre sous, donc mendiera chaque jour pour avoir les sous quotidiens pour survivre. Elle fera aussi la rencontre de nombreuses personnes, bonnes et moins bonnes, qui viendront, à leur façon, l’aider à survivre, à avoir de la nourriture et parfois, un toit.

Rien de facile dans la vie familiale de Jeanne, de sa mère, sa marraine et ses sœurs. Une famille démunie, pleine de secrets, de noirceur, mais qui jamais ne baisse les bras. On suit, parallèlement au voyage de Jeanne, l’histoire quotidienne de sa famille et plus précisément de sa mère, Elizabeth, qui s’inquiète beaucoup pour sa fille partie dans les Europe. Il y a aussi le père, un joueur compulsif qui a profité et manipulé tous ceux qui l’entouraient.

Publié chez VLB, le roman se divise en différentes narrations ; il y a le journal de Jeanne qui nous donne sa version des faits, toujours colorée, et il y a la narration extérieure qui nous fait voir les autres facettes des événements racontés par Jeanne.

Écrire pour devenir quelqu’un

Jeanne tente sa chance et décide d’envoyer son manuscrit dans les maisons d’édition. Ce sera aussi un peu grâce à sa mère qu’elle réalisera ce rêve d’être enfin quelqu’un, d’être écrivaine. Son manuscrit Marie chez les autres racontant son enfance dans les centres jeunesse, ses nombreux déménagements et ses problèmes familiaux, sera publié et c’est ce qui fera revenir Jeanne chez elle, au Québec.

Dire que j’ai aimé ce roman est peu dire. Je l’ai lu avec avidité, rapidité et le sourire agrippé au visage. Rares sont les auteures qui me semblent si authentiques dans leur façon d’écrire. La voix de Marie Larocque s’entend dans ses romans et fait que ses personnages sont plus vrais que nature. Ils prennent vie au fil de leurs dialogues colorés, de leur vie poquée et de leur sincérité.

Ce n’est pas nécessaire, à mon avis, d’avoir lu Jeanne chez les autres pour apprécier celui-ci, toutefois je pense que de l’avoir lu, aura rendu ma lecture plus profonde et m’aura permis de mieux voir les ficelles qui les relient l’un et l’autre.

Un roman à lire à haute voix, à déclamer, juste pour entendre toute la musicalité et la poésie de l’écriture de Marie Larocque.

Avez-vous déjà lu Jeanne chez les autres ? Pensez-vous lire L’autre Jeanne?


Le Fil Rouge tient à remercier les Éditions VLB pour le service de presse.

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