Bibliothérapie
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Le goût d’aimer

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Dans ce roman, au détour de chaque page on s’enfarge, on relit, on ferme les yeux pour méditer sur une phrase, l’usage d’un mot, sa signification. Christian Bobin a réussi à faire de La plus que vive un recueil de citations sur la vie, la mort, l’amour. Et pourtant, ce n’est pas du tout, avouons-le, une mince affaire.

Même aujourd’hui je ne peux t’imaginer autrement que réfractaire, échappée, ton cœur fuyant dans la lumière. Je t’ai toujours sue inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t’ai aimée dans ce savoir.

L’éloge de l’authenticité

Genre de biographie non linéaire sur une femme connue de l’auteur, on n’entre finalement jamais dans le détail. En fait, il s’agit de l’étalement de ce que cette Ghislaine signifiait pour l’auteur. Signifi-ait parce qu’en fait, Ghislaine décède à quarante-quatre ans. Et ce drame, élément déclencheur de l’écriture du roman, devient dans La plus que vive une raison d’évoquer les plus belles choses de la vie.

Avec ce livre, on prend conscience de l’importance des moments ordinaires, anodins, puisque ce sont eux qui révèlent nos personnalités et les liens sincères de nos amours et de nos amitiés. En même temps, il ne faut pas leur accorder concrètement cette importance, car ils perdraient automatiquement de leur légèreté. Y penser, mais sans y penser…?

Même s’il s’agit de l’éloge d’une inconnue, c’est vraiment beau à lire! Deuxième lecture en ce mois de février, je suis convaincue qu’elle sera suivie de bien d’autres encore, à un des moments de ma vie où j’aurai besoin d’inspiration. Car oui, ce livre est inspirant : en accordant tant de place à une femme qui a pour plus grand mérite celui d’avoir été elle-même tout au long de ses quarante-quatre ans, on se rend compte de notre propre valeur en tant qu’êtres uniques, de ce qu’on peut apporter aux autres dans nos particularités.

Ce petit bijou d’une centaine de pages (dépendant des éditions) se lit en un clin d’œil. Les livres courts sont parfois inversement proportionnels à la durée de leur écho en nous : c’est le cas ici.

Le goût d’aimer

Christian Bobin donne tout simplement le goût d’aimer, à travers ses façons magnifiques d’évoquer ce sentiment fort et phare dans le parcours de Ghislaine.

[aimante] C’est un mot que tu portes à merveille, comme ces foulards de soie bleue autour de ton cou, ou ce rire dans tes yeux lorsqu’on venait de te blesser.

Êtes-vous déjà tombé(e) sur le livre qui vous accompagnera toute votre vie, ou pendant un bon moment?

Si non, La plus que vive vous attend…

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