Littérature étrangère
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Une maison irlandaise à soi

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Une maison en Irlande, isolée et tout près d’un étang, voilà ce dont la narratrice avait besoin. Cette jeune femme anonyme part se réfugier là-bas pour ne rien faire, s’accordant du temps pour laisser divaguer ses pensées.

Je fais partie de ces gens qui rêvent d’une maison déconnectée et de temps infini. Il n’en fallait pas davantage pour me donner envie de découvrir cette version française de Pond. Dans le dossier de presse reçu avec le livre de la part de Dimédia, on comparait ce premier roman à ceux de Virginia Woolf et Emily Dickinson, deux autrices que j’admire énormément. Ce ne sont pas de légères comparaisons et j’ai été fortement attirée vers l’idée de me plonger dans une œuvre contemporaine comparable à ces deux écrivaines anglaises. Déjà, je me dois de mentionner que selon moi la comparaison n’a pas lieu d’être. Il s’agit d’un très bon roman qui, comme ces deux autrices anglaises, utilise les mêmes types de narration, mais je n’ai pas personnellement été happée par l’écriture comme avec Woolf et Dickinson.

Stream of consciousness

Ce texte traduit par Thierry Decottignies ne raconte rien en particulier : il puise dans les petites choses, dans les tâches quotidiennes et les pensées de la narratrice. On a comparé l’autrice avec Woolf dû au stream of consciousness (flux de conscience en français). Il s’agit d’une narration axée sur la pensée, l’autrice écrit donc de la même façon que les réflexions viennent se loger dans sa tête. Cela crée une écriture qui peut parfois sembler confuse, voire difficile à saisir, mais c’est surtout une écriture franche qui mène souvent à une prise de conscience par cette liberté donnée. Personnellement, c’est un type de narration que j’apprécie énormément.

Dans le cas de L’étang, j’ai particulièrement aimé la façon de faire l’éloge du rien-faire. Le personnage vit sans attente, en prenant son temps et en vivant chaque chose quand celle-ci se présente. Son désir de contempler est loin d’être toujours pur et calme, au contraire; la frustration, voire l’impatience, viennent souvent franchir la pensée de l’autrice, ce qui donne d’autant plus de la profondeur à cette narratrice inconnue. On pourrait croire à une œuvre très centrée sur elle-même comme on reste constamment dans la tête et les perceptions de la narratrice. J’ai toutefois l’impression qu’il y a une certaine universalité dans ce processus narratif : c’est passer par le singulier de sa propre pensée pour rejoindre l’humanité qui nous unit. Je pense particulièrement au passage dans lequel elle décrit le bonheur qu’elle ressent à déposer des fruits et des légumes dans le saladier près de la fenêtre. Je me suis reconnue dans ce simple et rassurant plaisir de remplir un bol de fruits.

Somme toute, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce premier roman, et ce, malgré certaines longueurs qui m’ont déplu. Je serai curieuse de découvrir la version originale (en plus, la couverture est particulièrement jolie!) pour comparer, comme il s’agit d’une écriture très lyrique. Et vous, aimez-vous lire ce genre de texte très intime dans lequel on est plongé dans l’intériorité d’un.e narrateur.trice?


Le fil rouge tient à remercier Marion Van Staeyen chez Dimédia pour le service de presse.

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