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Autour des livres : Les éditeurs en feu

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C’est en septembre dernier que Florence Falgueyret et Simon Harvey ont lancé leur toute nouvelle maison d’édition, Les éditeurs en feu. L’ambiance était chaleureuse et festive au Zaz Bar, où la soirée avait lieu. Plusieurs sont repartis avec les deux premiers livres de la maison d’édition lancés ce soir-là, soit Les Réserves, de Florence Falgueyret et Journal d’un étudiant en lettres, de David Fiore Laroche.

Je suis moi-même tombée sous le charme de ces œuvres qui se distinguaient par le fond et la forme de tout ce que j’avais lu jusqu’à présent. Petite entrevue enflammée avec les deux éditeurs passionnés.

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1. Quel est votre premier souvenir en lien avec la lecture?

SH : Mon parrain m’avait offert Tintin en Amérique. C’est une lecture fondatrice pour moi qui m’accompagne encore dans ma démarche d’écriture. Je suis obsédé par l’alliance entre image, récit et dialogue.

FF : Dans la maison, nous avions un gros livre illustré des Fables de La Fontaine. Je les lisais tellement que j’en avais mémorisé quelques-unes et dès que c’était possible, pour «faire mon show», j’aimais bien les réciter devant le public très restreint que formait ma famille ou bien les amis de la famille.

 2. Aviez-vous un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, avez-vous un rituel de lecture?

FF : Du primaire jusqu’à la fin de mon secondaire, tout le temps passé dans l’autobus était dédié à la lecture pour moi. Aujourd’hui, j’adore lire dans le bain!

SH : Je n’ai pas eu de «rituel de lecture» comme enfant. Aujourd’hui, si j’ai un «rituel», ce serait de lire dans mon bain.

 3. Vous êtes vous-même auteur.es. Avez-vous une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit êtes-vous pour écrire?

SH : Ma routine d’écriture est au quotidien. Ne pas écrire une journée serait l’équivalent pour moi de ne pas manger. J’écris souvent avec une playlist que j’ai nommé ironiquement «Écrire un chef-d’œuvre». Elle est 100 % en anglais.

FF : Il m’est assez difficile de créer une routine à cause notamment de mon horaire chargé, mais aussi de ma personnalité en général, donc pas vraiment. Cependant, j’essaie d’écrire à tous les jours, ou bien du moins je pense à mon écriture à tous les jours, à ce que je pourrais dire, la manière dont j’aimerais le formuler, aux thèmes que j’affectionne.

J’ai aussi découvert très récemment que j’aimais écrire dans des espaces publics comme des cafés, ou des bibliothèques, ce que je ne faisais jamais avant. J’écrivais dans mon lit ou bien à mon bureau dans mon appartement. Je crois qu’à cause de ce changement récent, mon état d’esprit quand j’écris est quelque peu décalé de celui dans lequel j’étais l’an passé par exemple. Mon écriture aussi en est changée. J’écris beaucoup plus de narration que de poésie maintenant!

4. Quels sont les livres qui vous ont donné envie de devenir des éditeurs?

FF : Toute la littérature québécoise, en général. C’est une littérature qui est bouillonnante et excitante. C’est une littérature qui mérite d’être lue, d’être diffusée et ce sont des textes qui méritent de devenir, par le processus d’édition, des objets d’art.

SH : J’ai un grand respect pour les éditeurs en général. Surtout depuis que nous œuvrons dans le domaine. Ce ne sont pas des livres qui m’ont donné le goût de me lancer dans cette aventure, ce sont des textes lus dans le cadre d’atelier de création. Je trouvais injuste que ces textes ne trouvent pas plus de lecteurs.

5. Quel est le livre qui vous a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi

FF : Pour ma pratique d’écriture, je dirais que l’œuvre d’Anne Hébert a été pour moi extrêmement marquante. J’ai toujours en tête certaines des phrases ou des expressions qu’elle a écrites / qu’elle utilise. Par exemple, j’adore reprendre l’expression «comme autant de…» dans mes propres écrits.

Sur un plan plus personnel, les poésies de Marjolaine Beauchamp et de Roxane Desjardins m’ont aidé à comprendre beaucoup de choses, m’ont beaucoup fait pleurer aussi.

SH : J’ai un triptyque d’auteur qui a beaucoup d’influence sur ma propre pratique. Geneviève Pettersen, William S. Messier et Mathieu Handfield hantent beaucoup ma vie pour les univers propres à leurs romans et pour leurs rapports à l’oralité.

 6. Si vous deviez vivre dans un monde littéraire fictif, ce serait lequel?

SH : Sans aucun doute, ce serait l’univers d’Edgar Allan Poe.

FF : Définitivement Star Wars.

7. Quel livre relisez-vous constamment sans même vous tanner? 

FF : Ces derniers temps, je relis le prochain texte que nous allons publier, sans arrêt (lol).

SH : La nouvelle «Le Masque de la mort rouge» de Poe. Je l’écoute même en audiobook pour m’endormir le soir.

8. Quel est votre mot de la langue française préféré? Et celui que vous détestez le plus?

FF : J’adore le mot «pourtant».

Je ne sais pas si je déteste vraiment un mot. Oui, il y a certains mots qui ne sont pas agréables à dire, ou à entendre, mais je ne les déteste pas pour autant. Tous les mots sont utiles, et donc, aucun mot ne devrait être détestable.

SH : Je déteste le mot «tolérer». En ce moment, mon mot préféré serait «zombie» puisqu’il est en lien avec mon mémoire de maitrise.

 9. Quel livre auriez-vous aimé avoir édité et publié au sein de votre maison d’édition?  

FF : J’aurais tellement aimé éditer Ce qu’on respire sur Tatouine, de Jean-Christophe Réhel. Je crois que c’est un chef-d’œuvre.

SH : J’aurais aimé publier Chien de faïence de Viviane Marcotte publié l’an dernier chez Fond’tonne.

 10.  La question qui tue : qu’est-ce qui vous fait penser qu’il y a encore de l’espoir dans le domaine de l’édition au Québec?

FF : Drôle de question. Est-ce vraiment une question d’espoir? N’est-ce pas plutôt une question d’amour? Ou plutôt une question de l’importance du partage. À mon avis, il y a et il y aura toujours de la place pour plus de livres, pour plus d’édition, parce que si un livre peut toucher seulement un lecteur, si la lecture d’un chapitre, d’un poème ou même d’une phrase peut susciter une émotion chez seulement un lecteur, que cette lecture lui fasse comprendre quelque chose de nouveau, lui fasse réaliser quelque chose sur sa propre existence, alors ce livre n’a pas été édité pour rien.

SH : Il y a toujours de l’espoir, comme Leia le dit à Obi-Wan Kenobi. Nous croyons que tant qu’il y aura des textes à diffuser, il y a de la place pour des maisons d’édition du Québec. Nous souhaitons même voir se multiplier les maisons d’édition dans les prochaines années pour le bien de la littérature québécoise.

Note : Pour se procurer les ouvrages des Éditeurs en feu, rendez-vous sur le site Le pressier!

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