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Mary-Lee Picknell théâtre

Vivre la littérature — Entrevue avec Mary-Lee Picknell

Dernièrement, j’ai lu Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qui a toujours été l’une de mes pièces préférées. J’adore sa féérie onirique, qui donne inévitablement lieu à des costumes et des décors magiques, et bien sûr le personnage de Puck, archétype même du trickster jungien. Que serait le théâtre sans un peu de comique de situation? J’ai été agréablement surprise par mon expérience de lecture, car si j’aime beaucoup assister à une pièce, je dois avouer que, pour moi, lire le théâtre s’est souvent révélé une expérience insatisfaisante. L’absence de chair autour de l’os m’empêche généralement de savourer pleinement les dialogues, même les plus juteux! Après tout, le théâtre n’est pas conçu pour être lu, mais pour être mis en scène, interprété, regardé et écouté. Ce n’est pas une littérature qui se lit, mais qui se vit! Dernièrement, j’ai eu la chance de discuter avec quelqu’un dont le travail consiste justement à donner vie aux mots — et même à vivre les mots! Mary-Lee Picknell a généreusement accepté de me rencontrer dans un sympathique café du quartier …

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Autour des livres : Les éditeurs en feu

C’est en septembre dernier que Florence Falgueyret et Simon Harvey ont lancé leur toute nouvelle maison d’édition, Les éditeurs en feu. L’ambiance était chaleureuse et festive au Zaz Bar, où la soirée avait lieu. Plusieurs sont repartis avec les deux premiers livres de la maison d’édition lancés ce soir-là, soit Les Réserves, de Florence Falgueyret et Journal d’un étudiant en lettres, de David Fiore Laroche. Je suis moi-même tombée sous le charme de ces œuvres qui se distinguaient par le fond et la forme de tout ce que j’avais lu jusqu’à présent. Petite entrevue enflammée avec les deux éditeurs passionnés. 1. Quel est votre premier souvenir en lien avec la lecture ? SH : Mon parrain m’avait offert Tintin en Amérique. C’est une lecture fondatrice pour moi qui m’accompagne encore dans ma démarche d’écriture. Je suis obsédé par l’alliance entre image, récit et dialogue. FF : Dans la maison, nous avions un gros livre illustré des Fables de La Fontaine. Je les lisais tellement que j’en avais mémorisé quelques-unes et dès que c’était possible, pour « faire mon show », …

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Mes 5 questions posées à Stéphanie Boulay, porte-parole pour les Correspondances d’Eastman, mais pas seulement!

Les Correspondances d’Eastman, le plus grand festival littéraire en Amérique du Nord, sont revenues pour une 16e édition du 9 au 12 août dernier. Cet événement a pour but d’offrir au public un accès bien privilégié aux coulisses de la littérature, et c’est Stéphanie Boulay qui a eu l’honneur cette année d’en être la porte-parole. J’en ai alors profité pour lui poser quelques questions! Depuis ton premier roman À l’abri des hommes et des choses qui est paru en 2016, tu ne cesses d’avoir des projets artistiques! Ton livre jeunesse Anatole qui ne séchait jamais sortira le 4 octobre 2018 et un EP solo verra le jour à l’automne prochain, un projet parallèle au duo folk (Les sœurs Boulay) que tu formes avec ta sœur, Mélanie Boulay, depuis 2012. Tu es à la fois chanteuse, musicienne et autrice (et même chroniqueuse!). Occupée comme tu es, pourquoi as-tu accepté d’être porte-parole pour la 16e édition des Correspondances d’Eastman? J’aimerais aussi connaître ta réaction quand on te l’a proposé. Au départ, j’ai pensé que j’étais indigne de prendre ce rôle …

Entrevue avec les fondatrices de Dent-de-Lion, une nouvelle maison d’édition de littérature jeunesse féministe intersectionnelle

Voici un nouveau projet pour le monde de l’édition québécoise qui mérite qu’on s’y attarde. C’est avec bonheur qu’on voit naître et briller de beaux projets féministes et inclusifs comme celui-ci. Nous avons posé quelques questions aux cofondatrices de Dent-de-lion pour vous faire découvrir cette maison d’édition. En voici l’intégralité : Comment décririez-vous Dent-de-lion en quelques mots? Dent-de-lion est une maison d’édition de littérature jeunesse féministe intersectionnelle constituée en OBNL. Les livres que nous souhaitons éditer afficheront des personnages non stéréotypés, des quêtes narratives non genrées et une juste représentation de la diversité familiale, culturelle, raciale, sexuelle, corporelle et fonctionnelle, en prenant grand soin de ne pas gommer les enjeux spécifiques de chacune de ces formes de diversité. Pourquoi avoir choisi ce nom? Dent-de-lion est une autre appellation pour le pissentlit. (L’anglais dandelion est un emprunt au français.) Nous admirons la force de celle que l’on appelle « mauvaise herbe » pour sa ténacité, son entêtement à renaître et à survivre aux bétons et aux sarclages les plus rigoureux. Qui est derrière ce projet ? …

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Très intime – Jardins secrets exposés

Québécoise vivant à Paris, Ina Mihalache, connue pour sa chaîne YouTube Solange te parle, s’est fait connaître entre autres avec sa vidéo expliquant aux Français certains termes québécois. Sa chaîne compte à présent plus de 200 000 abonnés et traite de plusieurs sujets, allant de la sexualité à des anecdotes sur son chien, en passant par de la poésie. Elle a également créé la série radio Solange pénètre ta vie intime, diffusée sur la chaîne française Mouv’, regroupant divers témoignages de femmes concernant leur sexualité et tout ce qui touche l’intimité. Très intime fut publié aux Éditions Payot en 2017. Cette œuvre de 285 pages aborde principalement la vie intime et sexuelle de diverses femmes. Il s’agit de la plus récente publication de Solange. Très intime Il faut d’abord souligner que le livre est en fait basé sur les témoignages reçus pour Solange pénètre ta vie intime, l’émission de radio. Avec sa couverture d’un vert vibrant et son dessin quelque peu explicite flanqué juste au-dessus du titre, il est difficile de passer à côté. Je n’avais encore …

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« J’suis jamais malade en été d’habitude » : Rencontre avec l’auteure et comédienne Patricia Rivas

Il y a déjà quelques semaines, j’ai assisté avec Marjorie à la représentation de la pièce de théâtre J’suis jamais malade en été d’habitude. Nous avons été incroyablement et positivement surprises de cette pièce racontant l’histoire d’une jeune femme qui apprend qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, on suit cette jeune fille dans ses questionnements personnels lors de l’annonce de sa maladie à ses proches, puis dans son acceptation de cette maladie. La comédienne principale, Patricia Rivas, est tout à fait remarquable; elle a un regard très communicateur qui nous entraîne rapidement dans le récit. Elle est aussi l’auteure de cette pièce et est elle-même atteinte de la sclérose en plaques. J’ai été vraiment touchée et inspirée par son courage et son talent et j’ai donc eu envie de m’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son processus créatif. Je vous invite fortement à suivre la page Facebook de la pièce pour être informé des prochaines représentations; ça vaut vraiment la peine de se déplacer!   …

Making-of Claire Legendre Hamac

Autour du roman Making-of avec Claire Legendre

Nous sommes à Nice en 1998. Claire Legendre, dix-neuf ans, vit le rêve de tout.e jeune écrivain.e lorsque son roman Making-of, fraîchement publié, devient un succès. Dix-neuf ans plus tard (rapport de symétrie?), l’auteure, qui réside aujourd’hui à Montréal et y enseigne la création littéraire (UdeM), s’est replongée dans cette première publication. Depuis, elle a publié une dizaine de textes, dont Viande (1999), La méthode Stanislavski (2006), L’écorchée vive (2009), Vérité et amour (2013) et Le nénuphar et l’araignée (2015). Sous-titré « roman noir », Making-of suit les traces du jeune journaliste français Bastien Salamandre dont le mandat est d’interviewer l’obscur cinéaste Caïn Shoeshine, qui semble s’adonner à des pratiques artistiques plus ou moins rassurantes… « Peut-on faire semblant de tuer? » lance la quatrième de couverture. S’il se présente comme un roman « d’images » (Legendre, 2009) et d’ambiances, le livre remet en doute la validité de l’image en exposant la fabrique des performances. Petite incursion dans les coulisses de Making-of par l’entremise de quelques questions adressées à Claire Legendre.    À mes yeux, Making-of pose un regard assez développé sur la …

Entrevue avec Sara Lazzaroni : Dans le coffret littéraire d’octobre

Avec nos coffrets littéraires, on essaie tout le temps d’offrir la meilleure expérience de lecture possible, outre la lecture du roman. Alors que le choix d’aimer un livre ou non est très personnel, on croit que la valeur et les thèmes d’un livre peuvent être perçus et compris, que vous aillez apprécié votre lecture ou pas. C’est pourquoi nous essayons – et avons presque toujours réussi- à avoir une entrevue avec l’auteur-e du roman du mois, question d’entrer dans l’intimité du roman, de l’auteur-e et mieux en comprendre l’écriture et les motivations. En octobre 2016, nous avions choisi Okanagan, de Sara Lazzaroni. Dans ce bouquin, un souffle puissant nous rappelle de vivre intensément, d’oser, de croire en soi, de partir en voyage et de nous aimer par-dessus tout. Sara Lazzaroni a aussi une plume des plus poétiques et jolies qui soient, donc laissez-vous entraîner dans ce voyage initiatique à travers l’Ouest canadien, où la cueillette de cerises devient prétexte à se découvrir et à s’émanciper. Voici l’entrevue que nous avions réalisée avec la généreuse Sara. …

Entrevue avec Mélissa Verreault

C’est bien fébrile que je me rendais dans un café de la Petite Italie, en milieu de semaine, pour y rencontrer l’auteure Mélissa Verreault. Lieu qui n’a pas été choisi par hasard, d’ailleurs : le dernier roman de Mélissa, Les voies de la disparition, se déroule en partie dans l’Italie des années 1980, alors que survient ce que l’on nommera l’attentat de Bologne. En partie, dis-je bien, car ce n’est qu’une des voies de la disparition que l’auteure a choisi d’exploiter. On a donc parlé de tout ça, et de bien d’autres choses, et ma nervosité s’est rapidement éclipsée tant j’étais fascinée par cette femme éloquente, drôle et intéressante. Téteuse, oui, oui, mais c’est ce que j’ai avoué d’emblée à Mélissa : son roman est une grande réussite. On y plonge sans s’arrêter, à l’image de cette entrevue que j’aurais voulu faire durer toute la journée. En m’asseyant, je lui ai aussi avoué que je n’avais pas lu son roman précédent, L’Angoisse du poisson rouge. « Pas besoin! », me dit-elle. Mais pourquoi avoir repris les mêmes personnages, alors? …

Entrevue avec Geneviève Drolet, auteure du Guide des saunas nordiques

Entrevue paru préalablement dans le cahier du coffret mai 2016 Geneviève Drolet, auteure du Guide des saunas nordiques, a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions, histoire d’en connaître un peu plus sur son roman, les thématiques abordées et son processus de création. Pourquoi les saunas? Ils sont au coeur du roman, non seulement de manière physique, mais semblent aussi être la figure dans laquelle se transpose tout « l’espoir de mieux-être » d’Emelyne. En tant qu’adepte des saunas, j’ai réalisé que peu de personnes connaissaient cet univers ici, au Québec. J’ai eu envie de partager cette passion. Ensuite, en faisant mes recherches, j’ai réalisé qu’il y avait cette allégorie intéressante avec la naissance, la renaissance et j’avais envie de creuser dans cette direction et d’explorer l’avenue de la maternité et de l’ambivalence qu’elle peut créer chez la femme. Les liens avec la toile d’araignée traversent le roman, jusqu’aux dernières lignes de celui-ci. On trouve que cette métaphore est puissante et qu’elle permet, une fois le roman terminé, d’y jeter un nouveau regard. Pourquoi était-ce …