Littérature jeunesse
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Tant que nous sommes vivants, conte moderne tendre et captivant

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J’ai reçu Tant que nous sommes vivants en cadeau de Noël. Malgré que le roman soit classé dans la section jeunesse chez Gallimard, on m’a assuré que l’histoire n’était toutefois pas enfantine. J’ai d’abord été intriguée par la couverture; les dessins représentent quelques intrigues de l’histoire et piquent juste assez notre curiosité pour nous donner envie d’y plonger.

Je ne m’étais pas fait beaucoup d’attentes avant d’en commencer la lecture, j’ai préféré me laisser absorber dans l’histoire sans attente ni jugement et je crois que c’est pour cela que j’ai finalement autant apprécié ce livre.

Selon la quatrième de couverture, Anne-Laure Bondoux décrit son oeuvre comme un conte moderne rare, puissant et hypnotique. L’histoire d’une grande aventure de deux amoureux qui devront traverser un périple unique pour faire survivre leur amour.

L’histoire de Bo et Hama

Tout commence dans une petite ville ouvrière quelque part dans un pays en guerre et en pleine crise économique. Les emplois sont rares, et l’usine est l’unique moteur des environs. Bo y travaille de jour; Hama, de nuit. Ils se croisent au changement de quart de travail pour quelques minutes, puis passent tous leurs dimanches ensemble. Leur amour n’est fait que de courts moments presque volés, mais survit malgré tout jusqu’à la conception d’un enfant.

Une tragédie survient, l’usine est détruite et le couple n’a pas le choix de fuir ce qu’il a toujours connu. Il s’enfonce dans la nature sauvage, croise d’autres villes en ruines et trouve finalement refuge dans une série de cavernes creusées jusqu’aux entrailles de la terre, habitées par une ribambelle de frères et sœurs à la peau verdâtre et au cœur sur la main. En sécurité, Hama et Bo s’y bâtissent un quotidien rythmé par les saisons, calmes et entourés de leurs nouveaux amis. Hama finira même par y donner naissance à Tsell, leur fille, et à l’élever.

Encore une fois, une tragédie survient et le couple n’a pas le choix de quitter les cavernes avec Tsell, là où leur histoire prendra un nouveau tournant. Tsell rencontre un jeune soldat de 13 ans, Vigg, qui l’aide à retracer son passé et à comprendre toute la route qu’ont parcourue ses parents pour en arriver jusque-là.

« Il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue. »

Cette citation est au cœur de l’histoire. Bo et Hama sont constamment émiettés par la vie, perdant à chaque étape un peu plus d’eux-mêmes. C’est avec une certaine tristesse que nous assistons à leur lutte et à leurs pertes, mais nous ne pouvons qu’être inspirés par leur résilience et leur force de caractère. J’ai particulièrement été touchée par le personnage de Hama, une femme forte qui, malgré ses cauchemars et ses peurs, ne se laisse jamais abattre. Tsell, sa fille, hérite sans contredit de son côté aventureux, de son courage et de sa détermination.

Ombre et lumière

J’ai particulièrement aimé l’ambiance dans laquelle baigne toute l’histoire. Les décors à la frontière entre le réalisme et la fable, avec des personnages humains aux caractéristiques extraordinaires. Parmi mes préférés : les petits habitants des grottes, hauts comme trois pommes à la peau verdâtre et aux prénoms numériques attribués selon leur ordre de naissance. Ils apportent une touche humoristique et font le pont entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Le village d’origine de Bo et Hama n’a pas de nom, pas même de location géographique précise; il m’évoque n’importe quelle ville ouvrière de l’entre-deux guerres, avec une usine noircie par la pollution, des maisons abîmées par les attaques et des citoyens fatigués, mais remplis d’humanité et, surtout, d’espoir.

Tout au long de l’histoire, il plane quelque chose de mystique, preuve d’une grande imagination de la part de l’autrice, ce qui nous permet de voyager dans un univers totalement rafraîchissant. Dans un quotidien bombardé de productions américaines basées sur un modèle similaire, j’ai aimé m’évader dans une fable imprévisible, émouvante et grandiose. Je n’avais pas plongé dans une histoire du genre depuis très longtemps et, honnêtement, ça m’a fait du bien.

Je comprends pourquoi Gallimard le considère comme un livre jeunesse, mais je crois que ça ne devrait pas décourager quiconque de vouloir le lire!

Et vous, aimez-vous les contes modernes? Seriez-vous intéressés à découvrir l’histoire de Bo et Hama?

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