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Tant que nous sommes vivants, conte moderne tendre et captivant

J’ai reçu Tant que nous sommes vivants en cadeau de Noël. Malgré que le roman soit classé dans la section jeunesse chez Gallimard, on m’a assuré que l’histoire n’était toutefois pas enfantine. J’ai d’abord été intriguée par la couverture; les dessins représentent quelques intrigues de l’histoire et piquent juste assez notre curiosité pour nous donner envie d’y plonger. Je ne m’étais pas fait beaucoup d’attentes avant d’en commencer la lecture, j’ai préféré me laisser absorber dans l’histoire sans attente ni jugement et je crois que c’est pour cela que j’ai finalement autant apprécié ce livre. Selon la quatrième de couverture, Anne-Laure Bondoux décrit son oeuvre comme un conte moderne rare, puissant et hypnotique. L’histoire d’une grande aventure de deux amoureux qui devront traverser un périple unique pour faire survivre leur amour. L’histoire de Bo et Hama Tout commence dans une petite ville ouvrière quelque part dans un pays en guerre et en pleine crise économique. Les emplois sont rares, et l’usine est l’unique moteur des environs. Bo y travaille de jour; Hama, de nuit. Ils se croisent …

Feue d’Ariane Lessard : des personnages brisés dans un village aux multiples secrets

Bien avant la sortie de Feue d’Ariane Lessard, ce qu’on en disait était déjà prometteur. Je me suis alors lancée dans cette lecture, dans cette histoire complexe, mais finement ficelée par l’autrice. Ce roman a quelque chose de particulier dans la mesure où nous avons accès à des voix diverses émettant leurs propres opinions et perceptions, voire des mensonges. C’est en poursuivant la lecture que des précisions, des souvenirs et des témoignages nous permettent de répondre à certaines de nos interrogations ainsi que celles des personnages eux-mêmes. Nous découvrons ainsi des narrations distinctes adaptées en fonction des personnages tels que Virginia, cette jeune adolescente énigmatique, qui aurait hérité de la folie de sa mère Vanessa, personnage tout aussi sibyllin, dont les secrets l’entourant tiennent bon, restent quasi intacts, jusqu’à la fin. La présence et la non-présence de Vanessa, son caractère presque fantomatique, ainsi que les nombreuses ellipses qui parsèment l’histoire confient au roman l’allure du conte et soulignent au passage l’originalité de l’œuvre chorale d’Ariane Lessard. Un village consumé Les personnages sont tous liés d’une …

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Sentiers littéraires pour enfants

Je cherchais un titre à donner à mon article. Habituellement, je le trouve toujours à la fin, lorsque tout est écrit. J’essaie qu’il donne le ton à mes propos, qu’il soit accrocheur. Cette fois-ci, pourtant − peut-être parce que je n’avais pas écrit d’article de l’été − j’avais envie de le trouver avant d’écrire, comme pour me donner un élan d’inspiration.  Puis, ça m’a frappé : le nom du site dont je voulais parler, Sentiers littéraires pour enfants, était suffisamment évocateur comme ça.  Sentiers. Il me semble que le mot lui-même invite à la découverte. Une découverte non pas en terrain inconnu, mais plutôt le long d’un chemin que d’autres ont déjà foulé, pour en faciliter le passage…  Deux mille oeuvres de fiction et documentaires pour enfants de 0 à 12 ans. Le site existe depuis 2008. Il s’agit d’une importante sélection de littérature jeunesse francophone récente, provenant de plusieurs maisons d’édition québécoises et étrangères et destinée à tous les éducateurs, parents et adultes reconnaissant le pouvoir de la littérature dans le développement des enfants.  Plus qu’un simple …

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Jane Eyre : un conte de fées réinventé

Mal du pays, morosité, panne de lecture, voilà ce que je vivais quand je me suis plongée dans l’Angleterre victorienne de Jane Eyre. Jane Eyre est une jeune orpheline qui vit chez sa tante. Détestée par cette dernière, tyrannisée par son cousin, elle est envoyée dans un pensionnat dirigé par un pasteur qui aime humilier les élèves. Dans cet établissement, Jane Eyre connaît la faim, le froid et la maladie. Elle en retire tout de même une solide éducation qui lui permettra de se trouver un poste de gouvernante dans un riche manoir anglais. Elle tombe amoureuse du propriétaire, Edward Rochester, un homme plutôt laid et taciturne, mais brillant et cultivé. Ses sentiments s’avèrent être réciproques et voilà l’occasion idéale pour Jane Eyre, la petite orpheline sans avenir, de s’élever socialement, de se soustraire à sa condition et de trouver fortune. Conte de fées renversé : un modèle différent « Quand vous êtes venues à moi, dans Hay Lane, hier soir, j’ai pensé sans raison à des contes de fées, et j’ai bien failli me demander si …

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Il était une fois… un atelier sur le conte

« Papa, raconte-moi une histoire » : souvenirs d’enfance Mon père était un conteur extraordinaire qui brisait l’ennui des longs voyages en voiture et des étés pluvieux au chalet. Mythologies grecques, contes populaires adaptés et revisités ou épopées merveilleuses de son cru faisaient partie de son répertoire. Ma sœur et moi étions bon public et en redemandions sans cesse. Nous voulions entendre et réentendre ces histoires merveilleuses. Cette littérature orale, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance, a en partie construit mon identité et m’a amenée à la littérature. J’ai d’ailleurs commencé à lire sur le tard. Ces histoires me suffisaient avant qu’arrive le moment fatidique où on doit s’émanciper de l’enfance pour traverser la période douloureuse de l’adolescence. Les histoires de mon père se sont perdues dans les reliques du passé. Et, après avoir résisté, j’ai dû réapprendre à lire pour retrouver ce sentiment d’évasion unique que procure la fiction. Quand je repense à cette époque, aux origines de mon intérêt pour la littérature, je me questionne sur la place de l’oralité dans les œuvres …

Toutes ces vagues qui passent

La mer… Celle de Trenet, celle des îles perdues ou des pays submergés. Celle de mes premières vacances, celle de mon premier voyage en solo, celle où je tente à chaque occasion d’écrire le courant de ma vie. 

Ce sentiment étrange qu’elle nous inspire, la mer. À chaque moment où nous la retrouvons, nous sommes subitement plongés dans un état de nostalgie totale et d’émerveillement. Car si la mer s’offre à nous plusieurs fois dans une vie, notre perception de celle-ci peut changer selon le lieu où nous la redécouvrons. Elle définit à la fois notre rapport au temps et à notre culture. La mer, c’est cette sensation sans égale, cette vague d’amour et de peur qui nous brusque et réussit à nous calmer en même temps. C’est le plus beau spectacle qui s’offre à nous d’une certaine part, mais aussi le spectacle auquel autant de gens différents peuvent assister. Elle est l’hôte de nos vies. Habité par la tristesse de l’hiver et de tous les maux qui peuvent l’accompagner, j’ai été prise en charge par …

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Conte corporel: Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy

Il était une fois un récit dans lequel il est difficile de plonger. Les phrases débordent, c’est dense, on ne sait pas par quel bout le prendre. Puis, petit à petit, l’univers s’éclaircit, il nous habite et ses personnages nous intriguent. Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy entre sous notre peau: qu’adviendra-t-il de la famille Borya et de la petite Mie, 12 ans, qui veut que son oncle Osip lui montre «comment on fait le sexe des humains»? De sa mère, Noé, qui demeure dans la cabane, loin d’eux et du phare? Que fera ce clan qui habite à 8 heures du village le plus près? Le corps (brut) des femmes L’histoire est parfois difficile; les deux frères du clan, Osip et Sevastian-Benedikt, «prennent» Noé quand ça leur plaît, comme un objet qui ne sert qu’à satisfaire leur appétit sexuel. De ces relations sans consentement sont nés trois enfants, dont Mie, l’aînée. Noé devient le corps d’une bête, comme ceux qu’emprunte Mie. Car la dimension de conte entre en jeu ici, quand la petite fille nous …

Là où la mer commence : l’histoire de Maybel et la Bête

J’étais adolescente, avide de récits marquants, d’héroïnes fortes et d’histoires romantiques. J’avais déjà lu la plus grande partie de l’oeuvre de Dominique Demers, savouré Ta voix dans la nuit, Marie-Tempête, Maïna. Puis, j’ai enfin lu Là où la mer commence, un récit entremêlant le conte et le roman pour adolescents, et c’est, depuis ce temps, resté mon roman préféré de cette auteure prolifique. « Et si la Belle et la Bête avaient vécu en terre québécoise au XIXe siècle?… » Cette phrase, que l’on retrouve sur la quatrième de couverture, nous met la puce à l’oreille. Le célèbre conte, désormais dans les mains magiques de l’auteure Dominique Demers, se transforme en une belle histoire aux saveurs de liberté, d’air marin et de folles tempêtes. Le roman met en scène la jeune Maybel, fougueuse, lumineuse et indomptable, qui va à la rencontre du mystérieux William, défiguré, solitaire. Les deux apprendront à se connaître et s’aimeront, malgré les obstacles et les désaccords qui fusent autour d’eux. Il lui fera découvrir les merveilles de la nature, puis celles de la lecture. …

L’hiver, hier : un peu de fraîcheur d’antan

  Il ne fait pas si chaud, mais il y a un soleil de plomb à Montréal. J’ai troqué les bottes Sorel contre mes Converse poids-plume et c’est la journée parfaite pour instagramer #sansfiltre le printemps qui vient d’arriver. Pourtant, lire L’hiver, hier de Michel Garneau m’a quasiment rendue nostalgique des vrais gros bancs de neige de campagne. Et ce, malgré l’hiver québécois qui finit toujours par exceller à s’étirer. Avec L’hiver, hier, Michel Garneau nous ramène dans le temps en grosse motoneige (à hublots!) de Bombardier. On se retrouve à « Saint-Quelquechose-des-Hauteurs », année 1958, époque où Maurice Richard est nommé athlète de l’année, où Camilien Houde est décédé et où les Canadiens de Montréal remportent la Coupe Stanley. Une grosse année au Québec. Il y a déjà près de 60 ans, mais c’est un peu hier en même temps. J’ai pris plaisir à me raconter ce livre à voix haute. Une histoire vécue de l’auteur qui, alors qu’il avait 18 ans, va passer les Fêtes dans la famille de sa fiancée de l’époque, âgée de …

Chronique « Écrire l’indicible »: Les Sangs d’Audrée Wilhelmy, le conte de Barbe Bleue revisité

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire. On connaît toutes, du moins presque, le conte de Barbe Bleue. Cette histoire de Charles Perreault est assez lugubre si l’on considère que les contes s’adressaient souvent aux enfants, à cette époque. L’homme, d’une laideur horrible, est voué à l’échec auprès des dames et on sait ce qui est arrivé à celles qui ont osé se lier à lui… Audrée Wilhelmy, dans sa réécriture du conte de Perreault, offre une version toute aussi sinistre. C’est la réédition de son roman Les Sangs (initialement publié chez Leméac en 2013) aux éditions Grasset en mars 2015 qui m’a invitée à lire cette œuvre. Comme il s’agit d’une adaptation, je qualifierais son roman de «Barbe Bleue nouveau genre»; tous les éléments du conte de Perreault sont présents, mais modifiés. Nous retrouvons des femmes, sept femmes, desquelles nous connaîtrons l’histoire à travers leur propre écriture. En …