All posts tagged: anxieuse

Chroniques d’une anxieuse : les sautes

Belle journée qui s’annonce : le ciel est d’un bleu magnifique, le soleil laisse entrer, par la fenêtre du salon et de la cuisine, ses doux rayons qui semblent glisser sur le plancher de bois. Et, aujourd’hui, c’est ma journée de congé. Quoi demander de mieux? Je peux enfin me reposer, rester en pyjama, garder mon chignon ébouriffé et faire tout ce que je veux. TOUT. Je me prépare des œufs miroirs avec des toasts à la confiture de fraises. Mon copain se lève, il s’avance vers moi avec ses yeux mi-clos et me donne un baiser sur la joue. Il est pressé, il doit aller travailler dans une heure à peine. Il se dépêche, prend une douche et part à la course. Je lui crie : « bonne journée ». Enfin seule. Je décide de mettre la trame-sonore de Pulp Fiction et de me prendre pour Mia Wallace qui danse sur un air de Chuck Berry. « Ladies and gentlemen, now the moment you’ve been waiting for : the world famous Jack Rabbit Slims Twist Contest! ». …

Chroniques d’une anxieuse : rêveries

Je rêve de tranquillité. J’aimerais enfourcher ma bicyclette volante et partir loin de tout, loin des angoisses, des peurs, de l’automne qui commence, des gens trop pressés, des gens qui n’acceptent pas la différence, des enfants qui crient trop fort dans les bibliothèques et des femmes égoïstes qui laissent leur sac à main sur le banc de l’autobus lorsqu’il y a des dizaines de passagers debout. Excusez-moi, est-ce que je pourrais m’asseoir ici? J’ai le droit à un air bête. Elle se tourne vers la fenêtre de l’autobus et regarde à l’extérieur. Et moi, je rage de l’intérieur. Ça ne se finira pas comme ça! Oh que non. Je prends son sac et le lance sur ses jambes. Elle me regarde, ahurie. Je m’assieds et je lui fais, à mon tour, un air bête. En fait, ce n’est pas vrai. J’ai menti. La situation ne s’est pas vraiment déroulée de cette manière. J’ai plutôt continué à rager de l’intérieur et essayé de lui jeter un mauvais sort en répétant dans ma tête les formules magiques …

Chroniques d’une anxieuse : la rentrée

Toute petite, chaque année c’était inévitable, la veille de la première journée d’école, je saignais du nez. Ma mère me renversait la tête par en arrière, me plaçait un mouchoir sous les narines et je fixais le plafond durant de longues minutes. La rentrée était synonyme, pour moi, d’une belle et merveilleuse semaine d’insomnie où je cauchemardais, tournoyais dans mon lit terrorisée à l’idée de voir de nouveaux visages, d’avoir de nouveaux professeurs, de nouvelles matières à apprendre et de nouveaux examens à faire… Souvent, je me réveillais en sursaut, la tête qui m’élançait, après avoir cru que mon cadran n’avait pas sonné et que j’étais en retard pour mon premier cours. Mais il me restait, bien évidemment, trois heures à dormir que je gaspillais, bien entendu, à fixer encore une fois mon plafond (ah ce fameux plafond!). En vieillissant, mon cas ne s’est pas vraiment amélioré ou, en tout cas, la seule différence était que je ne saignais plus du nez, mais que de très jolies plaques rouges couvraient, de façon très esthétique, mon …