Auteur : Alexandra Girard

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Les peurs : 4 albums jeunesse pour les aborder en toute simplicité

Cet été, un de mes plus grands rêves s’est enfin réalisé : travailler dans une bibliothèque (la plus belle à part de t’ça!). J’étais aux anges, je touchais le ciel de mes longs bras et des palpitations de bonheur m’ont parcourue toute entière lorsque mes collègues m’ont demandé d’élaborer une heure du conte. Imaginez la joie : quand j’étais petite, j’adorais aller aux heures du conte et, maintenant, c’est moi qui allais les faire! Wô. J’étais libre de choisir les livres, la thématique et la formule. Toutefois, malgré cette latitude, je ne vous cacherai pas que l’angoisse me tenaillait juste à imaginer un groupe d’enfants, leurs yeux rivés sur moi, mes mains tremblantes tenant un livre et ma voix chevrotante incapable de lire comme du monde. J’étais terrorisée à échouer ce rêve tant désiré. Un éclair de génie m’a alors traversé : pourquoi ne pas faire une heure du conte sur les peurs? Lire des albums jeunesse qui abordent toutes sortes d’angoisses pendant que je tente de vaincre l’anxiété de prendre parole devant un groupe …

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La meilleure des vies : de l’importance de l’échec

La meilleure des vies ne pouvait mieux tomber dans mon existence, à quelques semaines près de la fin de mon parcours académique. Je ne vous cacherai pas que j’ai d’abord été attirée par ce livre puisque j’y voyais le nom de J.K. Rowling sur la couverture, autrice de la fameuse série Harry Potter et à qui je dois de nombreuses journées de mon enfance étalée sur la pelouse à me perdre dans un monde magique et extraordinaire. Ici, il ne s’agit pas d’un roman, mais bien d’un discours que Rowling aurait prononcé en 2008 dans le cadre de la cérémonie des diplômes à Harvard. Dix ans plus tard, il a été traduit en français dans la plus grande des beautés. Présentement en train de terminer ma maîtrise, un de mes plus grands rêves est enfin à ma portée : devenir bibliothécaire. Je suis si près du but. Toutefois, je ne sais plus où donner de la tête entre un stage palpitant mais non-rémunéré, un rapport à rédiger, un oral et des tonnes de travaux à accomplir …

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Chroniques d’une anxieuse : ils disent

Ils disent que mon sens de survie est plus accru que la moyenne des gens. J’suis toujours en panique. Prête à sacrer une volée. À casser des yeules. Prête à prendre la fuite. Comme si le danger se trouvait à chaque tournant. En prenant ma pression artérielle, ma médecin de famille m’a dit : « ben voyons donc, calme toi, on dirait qu’un ours te court après! ». C’est peut-être son sarrau blanc qui m’inspirait pas confiance. Ou que j’avais la chienne qu’elle me trouve un cancer. Mais mon pouls disait que j’étais prête à courir le marathon, drette là. Et je savais pas comment faire pour le slow down un peu. J’avais l’impression qu’à force de me démener comme une malade, mon cœur allait lâcher. Qu’il allait me laisser tomber dans le métro à force d’imaginer que tout était sur le point d’exploser. Que c’était pas bon pour ma santé d’être sur le qui-vive de même en attente d’une catastrophe-pas-belle-qui-fait-revoler-des-affaires-avec-des-explosions-pis-toutte. Une catastrophe qui me priverait de tout. Pas de break, jamais. Ils disent que …

Visite libre : À la découverte de la bibliothèque du Parlement

  Cet été, j’ai décidé avec ma meilleure chum d’aller à Ottawa. L’idée m’est venue parce que je n’avais tout simplement jamais visité cette jolie ville qui est pourtant seulement à deux heures de Montréal. Après avoir réservé un Amigo Express qui allait nous permettre de nous rendre dans une autre province en une journée en écoutant du Adèle dans l’tapis, je me suis attelée à faire un beau tableau Pinterest sur la capitale du Canada. C’est à ce moment que j’ai découvert toutes les petites merveilles qui nous attendaient : le Byward Market avec ses pubs irlandais, ses marchands sympathiques et ses restaurants de smoothies et de bagels délicieux, le Musée des beaux-arts du Canada avec la fameuse « Maman » de Louise Bourgeois à son entrée (et ses couloirs infinis de tableaux de peintres impressionnistes) et le canal Rideau, bien sûr. Puisque j’étudie pour être bibliothécaire, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder les bibliothèques qu’on pourrait visiter, sachant qu’Ottawa abrite la Bibliothèque nationale du Canada (et sûrement plein d’autres belles places remplies de bouquins). Mon …

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Un ami lumineux : le plaisir de s’illuminer par la tête

On dirait que tout ce que touche Simon Boulerice se transforme en petits – grands – bijoux littéraires. Je suis certaine qu’il y en a plusieurs qui seront d’accord avec moi. Même si j’ai laissé tomber le projet (à mon grand désarroi) d’être à jour au niveau de toutes ses parutions (cet auteur est si prolifique que ça dépasse l’entendement!), à chaque fois qu’un de ses livres se retrouve dans mes mains, son univers m’enchante à coup sûr. Ça a été le cas, encore une fois, avec Un ami lumineux, album jeunesse paru à La courte échelle en avril 2017, dont les illustrations sensibles et délicates sont signées par Marilyn Faucher. L’histoire est en tout point craquante. Ludo doit maintenant vivre à la fois dans une maison à la campagne avec sa mère et dans un appartement en ville avec son père, car ses parents se sont depuis peu séparés. Et « il n’y a rien à faire, leur amour s’est éteint. Parce que l’amour, c’est comme un feu ». Malheureusement, Ludo n’aime pas vraiment …

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Cartes : un atlas jeunesse pour découvrir le monde

C’est en travaillant en librairie que j’ai pu me plonger dans l’univers des atlas jeunesse. Un monde infini que je ne connaissais que très peu venait de s’ouvrir à moi. C’est une de mes collègues qui m’a montré — sur un plateau d’argent, avec un jet de lumière éblouissant et un alléluia victorieux — le très magnifique atlas Cartes : voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde de Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski, auteurs polonais. Mon cœur a bondi lorsque je l’ai aperçu. Ce grand livre était parfait en tout point. Je ne pouvais m’arrêter de l’usurper, en me faufilant dans la section jeunesse de la librairie quand un temps mort me le permettait, afin de le feuilleter avec ravissement. Ce livre bleu me fascinait. Destiné à un jeune public, Cartes présente plusieurs pays de tous les continents, cartographiés à l’ancienne, à la manière des cartes des grands explorateurs d’autrefois. Chaque page est ornée d’illustrations minutieuses, détaillées et naïves qui désignent à tout coup une particularité du pays présenté. On y découvre les attractions principales, …

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Chroniques d’une anxieuse : À toi, cher monsieur déplacé de la librairie

À toi, cher monsieur déplacé de la librairie, Apparemment que mes sourires et mes bonjours polis t’ont turné on. Apparemment que tu comprends pas que ce ne sont pas des avances. T’as comme pas catché que je fais juste ma job et que ça fait partie de mon travail de te sourire même si j’en n’ai pas envie. Sorry, mais cette journée-là, je t’aurais plus pitché un livre dans face que de te sourire à pleines dents. Mais je faisais ma job. J’étais une femme en train de faire son travail, tu vois. Je n’ai aucunement demandé à ce que tu me considères comme une pièce de viande prise dans son enclos à la caisse. Comme si je n’existais que pour le plaisir de tes yeux. Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été un homme tu ne m’aurais pas dit des propos déplacés concernant ta libido. Mais pour toi c’était une blague, c’est ce que tu as dit, comme si je m’insurgeais pour rien. C’était juste une blague d’insinuer que malgré tes …

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Chroniques d’une anxieuse : je voulais être de toutes les couleurs

Je n’avais pas été capable de sortir de ma chambre jaune et bleue. Ma meilleure amie m’avait dit que la gang se donnait rendez-vous dans un parc pas loin de chez nous pour engloutir quelques bières. Je souhaitais juste m’engourdir un peu pour être à l’aise avant de les retrouver, mais j’ai dérapé toute seule. Le ciel s’était obscurci, il faisait nuit et j’avais le visage boursouflé d’avoir trop pleuré. J’étais étendue dans mon lit les yeux rivés sur le ciel qui bougeait trop vite. Les nuages noirs dépassaient la lune et moi j’avais la tête qui tournait. Ça tournait à cent miles à l’heure. Ça tournait dans tous les sens. J’avais bu la moitié de la bouteille de rhum de mes parents. J’avais 15 ans. Les premières gorgées avaient lentement glissé en moi. Engourdir mes pensées pour mieux les supporter, c’était tout ce que je voulais. Ça fonctionnait, mais seulement pour quelques instants. Après je ne savais plus quand m’arrêter, plus où se situait la limite du tu-t’enlignes-pour-vomir-dans-la-cuvette-toute-la-nuit. De toute façon je la franchissais …

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Bordeline : pour se sentir moins seul.e avec sa folie

Folle. J’ai eu peur de l’être, souvent. Trop longtemps, j’ai eu l’impression de l’être vraiment, aussi. C’est douloureux pour la tête et les émotions quand le mot te traverse de bord en bord. Ça transperce, fort. Ça te balance en bas de ta chaise. Ça te fait pleurer en p’tite boule dans les couvertes, le cœur serré. Ce mot-là il est resté ancré en moi comme une cicatrice qui n’a jamais voulu s’effacer. Il revenait à la charge, toujours. Folle. Je suis folle. Je suis crissement folle. Mes instants de paranoïa, mes délires non-justifiés, mon humeur changeante, mes états dépressifs, ça en faisait trop, je me disais : j’suis pas normale. Tout le temps. Ça revenait à la charge, encore. Une p’tite crotte abandonnée sur le bord de la route. Une guenille sale qu’on a oubliée dans le fond de l’évier. Un lapin dans sa cage qu’on n’a pas lavé depuis des jours. Je croyais être seule au monde. Un jour j’en ai parlé à un psy, puis à des ami.e.s et à ma famille. J’ai …

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Chroniques d’une anxieuse : ma petite peur de l’échec

J’me souviens encore du seul et unique examen que j’ai coulé. J’étais en cinquième année. C’était un test sur les divisions. Un test surprise. Quand madame Diane avait lancé avec un p’tit sourire narquois qu’on serait évalué là, maintenant, tout de suite, sur ce qu’elle nous avait enseigné la veille, j’ai buggué. Les autres soupiraient. Les autres tappaient du crayon nerveusement. Mais moi. J’ai buggué. Beaucoup. J’ai cru que le monde s’effondrait. J’étais pas préparée. D’habitude, j’étudiais, me pratiquais jusqu’à temps que ce soit ancré en moi comme si je l’avais toujours su. Comme si j’étais née en sachant diviser des nombres compliqués. Mais là, je ne pouvais pas, j’étais impuissante, je n’étais pas prête, je ne me souvenais de rien. Les mains moites. Le pied droit nerveux. Les yeux pleins d’eau. La prof qui passait d’un pupitre à l’autre en s’assurant de déposer face contre table le bout de papier qui me faisait trembler l’intérieur. Elle est arrivée à mon pupitre. Elle a déposé le test devant moi. Elle a dit : dans 4, 3, …