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La memoria, cette boule dure dans la poitrine

Une rencontre inespérée Je suis tombée sur toi dans un lieu pas sexy pantoute. En plein magasin Renaissance, je fouinais dans les Tupperwares à bas prix et les assiettes vintage. Fidèle à mes habitudes, j’ai bifurqué vers les livres, parce que même si j’en ai plein à lire, on ne sait jamais quel bijou on peut trouver. Tu es apparue, La memoria de Louise Dupré. Quelques lignes et j’étais conquise. On t’a octroyé le Prix de la Société des écrivains canadiens 1996, le prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec 1997 et le Prix Femme de mérite YWCA 1998. Mais moi je m’en balance, les mots de Danielle Laurin savent toujours me convaincre, alors je t’ai pris contre mon cœur et je t’ai trimballé partout. Je dis que je t’ai trimballé parce que c’est vrai. Je suis plutôt du type à dévorer un livre, mais tu t’es laissé savourer. Parce qu’à chaque chapitre je crois, j’ai dû tout arrêter et relire à voix haute, une phrase juste pour moi. Tes mots, des mots emplis de sens, un …

Virginie Despentes et la catharsis littéraire

Récemment, j’ai lu presque d’un seul coup toute la bibliographie de Virginie Despentes, sans aucun doute mon écrivaine française préférée. En lisant Baise-Moi, Apocalypse bébé, les tomes de Vernon Subutex, Les Jolies Choses, King Kong Théorie, je me sentais littéralement exaltée, submergée par un sentiment puissant et libérateur. C’était un véritable sentiment cathartique. Cathar-quoi? La catharsis, selon le Petit Robert, est une « réaction de libération ou de liquidation d’affects longtemps refoulés dans le subconscient ». Chez les Grecs anciens, la catharsis était le plus souvent véhiculée par le théâtre : les spectateurs se purgeaient de leurs pulsions en voyant les héros tragiques, Œdipe, Antigone, Électre et compagnie, se perdre eux-mêmes dans la libération de leurs affects. À voir les héros tragiques suivre jusqu’au bout leurs passions les plus inavouables et, par le fait même, connaître une fin terrible, les spectateurs n’avaient plus besoin de vivre eux-mêmes ces ardeurs. Ils n’avaient pas besoin de défier l’autorité du roi, de sombrer dans la folie meurtrière — les personnages l’avaient fait à leur place et avaient payé le prix fort …