Bibliothérapie
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La memoria, cette boule dure dans la poitrine

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Une rencontre inespérée

Je suis tombée sur toi dans un lieu pas sexy pantoute. En plein magasin Renaissance, je fouinais dans les Tupperwares à bas prix et les assiettes vintage. Fidèle à mes habitudes, j’ai bifurqué vers les livres, parce que même si j’en ai plein à lire, on ne sait jamais quel bijou on peut trouver. Tu es apparue, La memoria de Louise Dupré. Quelques lignes et j’étais conquise. On t’a octroyé le Prix de la Société des écrivains canadiens 1996, le prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec 1997 et le Prix Femme de mérite YWCA 1998. Mais moi je m’en balance, les mots de Danielle Laurin savent toujours me convaincre, alors je t’ai pris contre mon cœur et je t’ai trimballé partout.

Je dis que je t’ai trimballé parce que c’est vrai. Je suis plutôt du type à dévorer un livre, mais tu t’es laissé savourer. Parce qu’à chaque chapitre je crois, j’ai dû tout arrêter et relire à voix haute, une phrase juste pour moi. Tes mots, des mots emplis de sens, un sens qui me renvoie à mes écorchures.

« À l’intérieur de la poitrine, il y a ce muscle où s’accumulent nos désespoirs, la tape de papa à quatre ans parce qu’on avait brisé un bibelot de porcelaine, la punition qu’on avait reçue injustement à l’école, et puis les échecs, les amitiés déçues. Les chagrins d’amour. Tout cela fait une boule. Une boule dure qui avec le temps pèse de plus en plus lourd et nous empêche de respirer. On a beau dire, c’est le lot de l’humanité dans sa faiblesse, mais personne ne peut nous consoler. Chaque chagrin est le seul au monde. »

Je l’ai dit déjà dans le texte du coffret du mois d’octobre, mais je réitère : ce livre est ma bouée, là maintenant, dans la catharsis qu’il m’a fait vivre. Cette femme, Emma Villeray, ses douleurs, son univers intérieur, ses pensées qu’elle livre à celui qui l’a quittée. Sa prose, comme un collier dont chacune des perles a été choisie avec tant de soin. Un amour des mots, de l’autre. Un mal d’accumulation, de cette vie qui se bâtit sur les ruines de son départ et de la disparition de sa sœur.

Une narration endeuillée

Une grande partie de mon intérêt réside dans cette narration particulière, ce souffle qui navigue entre une histoire et son ressenti.

« Du haut de la montagne, j’ai contemplé la ville et je me suis mise à dériver sur le fleuve, jusqu’au golfe, jusqu’à la mer, jusqu’à cette force obscure qu’il faut pour recommencer. C’était le balancement vivant de la vie, hors des limites et des frontières, hors de la prison du passé. […] Je me suis vue détachée. Je me suis vue ainsi, avec des racines flottantes dans la clarté d’un jour qui avait avalé le temps. »

Le texte se découpe en quatre chants qui fluctuent vers une certaine résilience, un processus qui mène à un mouvement; de l’inertie à une reconstruction. Peut-être que les formulations aident à bien peser l’essence de ce changement, cette guérison qui arrive graduellement avec son lot de questionnements.

C’est un livre lumineux, je n’ai pas fini de le prêter ici et là.

Quel est le dernier livre lu et dont les mots résonnent toujours en vous?

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