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Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard : Quand la passion détruit

Ça raconte Sarah est le premier roman de Pauline Delabroy-Allard, paru à l’automne dernier aux Éditions de Minuit. En quelques mots, c’est l’histoire de la passion qui se développe entre Sarah et la narratrice, une jeune femme qui vivait une vie plutôt rangée jusqu’au jour où elle rencontre Sarah. C’est un roman absolument envoûtant, j’oserais dire un thriller amoureux. On a beaucoup de difficulté à ne pas le terminer une fois qu’on l’a commencé, d’autant que les premiers paragraphes nous engagent dès le départ par un élément intrigant (que je ne vous dévoile pas!) qui fait qu’on se pose des questions presque tout le long de la lecture. Éros et Thanatos Après avoir terminé ma lecture, j’ai tout de suite pensé à Éros et Thanatos. Je suis loin d’être une spécialiste des théories psychanalytiques, mais il me semblait assez évident ici que le roman, divisé en deux parties distinctes, permettait qu’on associe chacune de ces parties à ces deux éléments de la théorie freudienne. L’Éros correspond, chez Freud, à l’ensemble des pulsions de vie, incluant …

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Narration, angoisse et pensées envahissantes

20Hélène Marin, la jeune fille du livre Philippe H. dans l’angle mort de Mylène Fortin, est anxieuse, dépressive et a peur de tout. Même prendre les médicaments pour soigner son trouble anxieux lui fait peur: « Pour comble, l’idée de prendre les médicaments qu’on venait de me prescrire pour lutter contre mon trouble anxieux m’effrayait à peu près autant que celle de ne pas les prendre » (p. 11). Personnalité confuse et paradoxale, Hélène a du mal à gérer son amour pour Philippe H, l’homme de ses rêves, qu’elle qualifie de parfait, mais qu’elle fuit pourtant, en Gaspésie. Entre l’ex-copine qui ressurgit et la difficulté suprême d’écrire son plan de cours d’enseignement, Hélène lutte férocement… contre elle-même. La narration du roman, entrecoupée de pensées, réflexions et discussions d’Hélène avec elle-même, à l’aide de différentes voix, avance au rythme de ce qui se passe dans sa tête. Et ça va vite! Et comme des bulles qui éclatent, comme des fermetures éclair qui bloquent, les pensées d’Hélène, qui dansent et virevoltent à une vitesse effarante, s’arrêtent parfois en rejouant …

Anima, ou la quête pulsionnelle des origines

Il y a quelques années, j’ai visionné le film québécois Incendies, réalisé par Denis Villeneuve. La fin m’a vraiment secouée, car elle m’a forcée à aller ailleurs, dans une zone sombre dont je n’anticipais pas l’existence; j’y pense encore régulièrement, car comme certains d’entre vous le savent déjà, j’adore être bouleversée par l’art. J’ai par la suite appris qu’il s’agissait d’une adaptation de la pièce du même nom, écrite par l’auteur Wajdi Mouawad. N’éprouvant pas vraiment de plaisir à lire du théâtre (je préfère, de loin, assister à une pièce pour en savourer le texte porté par les comédiens), je n’avais jamais été tentée de découvrir les écrits de Mouawad. C’est plutôt quand il a fait paraître le roman Anima, en 2012, que je me suis lancée pour la première fois. « Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme …