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Chroniques d’un cœur vintage: quand la sensibilité se raconte

L’automne est définitivement ma saison préférée, en grande partie grâce à la richesse et à l’effervescence du milieu littéraire et culturel. L’offre est d’une telle abondance; je voudrais tout lire et tout voir! Manque de temps oblige, il faut cependant faire des choix et des compromis qui sont souvent déchirants. Or, cette année, il y avait un spectacle que je ne voulais absolument pas manquer : Chroniques d’un cœur vintage d’Émilie Bibeau, dont j’ai découvert les talents d’autrice au fil de ses présences à l’émission Plus on est de fous, plus on lit. Premier spectacle solo Seule sur scène, Émilie nous donne accès à ses réflexions sur l’amour, l’amitié, la solitude, la curiosité et la sensibilité. Une sensibilité pour ressentir le monde, la capacité d’être émerveillée, enthousiasmée, émotionnée, bref, avoir la sensibilité d’un cœur vintage. Le spectacle est simple; une mise en lecture de textes d’autofiction entrecoupée de monologues où les mots de l’autrice résonnent aux côtés des mots de Dany Laferrière, Colette, Simone de Beauvoir, Cioran et Julian Barnes. Des auteurs qui accompagnent quotidiennement Émilie, …

La fiction et les amitiés éternelles

C’était un après-midi de congé comme un autre. Je devais avoir 14 ou 15 ans et j’étais occupée à je ne sais trop quoi, lorsque le téléphone avait sonné. Au bout du fil, l’une de mes meilleures amies, en pleurs, peinait à prononcer le moindre mot. Inquiète, je l’avais encouragée à me parler, à prendre de grandes inspirations… et elle avait fini par bredouiller quelque chose qui ressemblait à : «Ils sont morts! » Là, je ne vous dis pas à quel point mon estomac avait été chaviré, l’angoisse se répandant d’un seul coup à travers mon corps. Ils étaient morts? Qui? Ses parents? Nos amis? QUI? Je lui avais répété ce seul mot en guise de question, frénétiquement, tendue dans l’attente d’une réponse. Après quelques sanglots bruyants, elle avait gémi : «Nick pis Anne!» L’information s’était frayée un chemin dans ma tête… mais il ne s’était rien passé. Rien. Nick? Anne? C’est qui, ça? Perplexe, soudainement plus confuse qu’angoissée, je lui avais posé la question. Encore un moment de silence entrecoupé de sanglots. Puis, …