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photo du livre fair-play avec plante verte

Fair-play de Tove Jansson, pour la liberté

En février, j’ai eu la chance d’aller au spa pour mon anniversaire. Ce n’est vraiment pas quelque chose que je fais souvent, et pour moi, la journée entière doit servir à se faire plaisir, incluant le choix d’une œuvre littéraire qui correspond à l’ambiance. Je m’étais procuré, à sa sortie, la traduction de Fair-play par La Peuplade, qui combine le travail d’une de mes maisons d’édition préférées et l’œuvre d’une autrice qui m’intrigue. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à m’y intéresser chez Le fil rouge! J’attendais un bon moment pour commencer ma lecture, et cette journée spéciale me semblait toute désignée. Le résumé Voici le résumé de l’éditeur. Si vous suivez ce lien, vous trouverez aussi quelques critiques. « Jonna et Mari partagent leur vie entre leur appartement situé non loin du port de Helsinki, où leurs deux ateliers sont séparés par un grenier commun, et leur maison sur l’île, difficilement accessible lorsque le brouillard se lève. Partenaires bienveillantes et bavardes, les femmes peignent, écrivent, sculptent, filment, se retrouvent pour les pauses-café et …

La crise nocturne

Tous les deux à chacune des extrémités du lit. L’un face au mur, l’autre face au néant. La guerre des sexes avant le sommeil est chose commune chez l’espèce humaine. Comme si nous pensions que le rêve allait nous faire oublier ce moment désagréable que l’on appelle le réel. La femme, elle, ne s’endort pas. Les deux camps savent que c’est un peu leur faute. Les excuses restent coincées dans les bâillements timides qui se forment au fond des gorges sèches. La colère goûte le désert. Puis, il y a l’orgueil. Grande passagère de nos voyages nocturnes avec turbulence. L’apogée du silence arrive à son aboutissement. Un corps nu recroquevillé sur lui-même n’est pas beau dans sa solitude. Accompagné de cette fierté vagabonde, il est exécrable. La femme, elle, réfléchit. Son partenaire ne bronche pas. Elle, plus vulnérable, mais plus boudeuse, se retourne. Elle est maintenant devant l’immensité d’un dos qui s’impose comme l’obstacle. La femme, elle, se souvient. Elle se souvient ces dix jours où l’homme fut parti. Elle revit cette absence comme un …