Auteur : Marika Guilbeault-Brissette

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Portrait d’un être fictif : le cas de Jane Eyre

Malgré tout ce que j’ai lu par le passé, je ne croyais pas, encore aujourd’hui, qu’il était possible qu’un personnage créé en 1847 puisse me paraître à ce point contemporain. Jane Eyre, autant le roman que la protagoniste portant son nom, m’aura amenée à faire ce constat. Sa lecture a suscité chez moi plusieurs questionnements rattachés à l’actualité, notamment en ce qui a trait à l’éducation, au féminisme et à la maladie mentale. Force est de constater que ce roman de Charlotte Brontë est intemporel et qu’il aborde des sujets universels qui traversent les âges. Cette oeuvre pourrait être analysée sous plusieurs angles vu la richesse dont elle regorge, mais j’ai décidé de me pencher plus spécifiquement sur la véritable perle de ces quelque 500 pages, à savoir, le personnage de Jane Eyre elle-même. Détermination et caractère Dès son enfance, Jane se présente comme une jeune fille déterminée, et ce, malgré les nombreuses années qu’elle passe à se faire humilier et maltraiter par son cousin, ses cousines et sa tante. En effet, elle a été …

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Hochelagurls : une poésie coup de poing

J’avais besoin d’un peu de poésie. C’est un manque constant qui me rappelle à la raison le moment venu. Mon choix a été rapide. Sans regret, d’ailleurs. J’ai vu le petit recueil sur le présentoir au Salon du livre. Le titre m’a tout de suite interpellée. Hochelagurls. Je suis de celles-là, habitant le quartier depuis bientôt six ans. Je me suis identifiée, je l’ai pris, j’ai payé et j’ai lu. Avec frénésie, malgré que ce ne soit pas recommandé quand il s’agit de poésie. Je n’ai pas pu arrêter. Audrey Hébert m’excusera. Hochelagurls, c’est une ode au quartier Hochelaga, vous l’aurez compris, mais surtout à ses habitants, souvent venus d’une autre planète. Plus particulièrement, c’est un témoignage poignant sur la sororité entre filles, celles qui ne l’ont pas toujours facile, celles qui partagent leur rien avec toutes, celles qu’on ne peut pas ignorer en raison de la présence bruyante et manifeste. Entendues, peut-être pas comprises. Du moins, Hébert aura su élever leur voix avec sincérité, sans aucun détour, droit au but. Elle le dit elle-même : …

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Quand les femmes racontent leurs monstres et leurs fantômes

On le sait, les auteurs et les autrices du Québec ne sont pas particulièrement reconnus pour la littérature d’horreur. Je suis persuadée qu’un seul nom vous vient en tête dès que vous entendez « littérature d’horreur au Québec », et vous avez raison de penser cela. Patrick Senécal (c’était lui, n’est-ce pas?) a pratiquement l’entièreté de la tribune accordée à ce genre dans notre belle province. En ce sens, nous pourrions donc en conclure que l’une des seules visions (je fais quand même la part des choses) de ce qu’est la littérature de ce genre au Québec est celle décrite par un homme blanc d’une cinquantaine d’années. Nous sommes d’accord? Bon, le problème, ce n’est pas Senécal. J’ai lu la majorité de son oeuvre et je l’ai appréciée plus souvent que le contraire. En réalité, la problématique réside dans le fait que nous ne connaissons pratiquement que cette avenue. Qu’en est-il du regard des femmes? De celles qui sont un peu plus jeunes? Qu’est-ce que l’horreur, le suspense et l’effroi sous une plume québécoise qui …

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Nick Cave à l’état brut

Il n’est pas surprenant de voir Nick Cave se mêler au domaine de la littérature. Sous mon œil, il demeure l’un des plus grands poètes de notre temps. Loin de moi l’idée de relancer le débat sur le prix Nobel de littérature de Bob Dylan, mais il faut appeler un chat un chat: Nick Cave, artiste d’origine australienne ayant un parcours musical impressionnant depuis les années 70, nous a livré certaines des chansons les plus poétiques depuis que l’humain est en mesure de mettre des paroles sur de la musique. Pas besoin de vous dire que je suis vendue. Reconnu pour ses ballades narratives au sein desquelles Cave donne vie à des personnages aux prises avec leurs pulsions et leurs contradictions, il est plutôt aisé de repérer les propres angoisses de l’artiste dissimulées sous sa plume. Créateur multidisciplinaire, il a publié plusieurs recueils de poésie ainsi que quelques romans, en plus de participer à l’écriture de scénarios destinés au cinéma. Bref, tout ce que touche Nick Cave se transforme en or, en art… pour ne …

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L’intemporalité de La Servante écarlate

Il y a de ces livres qui traversent les années et qui laissent dans leur sillage une trace indélébile. Et malgré le passage du temps, les lecteurs et les lectrices se souviennent précieusement de ces histoires qui les ont fait réfléchir et qui les ont marqués d’une façon souvent très personnelle et subjective. Ces personnes, elles sont de tous âges et de tout temps. Elles ont lu les œuvres en question à une époque différente de leur vie, époque qui, sans le savoir, avait parfois elle-même un impact sur la réception. Je fais partie de ces privilégiés. D’une catégorie bien précise, en fait ; celle qui a lu sur le tard une œuvre dont l’essence est toujours encore autant d’actualité, voire davantage aujourd’hui qu’au moment de l’écriture. Une lecture toute fraîche La Servante écarlate de Margaret Atwood est l’exemple par excellence de ce que je tentais d’expliquer dans les lignes qui précèdent. Je vous passe le résumé du roman que vous pouvez d’ailleurs retrouver dans un autre article sur Le fil rouge, intitulé Un petit …

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Lire et acheter avec discernement

Il y a déjà un bon moment qu’une problématique bien précise déclenche en moi des questions morales auxquelles je tente de répondre de façon avisée. Or, malgré mes nombreuses discussions sur le sujet et les multiples divergences d’opinions sur celui-ci, je ne connais toujours pas mon propre point de vue sur la chose. Mon questionnement repose sur la distanciation entre l’auteur et son oeuvre. En d’autres termes, pouvons-nous détacher l’auteur ou l’artiste de sa création? Devons-nous continuer de consommer une oeuvre même si nous ne respectons pas l’artisan derrière le projet en raison de ses comportements ou de ses valeurs? En somme, devrions-nous continuer d’acheter le travail d’un créateur pour notre plaisir personnel en mettant de côté les débats éthiques ou faudrait-il plutôt cesser d’encourager l’oeuvre en la boycottant? Le mouvement #metoo, qui a d’abord vu le jour dans le monde cinématographique, aura grandement contribué à nourrir ma réflexion sur le propos. Cela dit, une situation spécifique au sein de l’univers littéraire est véritablement parvenue à ébranler mes convictions sur le sujet. Voici la courte …

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La lecture de bandes dessinées est-elle moins valorisante que la lecture de romans?

Depuis quelque temps, j’entends un commentaire récurrent qui me titille les oreilles. Il prend la forme suivante : « Je ne lis que des bandes dessinées ces temps-ci, mais ça ne compte pas pour de la lecture. » Ce à quoi je rétorque : « Ah oui? Pourtant, la lecture c’est de la lecture, non? » Je ne comprends pas cette tendance à considérer la lecture de bandes dessinées comme moins valorisante, moins pertinente. Ce genre de propos me donne l’impression que les seules lectures qui valent la peine d’être mentionnées comme telles sont celles issues des grands classiques. Bref, j’entends : « Tu ne lis pas si tu ne lis pas du Proust, du Flaubert ou du Zola. » Évidemment, vous l’avez peut-être déjà compris, je suis totalement en désaccord avec cette façon de penser et je tiens à vous prouver en quoi la lecture de bandes dessinées compte à mes yeux comme de la lecture à part entière. Valoriser la diversité Je ne le dirai jamais assez, s’ouvrir à la diversité est le moyen le plus sûr pour devenir …

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Jouer comme des enfants

J’ai toujours été une raconteuse d’histoires. Lorsque j’étais enfant, j’occupais le plus clair de mon temps à imaginer des mondes et les personnages extraordinaires les peuplant. Je me souviens même avoir utilisé les jeux vidéo pour en détourner l’objectif initial dans l’unique but de réinventer une vie au protagoniste principal. Avec moi, Link vivait de toutes nouvelles aventures sur son île dans Wind Waker. Le plus intéressant dans tout cela, c’est que j’avais déjà un public à l’époque, incarné par mon petit frère. Aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, je me prête encore à ce petit jeu à travers les jeux de rôle.   Comment on écrit une partie de Donjons et Dragons? En fait, c’est assez simple. J’écris une histoire comme j’écrirais un roman. Il y a de courtes descriptions amalgamées à des dialogues. Bien entendu, je dois laisser des trous dans le scénario puisque je ne peux pas prévoir les réponses de mes joueurs. Par conséquent, il m’arrive très souvent de devoir improviser, et ce, même si le texte est écrit depuis plusieurs …

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Renouer avec la bibliothèque

Il y a maintenant près de sept ans que j’habite l’île de Montréal. La principale raison de mon déménagement était de poursuivre mes études à l’université. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point les dernières années ont été particulièrement occupées. D’ailleurs, je vous ai déjà partagé les difficultés que j’éprouvais à lire pour mon divertissement depuis mon entrée aux cycles supérieurs. Dès lors, mes visites à la bibliothèque étaient entièrement consacrées à la recherche d’ouvrages théoriques pour l’avancement de ma rédaction de mémoire. Or, maintenant que le dépôt du monstre a été effectué, j’ai pu recommencer à m’adonner pleinement à la lecture de divertissement. Pour ce faire, je me suis inscrite à la Grande Bibliothèque de Montréal. L’esthétique architecturale J’ai toujours trouvé le bâtiment abritant les milliers de livres d’une grande beauté architecturale. Il dégage toute une prestance avec ses nombreux étages et ses multiples fenêtres. Bien que j’aie davantage l’habitude d’apprécier les architectures anciennes, je trouve que la modernité visuelle de la Grande Bibliothèque colle bien au décor du centre-ville de …

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La fin de mon parcours à la maîtrise

C’est la fin. Il y a maintenant deux ans, presque jour pour jour, je vous faisais part de ma décision de commencer mes études aux cycles supérieurs en études littéraires. Rappelez-vous, je venais de trouver mon directeur de maîtrise, je lisais toute l’oeuvre de Nothomb et je voguais tranquillement sur les eaux tumultueuses de l’esthétique de la laideur. Cela ne vous dit rien? Je vous réfère au texte Un long voyage de solitude : mon parcours à la maîtrise pour vous mettre à jour. En fait, ce que vous êtes en train de lire est la suite. Qu’est-ce qu’il y a en eu du chemin de fait depuis le 7 mars 2016! C’est la fin. Vraiment. Ma date de dépôt est le 4 mai. La vie est bien faite. Le 4 mai, c’est le May the 4th be with you, la journée mondiale de Star Wars. En ce jour de mai, je serai adoubée grande Jedi de la galaxie. Mon entraînement de Padawan sera enfin complété. Un crayon pour sabre laser et la force mentale …