Au-delà des livres
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La crise nocturne

Tous les deux à chacune des extrémités du lit. L’un face au mur, l’autre face au néant. La guerre des sexes avant le sommeil est chose commune chez l’espèce humaine. Comme si nous pensions que le rêve allait nous faire oublier ce moment désagréable que l’on appelle le réel.

La femme, elle, ne s’endort pas.

Les deux camps savent que c’est un peu leur faute. Les excuses restent coincées dans les bâillements timides qui se forment au fond des gorges sèches.

La colère goûte le désert.

Puis, il y a l’orgueil. Grande passagère de nos voyages nocturnes avec turbulence. L’apogée du silence arrive à son aboutissement. Un corps nu recroquevillé sur lui-même n’est pas beau dans sa solitude. Accompagné de cette fierté vagabonde, il est exécrable.

La femme, elle, réfléchit.

Son partenaire ne bronche pas. Elle, plus vulnérable, mais plus boudeuse, se retourne. Elle est maintenant devant l’immensité d’un dos qui s’impose comme l’obstacle.

La femme, elle, se souvient.

Elle se souvient ces dix jours où l’homme fut parti. Elle revit cette absence comme un manque profond. Elle ressent à nouveau la sensation de vide alors que, devant elle, se dresse le plus solide des bâtiments auquel s’accrocher pour faire le plein.

Le femme, elle, pardonne.

Tous les deux sur le bord du nid. L’homme et la femme ne font qu’un. Elle a blotti son menton dans la plus grande courbe de son dos. Elle a synchronisé sa propre respiration à celle de l’être aimé. Puis, elle a posé délicatement le bout de ses lèvres sur la peau fébrile de l’être pardonné.

Dorénavant, lors de la crise d’avant sommeil, la femme se souviendra.

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

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