Au-delà des livres
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Cher Hollywood, tu as tué l’amour

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« Cher Hollywood, tu as tué l’amour, tu l’as mis à mort à coup de papillons et de magie, de premiers regards et de « happy ending[1] » tu as tué l’amour en l’enfermant dans un cercueil d’attentes et de préconçues, tu l’as mis dans une boîte sans lui permettre d’en sortir, une boîte qui ne lui permit de se définir autrement que par ce que tu lui a dit d’être. Tu as tué l’amour sans te salir les mains, tu l’as laissé mourir à travers les regards emplis d’espoir de ceux qui, de leur côté, n’y voyaient pas l’ultime fin, mais bien l’essence de la vie. »

Il est vrai que ce serait un peu facile de mettre uniquement sur le dos d’une industrie tout le poids de mes idéalisations face à l’amour, ce serait aussi un peu hypocrite, puisque j’ai participé activement et consciemment à cette propagande d’amour avec un grand A, qui est omniprésente dans le cinéma, particulièrement dans les mégas productions hollywoodiennes.

Je n’ai rien contre les comédies romantiques, ni contre les films d’amour, non, en fait je les aime. J’aime, pour un moment, vivre dans la procuration de l’amour fabriqué par les personnages, mais comme toute bonne drogue, j’ai toujours vite fini de retomber dans ma réalité. Durant un certain moment, la réalité s’accordait bien à celle des films puisque je ne savais pas ce qu’était, l’amour. Je ne pouvais qu’imaginer les grands gestes, les fleurs, les baisers, les chicanes qui finissent en ébats style « make up sex »[2] , mais ce que je ne pouvais pas imaginer c’était les vagues d’émotions (ou plutôt les tsunamis dans mon cas), les doutes et les incertitudes qui viennent parfois dire bonjour et qu’on redoute autant que les témoins de Jéhovah à notre porte, les attentes qui ne dépassent pas toujours la réalité, surtout quand on a imaginé que la réalité serait celle qu’on construit au montage. Hollywood a tué l’amour parce qu’il sait que la recette facile est celle qui se trouve devant les caméras alors que l’amour, celui de tous les jours, c’est ce qui se passe derrière.

Maintenant que j’y pense, je me dis que j’ai été bien naïve, que c’est peut-être moi qui ai mis à mort l’amour et que Hollywood est le gourou que j’ai religieusement écouté sans me poser les vraies questions, parce que c’était bien plus beau de s’imaginer que ça serait toujours comme dans les films.

Ce n’est pas que je ne crois pas en l’amour, loin de là, c’est qu’en le vivant moi-même, j’ai pris conscience que, bien que l’amour nous tombe parfois dessus sans crier garde et que pour le préserver il faut travailler, il faut faire le choix quotidien d’aimer et ça, les films nous le montrent rarement. Avec le temps j’ai réalisé que c’est bien plus beau, et bien plus vrai de vivre l’amour dont les mauvaises scènes ne sont pas coupées au montage, celui dont on est conscient, celui qu’on choisi de vivre, avec ces hauts et ces bas, avec des histoires qui vont bien et d’autres qui ne vont plus, j’aime mieux cultiver l’amour que le consommer.

Ceci étant dit, les films d’amour ne sont pas tous des amas de clichés et d’histoires préfabriqués, ce qui n’est pas mauvais en soi quand on sait le prendre avec un grain de sel (et qu’on est plus une ado de 15 ans très influencée par la culture pop), c’est pourquoi je voulais finir cet article avec une petite liste (sans ordre particulier) de mes films « d’amour » favoris .

– Across the universe
– Midnight in paris
– And While we were here
– Last love
– Ruby sparks
– Eat,pray,love
– Harold et maude
– Lost in translation

Et finalement,voici un article que j’ai trouvé quelques jours après l’écriture de cet article et qui exprime parfaitement ma vision des choses : http://elitedaily.com/dating/stop-thinking-about-love-as-a-noun-and-start-treating-it-like-a-verb/665384/

* Source photo; pinterest

[1] Ce terme est utilisé dans sa forme originale anglaise car il fait parti du langage typique utilisé pour parler des romances américaines
[2]Ce terme est utilisé dans sa forme originale anglaise car il fait parti du langage typique utilisé pour parler des romances américaines

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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