Assis dans un avion, Watanabe entend une chanson, Norwegian Wood des Beatles, et tout lui revient. La nostalgie l’emporte et il se souvient de l’époque où il était amoureux de Noako. Leur histoire est toutefois empreinte d’un grand drame qui aura su mener à terme l’entièreté de leur relation. Le meilleur ami de Watanable, Kizuki, qui était du même coup, le copain de Noako, s’est enlevé la vie. Ce geste insoupçonné, après une partie de pool entre amis, reste un total mystère pour Watanabe. Coincé entre la douleur d’avoir perdu son meilleur ami et celle de se voir attiré par la copine de son ami font du personnage de Watanable un être des plus respectueux, sensibles et touchants que j’ai eu la chance de rencontrer au fil de mes lectures.
N’oubliant jamais l’existence de son si grand ami, il se liera d’amitié avec Naoko et même un peu plus. Leur relation viendra sans cesse les faire réfléchir, hésiter, souffrir et au fond, aussi, espérer que la vie continue, malgré ce si grand fossé causé par le départ de Kizuki. Naoko restera troublée et se rendra dans une maison de repos pour se départir un peu de ses démons intérieurs. Fidèle, Watanable ira la visiter, la soutenir et une relation ambiguë se créera. Le désir, la sensualité, la douleur, les non-dits; leur relation est si complexe, mais ô combien réaliste.
Sur un fond des années 70 à Tokyo, Watanable, étudiant à cette époque, rencontrera une fille, Midori, avec qui il développera une amitié et une attirance. Toujours dans l’ambiguité, Midori sera l’ultime contraire de Naoko ; elle s’exprimera et transpirera de joie de vivre, malgré ses ennuis familiaux.
La ballade de l’impossible écrit par Haruki Murakami est le premier roman que j’ai lu de cet auteur japonais. Je ne pense pas mentir en disant qu’il est probablement l’auteur japonais contemporain le plus connu et lu. J’avais été entièrement hypnotisée lors de ma lecture et je me souviens avoir lu la grande majorité de ses romans l’été de ma découverte. J’avais aussi bien aimé Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil et Les amants du Spoutnik, je vous en reparlerai dans une prochaine critique!
Dans une atmosphère tendue entre la tristesse et l’érotisme, les personnages apprennent à surmonter les épreuves de la vie, sans jamais porter de jugement condescendant sur les personnages. Murakami a su traiter de thèmes douloureux en y ajoutant des parcelles d’amour, de poésie, de folie, de désir et de sensualité. Le récit contient des brides de conversations des jeunes au sujet de l’avenir, du deuil, du désir, de la sexualité et des interdits de la société. On y retrouve des parcelles de jeunesse et de maladresse à chaque page et ce, écrit dans une langue simple et surtout, jamais vulgaire, autant au niveau de la sensualité qu’au niveau des drames vécus par les personnages. Tout est toujours décrit avec minutie et respect. Un roman à lire qui fera mal, mais dans le bon sens.
« Ce n’était pas mon bras qu’elle cherchait mais un bras. Ce n’était pas ma chaleur qu’elle cherchait mais une chaleur. J’étais gêné de n’être que moi.»
« Quelle que soit notre vérité, la tristesse d’avoir perdu quelqu’un qu’on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d’aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra. »
En 2010, l’adaptation cinématographique du livre est sortie. Je me souviens que je voulais absolument le voir, mais que je n’arrivais pas à trouver un endroit où il allait être diffusé. C’est mon copain qui l’a finalement commandé lors de sa sortie en DVD. Or, je sais qu’il se trouve maintenant sur Netflix, mes chanceux! Réalisé par Tran Anh Hung, l’adaptation est toute en finesse et en poésie et surtout extrêmement réussie. Je vous invite à regarder la bande annonce pour vous imprégner de l’essence de l’oeuvre.
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