Réflexions littéraires
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Ma passion murakamienne

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J’écris aujourd’hui non pas pour vous faire une grande analyse de l’œuvre complète de l’écrivain le plus populaire du Japon, mais pour vous partager ma passion murakamienne et j’espère vous donner envie de le découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Jamais je n’ai fait de recherches afin de trouver un auteur qui correspond aux qualités littéraires de l’auteur que je vous présente. Jamais je n’ai demandé à un libraire : je veux de la littérature japonaise comme ci comme ça, s’il vous plaît. Jamais on ne m’a présenté son œuvre. Jamais on ne m’a convaincue d’en faire la lecture. Murakami est entré dans ma vie par un heureux hasard. J’ai jeté mon regard vers la couverture d’un livre, La ballade de l’impossible, j’ai lu la quatrième de couverture et j’ai feuilleté les pages sans même les regarder. Je tenais le livre dans ma main comme un trésor. Je l’ai senti (folie à la librairie); c’était de lui que j’avais besoin, pour calmer l’orage à l’intérieur de moi, pour m’évader dans un autre monde sans grands risques, sans grands coûts de billets de train ou d’avion. Dès les premières pages, j’ai été envoûtée. J’expérimentais un nouveau rythme de lecture, lent et agréable, lent comme on ne veut pas que les pages se tournent trop vite de toute façon. Lent comme il le faut. Et étrange. Une étrangeté agréable.

Après ma lecture de La ballade de L’impossible, j’ai vécu une période pendant laquelle je ne voulais lire que du Murakami. J’ai commencé par le très marquant Kafka sur le rivage, puis Les amants du Spoutnik, Le passage de la nuit, La fin des temps… Et je fus charmée. Charmée par son style unique, que j’ai recherché livre après livre. La plume mélancolique et déroutante de l’auteur m’avait hypnotisée.

Certains thèmes de son univers m’ont marquée à un tel point que j’y pense régulièrement dans ma vie quotidienne :

La solitude

Les personnages des romans de Murakami sont des êtres solitaires, en quête d’identité. Bien qu’ils vivent des relations, ils sont fondamentalement très seuls. Ils ont peu d’amis ou pas de parents, leurs relations « amoureuses » sont souvent dépourvues de romantisme.12592634_1571317576513366_85781095219169762_n Certains peuvent marcher seuls sur une distance impressionnante et passer la plupart de leur temps à réfléchir, à lire dans une bibliothèque ou dans un café.

Les chats

Les chats sont les animaux de choix de l’auteur. Ils apparaissent fréquemment dans les histoires de l’écrivain. Et on ne s’étonne pas trop lorsqu’ils parlent. 12495153_1571317256513398_4989799437470123157_n

Ce n’est pas pour me vanter, mais moi non plus je ne sais pas écrire, dit le chat en léchant plusieurs fois les coussinets de sa patte droite. Pourtant, je ne suis pas spécialement idiot et cela ne m’a jamais gêné.

C’est normal dans le monde des chats, dit Nakata. Mais chez les humains, quand on ne sait pas écrire, on est un idiot. Et quand on ne sait pas lire, on est un idiot. C’est ainsi.

Kafka sur le rivage

La course à pied

En plus d’être un écrivain, Murakami est un marathonien.

Un été où plus rien ne me motivait, j’ai lu son récit (essai, mémoire ou journal) Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Je peux dire que c’est grâce aux mots de l’auteur que j’ai réussi à puiser la force d’enfiler mes chaussures de courses, 5 jours par semaine, le temps d’un été, et de traverser des moments difficiles.

Lorsque je suis injustement critiqué (du moins, de mon point de vue) ou lorsque quelqu’un dont j’étais sûr qu’il me comprenait ne le fait pas, je vais courir un peu plus longtemps qu’à l’ordinaire. En courant plus longtemps, c’est comme si je pouvais épuiser physiquement cette part de mécontentement.

En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin.

Les références littéraires et musicales

Les romans du Japonais fusent de références culturelles, non pas nipponnes, mais américaines et européennes. C’est entre autres grâce à ma lecture d’un roman de Murakami que j’ai découvert Fitzgerald, Gatsby le magnifique étant le livre favori d’un des personnages. En plus de la littérature, la musique, surtout le jazz et la musique classique, occupe une grande place dans ses romans. Dans Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, l’auteur avoue posséder une impressionnante collection de plus de 40 000 disques.

La nourriture

Murakami décrit tout. Chaque banal petit geste du quotidien nous est présenté avec précision. Nous assistons à chaque détail de la préparation d’un repas ou à la dégustation lente d’une bière froide qui s’apparente au rituel, à un acte presque mystique. 12495134_1571316949846762_6654664473149073470_n

Cela peut vous paraitre étrange (pas autant qu’un roman de Murakami, j’en conviens), mais je ne mange plus de concombre. Non, JE DÉGUSTE chaque morceau comme si chaque bouchée était la plus fraîche et la plus délicieuse que je n’ai jamais goûtée. #effetmurakami

Le rêve, les mondes parallèles

12931274_1571316726513451_7412268975789923553_nLe rêve est un thème récurrent. On peut rencontrer un personnage prisonnier d’un profond sommeil qui s’éternise ou bien un autre qui n’arrive tout simplement plus à dormir. Le rêve prend beaucoup de place et il devient difficile de décerner la réalité de l’imaginaire. Une perte de conscience peut mener à entrer dans un monde parallèle, onirique. On retrouve d’ailleurs plusieurs réflexions sur les états de conscience.

Les bibliothèques

12670340_1571317126513411_737960934497566468_nLa lecture est une activité commune aux personnages de l’univers de Haruki Murakami. Ils passent des heures dans les bibliothèques. Dans La fin des temps, le personnage, devenu prisonnier d’une ville onirique, lit des rêves dans des crânes de licornes, à la bibliothèque. Dans Kafka sur le rivage, la bibliothèque est l’endroit où se situe la clé de tous les mystères. Dans la dernière nouvelle illustrée parue en librairie, L’étrange bibliothèque, la bibliothèque est une deuxième maison, un refuge, aussi étrange soit-il.

Murakami sait créer des atmosphères magiques où le quotidien côtoie des pluies de poissons et un ciel contenant deux lunes. Sur moi, il crée un effet apaisant, reposant, déstressant.

Un grand merci à la talentueuse Louba pour les illustrations.

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Kim se contente de peu mais de beaucoup de livres. Elle se passionne pour les mots; les laids autant que les beaux. La lecture est son activité favorite depuis qu’elle a lu Martine à la foire. Bien qu’elle aime diversifier ses lectures, elle a un penchant pour les romans québécois et les romans qui parlent de gens qui lisent des romans. Elle aime aussi les arts visuels, les visites au musée, le café, le chocolat, son gecko nommé Toytoy en l’honneur d’un panda et sa tortue nommée Vicky en l’honneur d’une Vicky. Grande anxieuse aimant relever des défis en surpassant la peur d’avoir peur, elle aspire à une vie sereine. En plus d’être collaboratrice chez Le fil rouge, elle travaille en tant qu’éducatrice spécialisée dans une garderie, animatrice dans un centre de loisirs et tutrice en alphabétisation au Y des femmes de Montréal. Entre ses engagements et ses lectures, on peut la croiser au gym, dans un cours de bodypump, focussant sur la position de ses genoux. On la décrit comme une fille rêveuse, empathique et créative.

3 Comments

  1. Michèle Morin says

    Excellent article! J’ai lu « Kafka sur le rivage » et j’avais aimé. Vous me donnez envie de replonger dans cet univers. Bravo à Luba pour ses dessins!

    J’aime

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