Bande dessinée et roman graphique
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Cette bande dessinée a un je-ne-sais-quoi

Si un jour je suis portée disparue, je vous conseille de commencer à chercher à la bibliothèque du Cégep du Vieux-Montréal. Je serai probablement près d’une fenêtre, en train de lire une bande dessinée. J’ai un petit rituel. J’arrive à la bibliothèque, je regarde le présentoir des bandes dessinées et j’en choisi une. C’est simple. Même en fin de session, je ne peux résister. Je fais ma sélection principalement en me fiant aux dessins. À force d’en lire, j’ai développé mes préférences. L’appel a encore frappé. Cette fois, je lis Sleepwalk and Other Stories d’Adrian Tomine. Le livre comprend 16 petites histoires, originalement publiées dans les tomes 1 à 4 de la série Optic Nerve. Faite de situations insignifiantes aux premiers abords, on y croise des personnages tourmentés et attachants qui rendent toute l’essence à cette bande dessinée.

Au premier coup d’œil, rien de plus classique que cette bande dessinée. Typique graphisme américain avec des traits droits et réalistes. Chaque plan est dans sa case. En noir et blanc. Pas de fantaisie. On pourrait dire la même chose des nouvelles qu’on y raconte. Une femme téléphone à son ex, un adolescent travaille dans une imprimerie durant l’été, des jumelles vont en vacances avec leur père. Banales aventures du quotidien. En plein mon genre. Plus une histoire est simple, plus je l’aime. Habituellement, ça réserve des surprises. Le travail se trouve ailleurs. En effet, avec ses simples dessins et scénarios, Tomine en profite pour jouer dans la complexité des personnages. Chaque nouvelle est ambigüe. Les secrets sont bien gardés. Un détail nous échappe. Difficile de mettre le doigt sur ce qui me faisait presque pleurer à la fin de chaque histoire. Un type un peu déprimé repeint la maison de son grand-père avant de la vendre puisque ce dernier vit maintenant dans un foyer de personnes âgées. Un souvenir en particulier lui revient à l’esprit et le fait rire. Rien de dramatique. C’est peut-être la finesse des mots, l’expression d’un visage ou la simplicité de la situation. Mais en trois pages, quelque chose certainement nous serre le cœur. Même chose avec l’homme qui rate son avion et qui revient sur ses pas. Son voyage commence dans sa propre ville. Sa solitude est désarmante. La chute est bien pensée.

Je vous le dis, Sleepwalk and Other Stories figure maintenant parmi mes bandes dessinées préférées. Dès la première nouvelle, mes attentes furent charmées. Je me suis d’abord arrêtée de lire pour fixer les dessins et flatter les pages. C’est bon signe. Peut-être que j’avais l’air épaisse. Mais c’était savoureux. Si bien que quand j’ai tourné la dernière page, j’ai tout relus.Tomine Sleepwalk 5

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