Littérature jeunesse
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Hommage aux grands-parents

J’ai eu la chance, le mois dernier, de lire en exclusivité le premier roman jeunesse de Normand Boisvert, intitulé Vert de peur. (Je suis tellement V.I.P., cela m’émeut.) C’est une de mes collègues, qui connaît mon engouement pour la littérature jeunesse, des cartonnés aux romans post-apocalyptiques si populaires auprès des jeunes adultes d’aujourd’hui (dont je fais partie, j’imagine), qui m’a conseillé celui-ci. Ce n’est pas pour rien que je porte fièrement un macaron où on peut lire «J’ai 5 ans», hein.[1]

Je vous fais un très bref résumé de Vert de peur: le grand-père de Julien, Marcel, est placé dans un foyer d’accueil puisqu’il souffre depuis quelques mois de la maladie d’Alzheimer. Julien est désespéré, puisque son grand-père est aussi son meilleur ami, son confident. Son papi, tout aussi désespéré d’être placé en foyer d’accueil, entraîne son petit-fils, ainsi que les lecteurs, en plein cœur de la forêt où vivent de monstrueuses créatures et où ils apprendront à s’aimer encore et toujours plus.

Je ne vous en dis pas plus… à propos du récit. Par contre, j’ai envie de partager avec vous la raison pour laquelle il m’a touchée: mes grands-parents et arrières-grands-parents, depuis ma plus tendre jeunesse, sont pour moi, comme pour Julien, à la fois des modèles et des confidents.

De magnifiques souvenirs ont ressurgis dans ma mémoire à la lecture de Vert de peur. Moi qui allais me coucher aux côtés de ma Grand-Maman Bond en revenant de l’école, dans son minuscule lit simple, alors qu’elle faisait sa sieste quotidienne. Les fébriles vendredis après-midi quand ma grand-mère Louise venait me chercher à l’école pour aller à son chalet à Val-David, associés aux montagnes orangées des Laurentides lorsque le soleil se couche. Les innombrables parties de cartes jouées contre mon arrière-grand-papa Fred, malheureusement décédé il y a de cela quelques années, à l’âge plus que vénérable de 101 ans. Le parfum frais du gin tonic. Les petits gâteaux glacés. Les soupers du dimanche de Pâques.

Ce sont ces souvenirs empreints d’émotions diverses qui m’habitent encore et toujours, et cette complicité que je partage encore avec mes deux grands-mères, qui sont revenus me hanter délicieusement. Et la détresse de Julien lors de l’éloignement de son papi Marcel m’a ébranlée, moi qui voit régulièrement mes deux petites grands-mamans, moi qui ne peut imaginer sans un motton dans la gorge et le souffle coupé qu’un jour elles ne seront plus là pour me faire essayer leurs manteaux ou leurs robes de chambre qu’elles ne portent plus. Pour préparer des soupers pour au moins quinze personnes de plus que le nombre d’invités. Pour tout simplement m’aimer et me faire rire. Pour me rassurer quand je suis anxieuse (donc tout le temps).

Et ces souvenirs, ils sont dans Vert de peur. Ils sont là quand Marcel appelle son petit-fils. Quand il veille sur lui, de près ou de loin. Quand il partage avec lui ses souvenirs. Quand, tout autour d’eux, le parfum du cèdre est omniprésent.

Ce roman a su trouver la petite-fille en moi, qui était plus près que je ne l’avais cru, mais je crois qu’il saura rejoindre mes merveilleux grands-parents, qui sont plus près de l’autre facette du récit, celle de Marcel, qui n’est pas racontée par le narrateur.

*****************

N.B.: Le lancement de ce livre aura lieu demain, soit le samedi 14 mars à 14h, dans une charmante librairie du quartier Ahuntsic à Montréal, La Maison de l’Éducation! Elle est située tout près de la station de métro Henri-Bourassa, au 10840 avenue Millen! (Pssst! L’événement Facebook, c’est ici!)

[1] Le mystère est levé! Ou l’est-il vraiment? Vous ne le saurez jamais!

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