Littérature jeunesse
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« Plus léger que l’air » de Simon Boulerice, ou l’incroyable légèreté de lire

Ce n’est plus un secret: je suis complètement fan de littérature jeunesse, particulièrement lorsque celle-ci s’illumine de belles images. Peut-être parce que je suis moi-même demeurée enfant, c’est un genre qui me parle beaucoup et qui m’impressionne souvent de par la qualité et l’intelligence de ses textes. Certaines créations se démarquent du lot. Le dernier ouvrage jeunesse de Simon Boulerice, Plus léger que l’air, m’a laissée bouche bée, soufflée par un vent nouveau.

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Simon Boulerice, auteur originaire de la Rive-Sud de Montréal et comédien de formation, est à la fois prolifique et touche-à-tout: romans pour adultes, poésie, pièces de théâtre, théâtre jeune public, bandes dessinées, romans jeunesse et autres curiosités. Doté d’un imaginaire foisonnant et d’un humour surréaliste, son terrain de prédilection est celui de l’enfance, dans lequel il s’évertue à charmer jeunes et moins jeunes. Plus léger que l’air, sa toute dernière création parue en février 2015 aux Éditions Québec Amérique, collection Petit Poucet, illustrée par la talentueuse Agathe Bray-Bourret, est aussi léger et optimiste qu’un ballon gonflé d’hélium, littéralement.

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L’histoire est celle de Junior, surnommé Bouboule par ses camarades, un garçon rondelet qui n’aime que manger. Son rêve: danser le ballet. Improbable? Malgré qu’on rit de ses ambitions à l’école, Junior s’empare d’un tutu magique et d’une bouteille d’hélium afin de réaliser sa grande aspiration; s’envoler. Sauf qu’il ne faut surtout pas oublier que tout ce qui monte finit toujours par redescendre! Boulerice propose un univers farfelu et rigolo, magnifiquement bien tissé et présenté. Par exemple, détail intéressant, la mise en page du texte met à l’honneur quelques mots clés en lettre « ballounes », ce qui me produisait comme un effet d’intonation mentale très drôle lors de la lecture. Le style d’écriture est vif, délié, simple, rempli de petites perles d’invention.

Dans Plus léger que l’air, la thématique de la légèreté est exploitée à fond et de manière remarquablement judicieuse: l’envol, le ballet, la mère astronaute, le père clown avec ses bonbonnes d’hélium, etc. Mêmes les illustrations de Bray-Bourret, réalisées à l’aquarelle, évoquent aussi la légèreté de par leurs jeux de transparence. L’ouvrage brille de par la symbiose qui coordonne avec agilité tous les éléments entre eux, tant dans les motifs de la trame narrative que dans les jeux de langage et les images. L’envol est omniprésent sans peser bien lourd.

En fait, seul contrepoids à toute cette légèreté est l’embonpoint de Junior, obstacle qu’il surmontera pour décrocher son rêve. Ce que j’ai particulièrement aimé du texte de Boulerice, est qu’il passe outre les préjugés, les cases, les stéréotypes. Oui, on peut être un gars et vouloir danser le ballet, et même être gros et pouvoir le faire. D’ailleurs, de par sa thématique de la danse au masculin, Plus léger que l’air fait écho à la pièce de théâtre autobiographique Simon a toujours aimé danser, produite par Boulerice en 2007, l’auteur ayant lui-même rêvé danser et chanter lorsqu’il était enfant. Et oui, une maman peut être astronaute et voler à la rescousse de son fils (props à la maman super-héroïne!). Boulerice propose d’autres modèles aux jeunes, d’autres possibilités en périphérie de ce qui leur est traditionnellement proposé. Son message est encourageant et inspirant, sans être édifiant ni moralisateur; on reste dans la légèreté!

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Une lecture remontante à offrir à l’enfant en soi. Sourire garanti et envolée potentielle…alors prenez-garde à redescendre! Plus léger que l’air, ou comment ouvrir un livre et se sentir soudainement (et durablement) hop-la-vie.

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Fanie est étudiante au 3e cycle en Études littéraires à l’UQÀM. Enfant, elle avait tendance à se battre avec les ti-gars dans la cour d’école, ce qui expliquerait peut-être pourquoi elle rédige une thèse sur les figures de guerrières des productions de culture populaire contemporaine. Son arc comporte quelques cordes; en plus de faire partie de l’équipe des joyeuses fileuses, elle codirige le groupe de recherche Femmes Ingouvernable, collabore à la revue Pop-en-stock, à la revue l'Artichaut, ainsi qu’au magazine Spirale. À part de ça, elle a écrit le roman "Déterrer les os" (Hamac, 2016). Dans son carquois, on trouve un tapis de yoga élimé, un casque de vélo mal ajusté, trop de livres, un carnet humide, un coquillage qui chante le large et une pincée de cannelle – son arme secrète ultime contre les jours moroses. Féminisme et végétalisme sont ses chevaux de batailles quotidiens.

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