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La méthode Kon-Mari : de la joie au moment présent

Capture d’écran 2015-09-06 à 20.40.30Comme moi, vous avez probablement vu passer un article ou une photo sur ce livre, The Life-Changing Magic of Tidying Up: The Japanese Art of Decluttering and Organizing, (Le pouvoir étonnant du rangement, désencombrer sa maison pour alléger sa vie, en version française). C’est fou à quel point ce petit livre était sur tous les réseaux sociaux, Facebook, Youtube, Pinterest, Instagram et sur plusieurs blogues! J’avoue que malgré mon côté un peu sceptique du départ, je me suis quand même laissée tenter par sa lecture. Vendu plus de deux millions de fois partout autour du monde, je me suis dit qu’il devait sûrement y avoir, effectivement, de la magie dans ce livre!

L’auteure, la Japonaise Marie Kondo, est la personne la plus organisée de l’univers, je pense! Elle raconte ses souvenirs d’enfance où elle s’amusait a ranger sa chambre ou la maison de ses parents. C’est ainsi qu’elle s’est bâtie une carrière en créant une méthode, qu’elle jure infaillible et miraculeuse, pour enfin combattre le rebond du désencombrement et du bordel. Avec la méthode Kondo, elle jure que le rebond (phénomène étrange où le bordel revient après le ménage!) ne reviendra pas et qu’il ne sera plus nécessaire de faire du rangement saison après saison. Bon déjà, j’étais un peu attirée dans cette idée de l’espace propre et bien organisée. Depuis quelque temps, j’ai réalisé à quel point il est important pour moi que la pièce dans laquelle je me trouve soit rangée, propre et jolie. Ça joue un rôle essentiel dans mon degré de concentration, de motivation et de bonheur. Essayer d’être créative avec du linge qui traîne partout et une vaisselle débordant de mon évier, c’est un peu chose impossible. Sauf que je ne suis aucunement une reine du ménage, c’est toujours un peu un calvaire de devoir ranger et ça ne me rend jamais ultra motivée. Bref, j’étais la cliente idéale pour Kondo. Sauf qu’en fermant le livre, je n’étais pas convaincue… je vous explique le tout.

De la joie au moment présent

Premièrement, comme je viens de le dire, il y avait des parcelles derrière la philosophie de Kondo qui me parlaient. Par exemple, elle répète tout le long de l’ouvrage à quel point il est important de garder seulement ce qui nous procure de la joie. Ce simple petit commandement n’est, je le sais, pas si simple à respecter. Qui n’a jamais gardé des vieilles notes de cours, au cas où? Un souvenir ou même un cadeau simplement par politesse? Même chose pour tous ces items inutiles qu’on continue de garder et d’acheter et ce, même si nous n’en avons aucun besoin. L’idée d’avoir dans sa maison que des choses qui procurent de la joie, je la trouve belle.

Sauf que, par exemple, des serviettes de bain, ça ne me procure pas vraiment de joie, ni des fourchettes. Je peux comprendre la notion de joie derrière les vêtements, les bijoux et les livres, mais je trouve qu’il est difficile avec les items plus pratiques de parler de joie. Devrions peut-être parler d’utilité?

Néanmoins, j’essaie dans ma décoration et dans mes rangements d’y aller avec la philosophie du Less is more. Quand je magasine, maintenant, j’essaie de ne plus me laisser tenter par le dernier truc à la mode et de penser à long terme et à la qualité. Je préfère de loin investir un peu plus dans un beau tricot que de constater deux semaines après mon achat que mon gilet se défait tranquillement. Donc, cette idée de la joie a été la source première de mon intérêt pour cette méthode, sauf que j’ai passé mon temps à rouler des yeux lors de la lecture! Peut-être que je suis trop cynique… à vous de juger!

Le pliage

Konmari prétend avoir analysé et étudié toutes les méthodes de rangement et elle prend la peine de souvent répéter que tous ses clients ont été entièrement changés grâce à son expertise. Or, elle pense sincèrement qu’en général, les gens ne rangent pas bien leurs choses. Elle prône une méthode verticale au lieu d’horizontale. Voici un petit vidéo Youtube pour les visuelles comme moi qui ne comprenaient pas instantanément comment mettre un t-shirt à la verticale :

J’avoue que je trouve que ça donne un résultat mignon, mais personnellement, je n’ai pas la patience et le temps de faire cela. Je préfère de loin mettre tous mes chandails sur des cintres pour voir l’entièreté de ma garde-robe. En même temps, je critique la méthode sans avoir essayé… mais disons que l’idée derrière le simple fait de plier ses chaussettes me semble être une perte de temps intense face à tous les livres que je veux lire, par exemple!

Les vêtements ont des âmes.., hum, non!

Kondo considère aussi que les vêtements ont des âmes et qu’ils doivent recevoir notre gratitude et notre amour. Par exemple, en touchant nos chandails de laine en plein été, on leur rappelle, aux chandails(!), à quel point nous sommes reconnaissantes de savoir qu’ils seront là pour nous cet hiver. Et vice versa selon les vêtements que vous ne portez pas en saison actuelle. À ce moment, je roulais des yeux à toutes les phrases ou presque. Je ne sais pas vraiment comment expliquer pourquoi je n’adhère aucunement à ces principes. Je dois avouer que j’ai trouvé aberrants plusieurs passages du livre, spécialement où l’auteure nous parle du fait que plusieurs de ses clients ont perdu du poids après avoir adopté la méthode. Kondo nous répète beaucoup trop souvent à mon goût que sa méthode est efficace, ça en vient un peu fatiguant à la longue..

Déchirer des livres, jamais!

J’avoue que je commençais de plus en plus à décrocher du livre, mais comme je voulais écrire cet article, j’ai continué ma lecture jusqu’au chapitre fatidique. Kondo nous apprend que garder plusieurs livres, qui ne nous procurent pas de joie immédiate, est contre sa méthode. Bon, j’avoue que ça ne sert à rien de garder des livres que vous n’aimez pas, par exemple des lectures obligatoires scolaires, mais il reste tout de même que ce qui suit est à mon sens un SCANDALE (oui les majuscules sont de mise!) : Kondo nous dit (préparez-vous) de découper les passages des romans qui nous touchent et d’en faire un cartable. Je veux bien être d’accord avec le fait que de diminuer son inventaire personnel est bénéfique, mais non je n’adhèrerai jamais à ce principe. Je m’excuse Marie Kondo, vous venez de me perdre à jamais.

En prendre et en laisser

Au final, il faut en prendre et en laisser en lisant ce petit guide « miracle ». À certaines pages, j’ai été concernée par la philosophie de Kondo et j’ai senti que certains de ses conseils pouvaient être mis en oeuvre, mais beaucoup trop de fois j’ai trouvé sa méthode trop intense et cruelle!  Je tiens tout de même à noter que je n’ai pas adhéré à sa méthode, donc peut-être que je passe à côté de tout le pouvoir magique. À lire les témoignages des centaines de milliers de personnes qui ont respecté la méthode, je me trompe peut-être. Toutefois, je pense sincèrement que cette méthode n’était juste pas pour moi, bien que je pense qu’elle peut être utile pour quelqu’un qui a des réels problèmes de ramassement compulsif et de ménage.

Aussi, dernière petite critique de ce livre, jamais Kondo propose de recycler ou de donner ses objets, JAMAIS. Elle parle toujours de sacs de poubelle et surtout elle nous vante la quantité. Il y a quelque chose d’extrêmement dérangeant dans le fait de dire à des millions de lecteurs de jeter lorsqu’il existe des centres dans toutes les villes pour donner ses vêtements, comme ses objets non utilisables. Le recyclage des livres et des papiers n’est aussi jamais abordé. Personnellement, je trouve que c’est une très grande lacune à l’oeuvre. Peut-être est-ce la faute de la traduction, je ne le sais pas, je ne lis pas japonais, mais honnêtement en 2015, c’est d’une tristesse de lire de jeter au lieu de réutiliser et recycler.

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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