Autour des livres
Laisser un commentaire

Autour des livres : Rencontre avec Fanie, collaboratrice chez le Fil rouge

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires.

Pour cette édition, notre collaboratrice Fanie s’est prêtée au jeu ! 

11351314_10152873086983994_3691756703549824722_n
1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture?

Je ne savais pas encore lire. Mon grand-père, lorsque j’allais le visiter au chalet, me chantait de vieilles chansons et me lisait des contes. Dans la bibliothèque, il y avait une petite boîte de collection jaune, je me souviens même des titres : « L’Empereur et le rossignol », qui me terrifiait, « La petite sirène », dans sa plus authentique version, « La reine des glaces », la vraie méchante, pas Elsa…

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture?

Chaque soir, mes parents nous faisaient la lecture à ma sœur et moi. Comme pour tous les enfants, c’était des livres illustrés, et le jeu consistait à nommer un objet pour que les autres le trouvent dans l’image. J’avais une fascination pour les dessins et les observait longuement. Le livre Where the Wild Things Are de Maurice Sendak est peut-être celui qui m’a le plus impressionnée (lui et l’Empereur et le rossignol). Je trouve toujours les dessins et les histoires de Sendak incomparables.

Je lis encore beaucoup d’œuvres illustrées. Rien n’a changé. Je n’ai plus vraiment de rituel de lecture car je lis sans arrêt, études obligent. J’essaie de lire un peu tous les soirs, même quand il est tard et que mes yeux ferment tout seuls.

Ma mère est une fervente lectrice, et j’ai grandi parmi les livres. Quand j’étais très jeune, elle m’a dit qu’en aimant lire, je n’allais jamais m’ennuyer. Elle avait parfaitement raison là-dessus!

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels ? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire?

Je peux écrire dans à peu près n’importe quelles circonstances, dans le bruit comme dans le silence complet. Je n’ai pas de moment privilégié non plus. Toutefois, et c’est mon petit côté Nothomb, j’éprouve de la difficulté à écrire le ventre plein. Je ne jeûne pas pour autant, mais je remarque que j’ai une plus grande créativité et clarté d’esprit lorsque je ne me trouve pas en pleine digestion.

Aussi, j’aime écrire sous contraintes, être sortie de ma zone de confort et de mes réflexes habituels. C’est comme si, poussée par la pression des paramètres imposés, mon imagination éclatait et coulait en une écriture plus vive et inventive. Lorsque je n’ai pas de directives extérieures, je me lance moi-même des petits défis d’écriture.

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire?

Je ne suis pas sûre que ce soit tant les livres que les voix d’auteurs qui m’induisent l’envie d’écrire. Plusieurs écrivains ont stimulé ma créativité à différentes périodes de ma vie; J.K. Rowling (qui ne l’a pas été?) et Kevin Crossley-Holland alors que j’étais préado; les Victor Hugo, Marion Zimmer-Bradley, J.R.R. Tolkien et Clive Barker de ce monde ont gouverné mon imaginaire d’adolescente; aujourd’hui, les plumes de Claire Legendre, Ying Chen et Geneviève Brisac sont mes muses de mots.

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi ?

Le Seigneur des Anneaux. Le terme cheminer est à prendre en son premier sens: celui de la marche. Je vivais un moment assez difficile, probablement le plus dur que j’ai connu, et ne voyais que des impasses à l’horizon. J’ai lu la trilogie et en suivant Frodon et Sam à travers leur périple, je me répétais que s’ils étaient capables de traverser le Mordor et d’en revenir, j’étais moi aussi en mesure de me battre et de m’en sortir. C’est la marche des Hobbits qui m’a fait cheminer, et j’ai bel et bien finit par échapper à mon Mordor.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait lequel ?

Terre-du-Milieu forever. Partagée entre la forêt de la Lorien, perchée quelque part entre les cimes pour me reposer et la Comté pour prendre du bon temps!

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner ?

Je suis tombée par hasard (en fouillant dans un panier d’échange de livres dans un camping de Californie!) sur la Biographie de la faim d’Amélie Nothomb au moment où j’étais en rechute d’anorexie. J’ai découvert Nothomb par ce livre et depuis, j’ai tout lu d’elle. Biographie de la faim reste mon coup de cœur. Quelques années après ma première lecture, il a été le sujet de mes études de maîtrise. Je l’ai littéralement disséqué et aujourd’hui il coule en moi lorsque je le relis.

8. Quel est ton mot de la langue française préféré ?

Archipel.

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit ?

J’aurais aimé être Virginia Woolf et être l’auteure du magnifique Orlando; à la fois grave et ludique, intemporel et incroyablement humain. Woolf a dit avoir écrit ce roman pour le pur plaisir, comme un jeu, une expérience. Cela se sent, comme une sorte de détachement face au récit, de lâcher-prise. Le texte respire de lui-même. Une telle liberté m’enthousiasme et m’inspire.

10. Si tu écrivais ta propre biographie,  quel serait le titre ?

Carnet d’une désincarnée est le titre du texte sur lequel je travaille présentement, qui n’est pas à proprement parler une autobiographie, mais qui parle de moi.

Advertisements
This entry was posted in: Autour des livres

par

Fanie est étudiante au 3e cycle en Études littéraires à l’UQÀM. Enfant, elle avait tendance à se battre avec les ti-gars dans la cour d’école, ce qui expliquerait peut-être pourquoi elle rédige une thèse sur les figures de guerrières des productions de culture populaire contemporaine. Son arc comporte quelques cordes; en plus de faire partie de l’équipe des joyeuses fileuses, elle codirige le groupe de recherche Femmes Ingouvernable, collabore à la revue Pop-en-stock, à la revue l'Artichaut, ainsi qu’au magazine Spirale. À part de ça, elle a écrit le roman "Déterrer les os" (Hamac, 2016). Dans son carquois, on trouve un tapis de yoga élimé, un casque de vélo mal ajusté, trop de livres, un carnet humide, un coquillage qui chante le large et une pincée de cannelle – son arme secrète ultime contre les jours moroses. Féminisme et végétalisme sont ses chevaux de batailles quotidiens.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s