Bande dessinée et roman graphique
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Paul dans le Nord : moto, hormones et jeux olympiques

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Il y a déjà quelques semaines, je vous parlais de mon amour pour la série Paul. Je ne vous explique pas le bonheur quand j’ai tenu le colis contenant la nouvelle BD Paul dans le nord et ce, avant sa sortie en librairie, j’étais folle de joie!

Paul dans le Nord nous amène dans l’adolescence de ce dernier, à l’aube des jeux olympiques de Montréal. Pour les habitués de Paul, vous serez surpris! Mais agréablement, bien entendu. Le personnage de Paul est tellement aimé, considéré comme le bon gars, que c’est étonnant et rassurant de reconnaître que Paul, il n’est pas parfait. Le récit est basé sur les premières expériences de Paul : le première fois qu’il fera du stop, qu’il fumera, qu’il tombera amoureux, qu’il vivra une peine d’amour et j’en passe. Les hormones de Paul sont dans le tapis, il parle des filles constamment avec ses amis et ça nous laisse percevoir que Paul était comme tous les adolescents au fond, plein de maladresses. Il change d’école secondaire et est complexé par ses boutons, ses cheveux, son linge, il est le petit nouveau et déteste ça. Heureusement, il se liera d’amitié avec d’autres garçons, ensemble ils parleront des filles (bien sûr!), de moto et de combien leurs parents les énervent. Par la suite, il tombera FOU amoureux de Linda. On y verra un Paul romantique, dépendant, et Rabagliati nous offre une planche délicieuse en montrant les amoureux sur la mobylettes de Paul. On ne peut faire autrement que de trouver ça mignon et cliché de voir que Paul est nouvellement de bonne humeur avec ses parents depuis qu’il est en couple avec la belle Linda! Ce sera aussi la première rupture amoureuse de Paul et il sera dévasté. On le retrouvera couché dans son lit à déprimer et à maudire l’Univers pour cette détresse.

En effet, on refera face à un Paul bête, froid, impatient et entièrement adolescent vis-à-vis ses parents suite à sa rupture. Je ne pouvais pas faire autrement que de trouver ça drôle de voir la rudesse et l’intolérance de Paul avec son père, tout en trouvant cela rassurant et profondément réaliste de constater que Paul est imparfait. Le langage est parfois cru, mais cela est totalement justifié. En ce qui concerne les dessins, ils sont toujours aussi bien et travaillés. Il ne suffit que d’admirer les détails dans la chambre de Paul pour constater que Rabagliati porte encore une réelle attention à représenter le vrai et à recréer des décors réalistes. De plus, on sent une belle folie dans les dessins, par exemple, lorsque Paul est perdu en forêt et qu’il est pris dans une grosse tempête de neige.

Bref, Paul dans le Nord sera peut-être le dernier Paul et pour cela, ça m’attriste beaucoup. Toutefois, avec ce tome, j’ai l’impression que Rabagliati a permis de montrer une facette manquante de l’histoire de Paul. De cette manière, j’ai encore plus l’impression de saisir Paul, sa vie, son histoire, et de comprendre en entier le personnage. En ayant lu plusieurs des autres tomes de Paul, je suis encore plus convaincue et sous le charme de cette série québécoise si réaliste.


Le fil rouge tient à remercier les Éditions La pastèque pour la copie de presse et plus précisément Fabien Longval.

 

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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