Littérature étrangère
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Une petite parcelle de Salinger

Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur Holden Caulfield, le personnage éngimatique de J.D Salinger, dans lequel je disais que ce personnage représente tellement pour moi et j’ai reçu un agréable message. On me proposait de lire la dernière parution de Pocket, Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff. C’est avec plaisir que je me suis laissée plonger dans ce roman basé sur une expérience réelle de l’auteure.

Joanna a travaillé pendant une année dans le début des années ’90 à l’Agence qui représente plusieurs auteurs américains, dont le célèbre Salinger. L’agence pour laquelle est engagée Joanna est menée par une directrice froide, quoi que finalement passionnée et sensible. Sur le quatrième de couverture, Fréderic Beigbeder dit que le roman lui faisait penser à Le diable s’habille en Prada et je dois avouer qu’à un certain niveau on se retrouve dans l’ambiance de bureau froid et cela m’a bien plu.

L’agence est ancrée dans des rituels classiques et immuables : Joanna se doit d’utiliser une vieille machine à écrire. Bien qu’engagée comme assistante de la directrice, elle est surtout une secrétaire, mais pas n’importe laquelle. Elle doit répondre aux milliers de courriels reçus par Salinger. Elle sera tentée à plusieurs reprises de répondre aux admirateurs de Holden Caulfied, le personnage mythique qui a su toucher des générations entières (je plaide coupable!). C’était fascinant de voir l’effet que cet auteur a eu sur les lecteurs et cela m’a aussi fait sentir bien ordinaire avec mon amour pour Holden, mais cela n’a pas vraiment d’importance au fond! Elle aura aussi la chance d’évoluer et de lire des manuscrits de jeunes auteurs. J’ai aimé la façon dont on rendait hommage au travail des éditeurs (ou agents littéraires) qui doivent trouver une voix qui viendra toucher des lecteurs.

Je dois avouer ne pas tellement avoir aimé les parties du roman qui traitaient de la vie amoureuse de Joanna. Elle vit une relation complètement sans charme et froide avec son petit ami, un genre de poète maudit moderne, et est encore amoureuse de son amour de jeunesse. Néanmoins, on n’arrive pas à vivre de la sympathie à ce niveau pour Joanna, elle semble trop concentrée dans son boulot pour même réaliser la pauvreté de sa relation. On a envie parfois de lui dire de le quitter cet homme égoïste et complètement centré sur lui-même. Mais comme le récit se déroule surtout dans les bureaux sombres et austères de l’agence, ce n’est pas très grave.

Bien heureusement, le côté lié au monde de l’édition est passionnant. D’autant plus que cela est basé sur des faits réels, Joanna ayant réellement travaillé pour l’Agence qui représente Salinger. J’ai aimé avoir accès à des éléments plus exclusifs de son caractère et de son rapport aux livres. Ce petit roman nous permet de vraiment mieux comprendre le monde de l’édition et surtout de comprendre toute l’importance qu’ont tous les niveaux du milieu ; écrivains, auteurs, éditeurs et lecteurs.

Bref, c’est un roman des plus légers qui met en scène une autre époque du monde de l’édition et surtout qui permet de voir une parcelle un peu plus grande de la vie et de l’attitude de Salinger, cet être si discret et mystérieux. J’avoue toutefois que si Salinger n’était pas nommé d’emblée dans le titre, ce roman ne m’aurait pas autant touchée ni plu, voire je ne l’aurais jamais lu. Il est vendeur de mettre en scène cet auteur et c’est ce qui explique probablement le grand succès de ce roman, parce qu’il n’est pas en soi exceptionnel… sauf pour Salinger, bien sûr!


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Le fil rouge tient à remercier Interforum Canada pour le service de presse. 

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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