Littérature québécoise
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Big Bang, de Neil Smith : une entrée fracassante dans mon univers

Traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Big Bang est le tout dernier roman de l’auteur montréalais anglophone Neil Smith. Quand ce livre m’est tombé entre les mains, j’ai tout de suite su que cette lecture allait me plaire. Mon instinct ne m’a pas trahi, puisqu’en une seule journée, je tournais la dernière page de ce délicieux roman.

Neil Smith décortique l’esprit humain à travers son œuvre, et s’intéresse aux absurdités qui orchestrent nos esprits. Big Bang est composé de plusieurs récits qui se penchent sur diverses existences, qui parfois se frôlent entre elles ou se fondent simplement dans la masse. L’indifférence, l’empathie, le deuil, le rire et la tendresse sont des émotions qui gravitent autour des récits de Smith, ce qui nous évoque constamment notre propre condition d’éphémère. Ma lecture était rafraîchissante, et je ne peux passer outre l’originalité de la plume de l’auteur : la lucidité livresque et l’humour se rejoignent pour former un style d’une formidable acuité intellectuelle. Big Bang est à la fois une œuvre divertissante et profonde.

An est une jeune femme vidée d’amour, qui voit chaque jour son univers prendre de l’expansion par l’être qui se dédouble d’elle, bien niché dans la chaleur de son corps; Max retrouve en son ami Roubi-Doux des réponses brutales; un groupe de soutien aux tumeurs bénignes se met en place; Eepie Carpetrod se regarde vieillir au sein d’un espace-temps exponentiel, pour voir son existence se contracter encore plus rapidement vers la fin de sa vie; une tuerie fait table rase d’une dizaine de bonshommes allumettes; un père et sa fille travaillent étroitement afin de recréer des œuvres nostalgiques; une veuve alcoolique parle à une pierre de curling; on soupçonne un astronaute de vouloir se suicider. Malgré l’apparente extravagance des récits de Neil Smith, les histoires sont fluides et captivantes. Sur le lot, il n’y a peut-être que la dernière histoire qui me rejoigne moins, ce qui est indéniablement une bonne moyenne si l’on compare ce récit à l’ensemble de l’œuvre.

Je recommande donc très fortement cette dernière parution, sortie aux éditions Alto, qui m’a permise de plonger dans un gigantesque et agréable trou noir littéraire, où le temps semblait se dissoudre lentement près de moi au même rythme que mon plaisir me submergeait. Selon moi, le plaisir de la lecture réside entre autres dans sa faculté de plonger le lecteur dans une autre dimension, permettant ainsi à ce dernier de décrocher de son univers afin de se permettre de pouvoir voyager dans d’autres.

*Le Fil rouge remercie les éditions Alto pour le service de presse.

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C’est maintenant vingt-deux hivers que Marie-Hélène a vu passer et c’est toujours avec son cœur d’automne qu’elle les affronte. Elle en est à sa deuxième année au baccalauréat en Études littéraires à l’UQÀM. Elle aurait très bien pu faire son BACC en cinéma, puisqu’elle adore tout ce qui entoure ce milieu, mais elle a préféré se concentrer sur son doux amour de toujours : la littérature. Très heureuse dans son 4 ½ Hochelaguien, entourée de son amoureux Anthony et de son chat Cyrano (ou Bébé, pour les intimes), elle s’occupe en cuisinant tout en buvant du vin, ou bien en lisant un peu n’importe quoi. Les mots de Plath et de Ducharme restent ceux qui ont le plus bercé son imaginaire et c’est dans la poésie et les romans graphiques qu’elle savoure le plus son expérience littéraire. Féministe, elle apprécie énormément la maison d’édition Remue-Ménage pour ses œuvres puissantes et conscientisées.

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