Littérature québécoise
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Murmures dans un mégaphone

Rachel Elliott nous offre une lecture qui fait réfléchir sur la société. Sur le comment nous vivons les uns avec les autres, sur les technologies.

Dans son roman nous retrouvons trois personnages principaux qui sont à la recherche de leur identité. Nous avons la trentenaire se croyant folle, l’homme qui n’a aucune personnalité et sa femme accro aux réseaux sociaux.

Miriam a appris à vivre dans le silence des murmures. Ralph fuit les responsabilités que la société lui impose en quittant le jour de son anniversaire sa femme et ses enfants. Tandis que sa femme, Sadie qui se cache derrière un univers superficiel, est déboussolée par ce revirement de situation. Elle qui croit pouvoir tout contrôler n’a alors plus rien sous son contrôle. Alors que Miriam décide enfin de sortir de sa maison après y avoir vécu trois ans cloîtrée, elle fait la rencontre de Ralph dans les bois, alors que celui-ci se sauve de sa réalité. En fait, il tente de se mettre en danger. Et c’est ensemble qu’ils découvriront qui ils sont réellement.

Chacun à sa manière vit une « crise » et au cours de cette aventure ils découvriront qui ils sont vraiment. L’écriture de l’auteure peut nous porter à croire que la lecture semble légère, mais c’est plus que ça. Ce sont des recherches d’identité, des remises en question. Nous rencontrons des personnages adultes, matures, qui ont construit leur vie et qui, du jour au lendemain, quittent leur routine pour vivre dans l’adrénaline d’apprendre qui ils sont.

Le titre prend tout son sens lorsqu’on apprend à connaître le personnage de Miriam. En fait, j’ai su me reconnaître en elle. Tout comme Miriam je suis discrète, souvent je dois répéter plusieurs fois ce que je dois dire pour qu’on m’entende. Mais contrairement à moi, c’est la mère de Miriam qui lui a appris à devenir silence.

Avec toutes ces remises en question, on peut commencer à se poser des questions sur nos propres choix. Pourquoi nous avons tel comportement, pourquoi nous prenons telle décision, est-ce pour nous ou pour plaire à la société? On pourrait croire que les personnages de Rachel Elliott sont tou-te-s adolescent-e-s par leur crise d’identité, mais en fait, ça nous remet en question nous, sur notre propre identité et sur ce qu’on se cache à nous-mêmes. Miriam se croit folle, mais pourquoi? On constate une ressemblance dans tous les personnages, ils se croient tous anormaux. Qu’est-ce qui est normal et qu’est-ce qui ne l’est pas?


Merci à Laurène Guillemin, Attachée de presse, chez Les éditions Flammarion pour le service de presse
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Avoir une bibliothèque de plus en plus grosse est l’un des projets de vie de Karina. Apprendre et avoir plusieurs perceptions le sont également. Après avoir fait une technique en travail social au Cégep du Vieux-Montréal et travaillé quelques années dans des organismes communautaires (ce qu’elle continue de faire avec joie), elle poursuit ses études en faisant un certificat en études féministes à UQÀM. La littérature lui permet donc de voyager et d’avoir d’autres lunettes sur le monde.

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