Réflexions littéraires
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Montréal en livres et à vélo

Depuis que j’habite à Montréal, je voyage plus que jamais à vélo. De chez moi à l’école, à mon lieu de travail, à chez mes amis ou à chez mes parents, je suis toujours à vélo. Le sentiment que ces balades me procurent est un mélange de fatigue-heureuse, alors que j’ai chaud et que je pédale à toute vitesse, de profonde motivation pour la vie, et surtout, de totale liberté. Le vent sur mon visage le soir, l’air frais et doux de mon trajet matinal, je respire et vois Montréal par ses rues remplies d’arbres comme la rue Boyer, ses parcs comme le grand et magnifique parc La Fontaine, et ses petits quartiers beaux et accueillants que je croise sur ma route.

Bref, tout pour dire qu’un jour, il y a quelqu’un qui a eu une ben ben bonne idée. Utilisant son vélo surtout pour de courtes distances à l’intérieur même de la ville, pour se promener, mais surtout pour se déplacer, et ayant toujours du stock à déplacer d’un endroit à l’autre, il a décidé de mettre une caisse de lait sur son vélo. À l’arrière, sur son « rack », comme ça, rien de plus facile que d’y poser son sac d’épicerie, son sac à lunch, ou n’importe quoi, au lieu de le porter sur son dos. Impossible de dire qui est cette personne, mais maintenant, la fameuse caisse de lait est célèbre partout à Montréal, ville dans laquelle plusieurs personnes ont décidé de suivre le mouvement. Et une fois ma dernière boîte de déménagement montée dans mon nouvel appart, la première chose que j’ai faite a été de mettre une caisse sur mon vélo. « Hipster », dirait mon frère. En même temps, il a raison. La caisse de lait, typique de Montréal, ne se retrouve pas vraiment ailleurs, ainsi je suis facilement identifiable lorsque je sors de la grande métropole pour aller souper chez ma mère. Bref, mouton ou pas, je voulais absolument en avoir une et « faire pareil ».

La caisse de lait permet des virées fréquentes dans les nombreuses bibliothèques de Montréal. N’étant pas une grande acheteuse de livres neufs, je fréquente assidument plusieurs bibliothèques et reviens toujours avec une grande quantité de livres de tous genres à découvrir et à dévorer. Je l’avoue aussi, j’adore prendre plus de livres que je ne peux en lire. Cela me permet ensuite, une fois chez moi, d’y aller au gré de mes envies et inspirations, à savoir ce qui me tente le plus entre un roman de plusieurs centaines de pages, un essai qui me demande plus d’attention, ou encore une bande dessinée qui se lit rapidement. La BAnQ, ou Grande Bibliothèque de Montréal, est mon repaire préféré. J’y emprunte des tas de livres qui viennent s’empiler au fond de ma caisse de lait, dans un grand sac en coton épais. J’aime revenir avec un tas de nouveautés québécoises, des romans pour adolescents et des livres pratiques. Mes dernières découvertes : Le Défi végane 21 jours (Élise Deslauriers), Avant toi (Jojo Moyes), Le soulard des sportifs (Jean Soulard et Benoît Lamarche), Titre de transport (Alice Michaud-Lapointe) et C’est quand le bonheur (Martine Delvaux). J’aime me promener dans l’allée des nouveautés et prendre des livres par-ci par-là, par curiosité et sans trop réfléchir, dans l’espoir de trouver des coups de coeur.

À la bibliothèque de l’UQAM, je fais des razzias d’ouvrages pour la maîtrise : des livres de référence, des essais, des recueils, des mémoires. Mes derniers emprunts : Trouble dans le genre (Judith Butler), Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), Coutume et destin (Yvonne Verdier), Amours et mariages de l’ancienne France (Martine Segalen), Représentation et mystification de l’enfance dans la littérature jeunesse du XVIIe siècle à aujourd’hui (Dominique Demers). Ça pèse lourd sur mon vélo, surtout quand je dois remonter la côte Berri. Mais ça ne me dérange pas.

À la bibliothèque Le Prévost, je me gâte en albums jeunesse et en romans. Ma dernière récolte comprenait tous les albums de Dominique Demers, des contes détournés, quelques bandes dessinées. J’en profite aussi pour louer des DVD de séries ou de derniers films sortis.

La caisse de lait, pour moi, est synonyme de vagabondage, de lenteur, de liberté. On y remplit ce qui nous rend heureux, que ce soit des livres, des objets, des collations, des sacs de sport ou d’épicerie, puis on a la possibilité de s’arrêter, de discuter avec des gens, de s’asseoir dans un parc pour savourer Montréal. Moyen de transport agréable et écologique, on n’a besoin de rien d’autre qu’un peu d’espace sur un vélo pour transporter ce qui nous fait du bien. Pour moi, la caisse de lait est ce qui me permet de traîner un peu plus que ce que mon dos est capable, tout en restant libre de mes mouvements et résistante à la route. En effet, depuis que j’ai ma caisse de lait, je peux aller n’importe où et rouler de longues distances sans me fatiguer. Il ne me faut qu’un moment après le travail, qu’un après-midi de libre, pour que je m’arrête chercher des livres à la bibliothèque, et revienne chez moi avec ma cargaison de bonheur à venir.

Décidément, je constate tous les jours, et avec grand plaisir, le duo extra et parfait qu’est mon amour à la fois pour la lecture et pour le vélo.

Et vous? Parcourez-vous Montréal à vélo?

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Marion vit avec la peur constante de manquer de lecture depuis son tout jeune âge, ce qui l’amène trop souvent à surcharger de livres son pauvre dos. Étudiante au doctorat en littérature, elle est aussi passionnée par l’écriture, les voyages et les grandes randonnées. Plus il y a de pages à lire ou de kilomètres à parcourir, plus elle est heureuse. Rêveuse et idéaliste, elle carbure (un peu trop) aux défis, est végane le plus qu’elle peut, et ne pourrait pas vivre sans Harry Potter, le gâteau au chocolat et les carnets de notes. Elle est collaboratrice pour Le fil rouge depuis 2015.

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