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Entrevue avec Le bruit des plumes

Le bruit des plumes c’est une nouvelle entreprise de services linguistiques cofondée par Gabrielle Rousseau et Vickie Vincent. Toutes deux installées à Trois-Pistoles, c’est à partir de ce village mythique bas-laurentien que les deux jeunes femmes pilotent leur projet depuis 2015. Une « entreprise mi-sérieuse mi-givrée, qui partage son temps entre suivre avec bonheur le régime rigide de la langue et contourner les règles sans scrupule, mais avec tout autant de plaisir. »

Image result for le bruit des plumesLE FIL ROUGE : Pourquoi Le bruit des plumes?
GABRIELLE : Lorsqu’on le décortique, on peut déceler plusieurs sens. D’abord, les « plumes » font autant référence à Vickie et moi, à notre écriture, qu’à celle de nos clients, des textes sur lesquels on travaille. Le « bruit », quant à lui, peut renvoyer au message d’un texte qui se propage, au retentissement d’une courtepointe de mots qui fonctionne, qui entraîne l’effet escompté. Parce que c’est ce qu’on cherche à faire lorsque l’on rédige; on veut convaincre, accrocher, percuter. Le « bruit », au contraire, peut aussi être ce que l’on doit chasser, soustraire d’un texte, ce qui lui nuit. On s’affaire donc à débruiter les textes de ses indésirables.

VICKIE : J’ajouterais que le « bruit », c’est aussi notre côté fougueux, éclaté, créatif, hors norme. C’est notre volonté de sortir des sentiers battus, de se faire remarquer, de se faire entendre. Alors que les « plumes » représentent notre côté plus tendre, sensible, élégant. C’est celles qui s’exercent à raffiner les textes, à en faire jaillir la beauté. C’est celles qui façonnent le « bruit » pour le rendre mélodie.

FR : Est-ce qu’il y a des choses particulières à considérer lorsqu’on part une entreprise en région? Si oui, lesquelles?
G : Ce qui est beau d’un projet entrepreneurial en région, c’est que lorsque le créneau choisi est peu exploité, on a le champ libre. Il y a peu de compétiteurs, on fait sa marque plus facilement. Mais le bassin de clientèle étant plus petit, il faut savoir tirer son épingle du jeu.

Les projets d’entreprise sont très encouragés en région où se créer du travail devient une nécessité parfois.

V : Le bouche-à-oreille est un de nos plus grands alliés, tout comme il pourrait devenir une menace. Étant donné que les communautés sont plus petites et rapprochées, que « le monde est petit » (ou que la famille est grande, si l’on préfère!), le mot se passe plus facilement. Les gens se parlent, nous recommandent. Il est fréquent de se faire référer d’un client satisfait à un autre. Mais l’inverse pourrait être tout aussi possible. Il faut donc s’assurer que notre travail répond aux standards de qualité et que nos relations avec nos clients restent clémentes.

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FR : Aujourd’hui, quel est votre plus grand défi? Votre plus grande fierté?
G : Après un an d’existence, nous avons encore beaucoup d’éducation à faire sur l’importance des services linguistiques, sur l’apport considérable qu’ils peuvent apporter à l’image d’une entreprise. Ce sont souvent des services considérés « de luxe », pour lesquels les entreprises n’ont pas de budget ou qui sont plutôt confiés à quelqu’un à l’interne qui n’est pas un expert. Alors, on continue d’user de stratégies pour attirer l’attention vers nos services et l’on s’efforce pour chaque contrat d’entraîner le plus de répercussions positives.

Sinon, il y a un an, on se lançait tellement dans l’inconnu! Je suis donc simplement fière que le projet soit encore bien vivant, plus fort que jamais. On en apprend encore tous les jours, et heureusement, ça n’arrêtera pas là. Et lorsque ton outil principal, la langue, est en constante évolution, c’est quasi impossible de ne plus apprendre.

FR : Quels sont vos projets pour l’avenir? Vos rêves linguistiques?
G : Nous sommes en train de bâtir une clientèle solide dans le Bas-Saint-Laurent et l’Est-du-Québec, nous faisons notre place auprès de différents types d’entreprises de notre région. Nous tenterons de développer plus vers l’ouest, voir ce que les grands centres ont à nous offrir.

Nous regardons aussi à ajouter des services complémentaires. Pour ma part, les arts visuels font beaucoup partie de ma vie. J’aimerais beaucoup développer une expertise qui allie l’illustration, le graphisme, la typographie et l’écriture. Ça mijote!

FR : Quelles sont vos inspirations littéraires?
G : Je suis pas mal cordonnière mal chaussée là-dessus. Je ne lis pas beaucoup de romans. Je suis une dévoreuse de bandes dessinées, de recueils, une amatrice de magazines, de blogues, de chroniques. Rares sont les romans qui ont réussi à m’hypnotiser du début à la fin. Je me rabats sur le court, mais percutant, je me réfugie dans les formats qui offrent de l’émotion en concentré. J’aime beaucoup une écriture franche qui fait fi de ce que tout le monde pense.

V : Il y en a tellement! Je suis, au contraire de Gabrielle, une très grande lectrice de romans. J’ai toujours aimé les romans qui jouaient beaucoup sur la langue, sur la syntaxe. J’ai besoin de me faire happer par un style d’écriture, par un langage. Vickie Gendreau et Mathieu Arsenault ont une place de choix dans mon coeur. Pour leur style éclaté, leur cynisme, leur mordant. Je trouve leur écriture brillante. Sinon, si je veux une valeur sûre, je vais piger chez Le Quartanier, Alto, La Peuplade ou les Éditions de Ta Mère. Je sais que je ne serai pas déçue.

FR : Comment procurez-vous vos livres en région?
G : Il a plusieurs librairies indépendantes par chez nous! Que ce soit à Trois-Pistoles, Rivière-du-Loup ou Rimouski, on peut trouver toutes les nouveautés et avec un peu de patience, les libraires peuvent toujours nous dénicher ce qu’on cherche, suffit de demander! Là-dessus, nous n’avons rien à envier à la grand’ ville!

V : En plus de fréquenter les librairies, j’aime bien aller à la bibliothèque. Je peux toujours faire venir un livre qui n’est pas disponible grâce au système de prêts entre bibliothèques. En plus de m’aider à économiser, le livre reste un certain temps à la bibliothèque de Trois-Pistoles et peut être découvert par d’autres usagers!

FR : Quel est votre coup de cœur littéraire le plus récent?
G : Hiroshimoi, de Véronique Grenier.
V : La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

FR : Quel est votre mot préféré de la langue française?

G : Merveille.

La vie m’offre souvent des merveilles, au bon moment. Ce mot me rappelle justement de faire confiance à la vie. La merveille, ce p’tit éclat vital dans l’œil.

V : Empreinte.
D’abord, allez savoir pourquoi, j’aime la sonorité du mot. Ensuite, je suis toujours soucieuse de l’empreinte que je laisse quelque part, que ce soit écologiquement ou par mes mots, mes actions. Mais, surtout, le mot « empreinte » me rappelle que nous sommes tous uniques, et que cela explique pourquoi nous faisons tous des choix différents. Cela m’aide à relativiser les choix et actions des autres.

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P.-S. Les dessins sont de Gabrielle Rousseau, fille de nombreux talents! Et je vous conseille fortement d’aller faire un tour sur leur page Facebook pour y découvrir, entre autres, les coquineries du vendredi!

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Un commentaire

  1. Merci de nous avoir fait connaitre ce site-blogue et page Facebook. J’ai beaucoup aimé leur graphisme.
    Être plus jeune, je referais mon site et blogue à l’image des vôtres.

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