Art et créativité
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Carnet de l’apprenti écrivain ou comment apprendre à se connaître par des exercices d’écriture

Cette fois-ci c’est mon petit côté adolescente qui s’est extasié devant ce Carnet de l’apprenti écrivain, rempli d’une foule d’activités liées à l’écriture. Ce que j’aime de ce type d’ouvrage c’est la possibilité d’ouvrir quelques pistes d’écriture en ne sachant pas du tout où elles peuvent me mener, ainsi que le plaisir de partager ces activités avec d’autres quand le moment est propice à ce genre de partage.

J’aimerais partager ma passion avec vous et vous dire que, pour être écrivain, il n’y a pas de secret : il faut écrire. Et pour cela, bien sûr, il faut le vouloir! Susie Morgenstern

img_4001Carnet de l’apprenti écrivain, publié aux éditions De la Martinière jeunesse, écrit par Susie Morgenstern et illustré par Theresa Bronn.

img_3945Pour vous, je vais me prêter au jeu d’écrire spontanément à partir de trois activités pointées au hasard.

Gertrude Stein : Écrire et lire sont, pour moi, synonyme d’exister.

1- Exercice (ou invitation) : Pendant toute une journée, notez tout ce qui vous semble indispensable pour vivre : amis, lieux, objets, courrier…

Réalisée le 27 octobre alors que je faisais le trajet d’autobus entre Pabos Mills et Carleton-sur-Mer.

La présence de mes parents : peu importe où je me trouve et dans quelque situation que ce soit, ça me sécurise de savoir que je peux toujours compter sur mes parents. Qu’ils soient présents par téléphone ou en vrai, je suis choyée qu’ils soient là pour moi, même si très souvent nos valeurs et nos expériences de vie prennent des chemins opposés. Ils semblent avoir développé un sixième sens avec moi.

Le sommeil et les rêves : le monde des rêves et la capacité de rêver sont absolument nécessaires pour moi, ils me permettent de me réparer la pensée, de prendre des décisions, de dénouer des nœuds parfois conscients, parfois inconscients, de découvrir des pistes de création et surtout d’apprendre à me connaître. À l’intérieur du monde inconscient, tout un univers continue de se construire et je suis avide de le découvrir.

Un carnet et un crayon : aussi nécessaire que boire de l’eau et respirer. D’ailleurs aujourd’hui je me suis offert de nouveaux carnets. Sur une île déserte, laissez-moi là, si vous le souhaitez, mais n’oubliez pas de m’y jeter avec un carnet et un crayon, merci. 😉

Une tuque : je suis une version réelle de la princesse aux petits pois, tout ce qui frôle ma tête, mon corps doit être d’une grande douceur. La tuque aussi pour me garder les idées au chaud avec le début précoce de la saison hivernale.

LA MUSIQUE : je tente de vivre dans quelques espaces-temps silencieux, mais je me rends souvent compte que monte en moi, finalement, la musique et je me retrouve à chantonner, à murmurer des mots et des mélodies. La musique me permet d’atteindre des émotions vives plus facilement. J’ai aussi un immense plaisir à me laisser raconter la poésie d’artistes qui m’inspirent. Ce matin, dans l’autobus voyageur, j’écoutais à répétition Bien de Catherine Major, quelle chanson merveilleuse! Merci!

La mer : aujourd’hui la mer est argentée. Le soleil transformé en ampoule blanche par les nuages éclaire des cercles sur l’eau calme et haute. La perte de vue ne finira jamais de m’éblouir.

L’art : la création, celle que je développe par les arts visuels et l’écriture. La création, celle que je partage avec d’autres artistes sensibles. Les arts visuels, la littérature, les arts de la scène, tout, tout, tout, en consommer, en produire, en partager, de l’art partout, tout le temps. Tout à l’heure, je suis entrée au Centre d’artistes Vaste et Vague pour découvrir l’univers des îles de Jean-Yves Vigneau. Vous savez, moi et les îles!

LE CAFÉ : tout tout tout ce qui se rapporte à la caféine est synonyme de bonheur (sauf peut-être les nuits blanches pour en avoir trop consommé, mais encore là)!

Les bouquins : bien évidemment. Dans mon sac à main, le Journal de Marie Uguay m’attend patiemment. Plus tard mon cher, plus tard, mais bientôt.

L’écriture : parce que c’est plus facile de m’exprimer dans ces symboles que sont les lettres et les mots (les pages du matin, le journal intime, la réflexion artistique, la correspondance, la poésie, la nouvelle, le roman…)

La liberté : du corps et de l’esprit, parce que voilà!

Les larmes : parce qu’elles me rendent plus humaine.

La mobilité : pour découvrir le monde et ainsi continuer d’être joyeusement curieuse et émerveillée.

La solitude : elle me permet de faire le point avec moi-même avant de retourner vers les autres.

Les autres : pour leurs yeux et leur sourire.

Nikki Giovanni : Il ne faut pas être intimidé par ses propres pensées.

2- Quel est le sujet qui vous gêne le plus? Le sujet dont vous n’aimeriez surtout pas parler? Justement, parlez-en!

Je vais me compromettre, promis. Mais je vais le garder pour moi. Déjà faire le geste d’écrire pour soi est un petit bout de chemin parcouru vers une plus belle liberté créatrice. Et puisque je cherche à être le plus authentique possible et en harmonie avec moi, ce thème en est un qui vient me chercher. Mais ça montre ici, que oui, l’on peut écrire pour partager avec les autres, mais l’on écrit avant tout pour soi, et même écrire pour soi-même n’est pas toujours si facile, simple peut-être bien, mais pas facile pour autant.

Emily Dickinson : La colère, aussitôt nourrie, meurt. C’est de crever de faim qui la fait grossir.

3- Qu’est-ce qui vous met en colère?

Ce qui me met franchement dans une colère, de celle qui m’enlève tous les moyens, c’est lorsque j’entends un homme me rabaisser ou rabaisser les autres femmes. Lorsque l’on me regarde comme une conne, une faible, une bonne à rien, je le vois, je le sens, je le ressens, je l’entends, même si ça reste à mot couvert et alors tout mon être se met à trembler et j’ai de la difficulté à articuler ma défense et je me sens tout à coup violente, alors que c’est loin d’être dans ma nature. Je me transforme en une louve féroce qui doit protéger son territoire intime. Ce que j’apprends au fil des ans c’est à trouver les bons mots pour m’exprimer et pour me défendre, je tiens à laisser entendre mon mécontentement et mon point de vue. Je ne tiens pas à blesser avec mes mots ou avec mes poings, je veux être entendue et comprise. Respectez-moi et je vous respecterai en retour! Merci!

Sinon plusieurs autres sujets m’irritent, la minimisation de l’art dans la société, la maltraitance faite aux humains, aux animaux, à la planète, etc.

Et toi, qu’est-ce qui suscite chez toi la colère?

*

Bien qu’il soit simple à utiliser, le contenu de ce carnet n’en est pas moins enrichissant. D’abord les activités et exercices proposés nous guident parfois, même souvent, vers des réflexions plus au second degré et personnelles, et chacune des pages est agrémentée de citations inspirantes.

Les invitations à écrire peuvent nous mener dans des zones très inconfortables où nous sommes confrontés à nous-mêmes, à nos peurs, à nos hontes, à nos peines, mais je reste convaincue que pour être un artiste, un écrivain entier et authentique, il faut apprendre tous les jours à se connaître et ces exercices sont une bonne piste vers la découverte de notre vaste monde intérieur. Laissez-vous aller et prenez-le comme un jeu, vous pourriez être surpris de ce que vous apprendrez de vous.

Quelques invitations et autres pistes de réflexion prises au hasard :

fullsizerender-Videz votre sac à dos et décrivez les objets qui s’y trouvent, sans jamais les nommer.

-Faites raconter à un objet qui vous a suivi depuis votre enfance l’un de vos plus beaux souvenirs.

-Notez rapidement quatre mots sans réfléchir et mettez-les en scène dans un texte.

-Vous êtes écrivain et vous dédicacez votre dernier ouvrage à un lecteur.

-Aujourd’hui… Que vous évoque ce mot?

-Pouvez-vous répondre à cette question : c’est quoi la vie?

-Où préférez-vous écrire?

-Votre histoire commence par la découverte d’un cadavre!

-Imaginez-vous dans la peau d’un personnage célèbre et racontez une journée de votre vie.

-Quelles sont les choses que vous remettez systématiquement à plus tard? Dressez-en la liste. Puis, faites-les toutes, l’une après l’autre!


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par

Louba-Christina Michel est une passionnée. Elle écrit depuis qu’elle sait comment faire et même avant, dans une sorte d’hiéroglyphes inventés. Et dessine depuis plus longtemps encore, elle a dû naître avec un crayon dans la main. Elle est transportée par tout ce qui touche à la culture et dépense tout son argent pour des livres et des disques (hey oui!). Elle prend beaucoup trop de photos de son quotidien, depuis longtemps. Des centaines de films utilisés attendent d’être développés dans des petites boîtes fleuries. Sa vie tourne autour de ses grandes émotions, de ses bouquins, de l’écriture, de l’art, du café et maintenant de sa chatonne princesse Sofia. Après une dizaine d’années d’errance scolaire et de crises existentielles, entre plusieurs villes du Québec, elle est retournée dans son coin de pays pour reprendre son souffle. Elle travaille présentement à un roman et à une série de tableaux.

3 Comments

  1. Isabelle says

    Très intéressant! Je me suis procuré le livre et honnêtement, il est vraiment bien fait… Ado ou pas!

    J’aime

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