Auteur : Louba-Christina Michel

Un soir de juin, la poésie a pris toute sa place — Chapitre II

 Ce matin, je cherche l’écriture dans le vol des oiseaux.  Michel Pleau  Sublimer le jour et la nuit Ce soir de juin, j’étais assise dans la salle de spectacle, très intime, de la Vieille Usine, entourée de mes amis et nous étions tous attentifs à la poésie qui déferlait sur nous. À la suite du spectacle, nous étions tous fébriles, une forte impression d’être différents, nous ne pouvions nous quitter ainsi. Alors nous nous sommes rattaché les uns, les autres, cette nuit-là, mais aussi les jours suivants et même si la saison file comme l’éclair, la poésie reste imprégnée sur nos peaux de sensibles, de curieux et de vivants. Avec d’autres, nous avons commencé à poser des gestes poétiques. Des carnets d’écriture à deux. Des échanges de bouts de papier contenants des fragments, offerts, comme on offre des fleurs sauvages. Des désirs de se réunir pour se lire nos poèmes favoris. Des recueils en circulation. Ce ne sont que des petits gestes, mais ils nous font vibrer et ils permettent à la poésie de continuer …

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Un soir de juin, la poésie a pris toute sa place — Chapitre I

J’ai longtemps imaginé que c’est moi qui faisais un poème mais je me trompais. C’est lui, secrètement, qui me fait.  Michel Pleau L’Anse se poétise Le 5 juin dernier, L’Anse-à-Beaufils recevait des poètes de La Maison de la poésie de Montréal en tournée dans le cadre du Festival de la poésie de Montréal. Le concept était simple, quatre poètes, un musicien et un poète invité dans chaque lieu d’arrêt de la tournée. Les poètes Paul Bossé, Véronique Cyr, Lise Gaboury-Diallo, Sébastien Dulude, le musicien Carl-Éric Hudon et l’artiste invité Philippe Garon ont offert un spectacle de poésie qui nous amenait littéralement dans une multitude d’espaces intérieurs et de sensations différentes, puisque ça passait de l’un à l’autre, que tous avaient des styles, des thèmes et des propositions poétiques différentes. L’agitation Je dois sans plus attendre partager ma passion pour la poésie. L’agitation incessante se manifeste de plus en plus en moi. Quelque chose de fou se passe, les choses changent. La vie se meut en vue d’une forme plus lucide, plus piquante du Monde. Sur …

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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

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Atteindre les étoiles en pleurant un peu

Un bain poétique Depuis quelques semaines, j’ai pris l’habitude de lire en prenant un bain (c’est une activité que je suggère fortement, quel bonheur que de vivre ce moment de lecture et de relaxation). Je tamise la luminosité dans la petite pièce en allumant une seule chandelle, elle suffit à éclairer les pages du livre que je tiens au-dessus de l’eau parfumée aux essences de menthe et d’eucalyptus, mes favorites. L’eau, très chaude, crée une légère brume au-dessus de mon corps qui n’est jamais entièrement submergé. C’est là que j’ai commencé la lecture du recueil de poèmes Pleurer ne sauvera pas les étoiles de François Guerrette, paru aux Éditions Poètes de brousse en 2014. À haute voix, bien sûr. La poésie lorsqu’elle trouve une voix pour la prononcer est vivante, elle se délie sur la langue et se fait échos contre les murs bétonnés, elle les transperce. Elle flotte, elle fuit, elle danse. J’ai emprunté le recueil à une amie, après qu’elle ait partagé avec moi un extrait qui se situe au début du recueil. …

En lisant, en vivant, en écrivant

Je ne lis pas depuis plusieurs jours, j’écris, ou je fais autre chose, je peins, je dors, je marche, je ris, je pleure, mais je ne lis pas depuis plusieurs jours. Puis j’ouvre un livre, il m’accroche ou nous nous donnons rendez-vous un peu plus tard dans la vie. J’ouvre un autre livre et tout un monde fleurit dans ma tête, je me laisse submerger, je ne touche plus terre, le voyage débute et je suis déjà loin. Un nouveau cycle de lecture est lancé. Je n’ai pas encore déposé un livre, que déjà un autre s’installe au creux de mes mains. Je suis enfoncée dans mon lit, je suis une malade sans maladie. Une prisonnière dans la tempête. Je remets ma vie entière en question. Je suis dans un état constant près de l’inconscience, le sommeil n’est jamais loin. Cette douce lourdeur qui prend racine sur mes paupières et qui descend doucement sur mes épaules et dans mon ventre. Le syndrome de Berlin Je lis les mots de Mylène Bouchard au sujet d’une étrange …

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

Tout ce qui meurt derrière les apparences

Il y a peu de temps, je me suis plongée au cœur de Chrysalide, un roman d’Aude, choisi au hasard dans ma bibliothèque (j’ai emprunté ce livre à une amie il y a quelque temps). Chrysalide, qui m’a d’abord attirée par son titre, puis par le résumé en quatrième de couverture, raconte l’histoire de Catherine. Enfant unique de deux parents aimants et ne voulant que son bien-être et son bonheur, à l’aube de ses 14 ans, Catherine sent croître en elle une forme d’inconfort qu’elle n’arrive pas à nommer. Le jour même de son anniversaire, où elle est joyeusement entourée de ses amis, de sa famille et de cadeaux, elle fuit et tente de mettre fin à ses jours, comme ça, sans qu’elle-même s’y attende. Elle ne supporte plus l’univers superficiel dans lequel elle vit depuis toujours, douillet, mais douloureusement vide. Elle devient une jeune femme, après avoir brisé quelque chose entre elle et les gens qui l’avaient entourée jusque-là. Catherine les dérange. Jusqu’à l’adolescence, je m’étais si bien conformée à ce que les autres …

Triangle poétique – Pasternak, Tsvétaïeva et Rilke

<<Ils ont oublié que la seule chose qui soit encore en notre pouvoir, c’est de savoir ne pas déformer la voix de la vie qui résonne en nous. >> Pasternak Correspondance à trois s’inscrit dans la liste des livres que j’ai lus pour une première fois il y a quelques années (soit pour l’école ou pour le plaisir, ici c’est dans le cadre d’un cours) pour lesquels j’avais ressenti une grande vague d’émotions et que j’étais curieuse de retrouver (le livre et les émotions). Correspondance à trois signe l’échange épistolaire entre trois grands écrivains du siècle dernier, soit Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak et Marina Tsvétaïeva. Boris Leonidovitch Pasternak, né le 10 février (29 janvier) 1890 à Moscou et mort le 30 mai 1960 à Peredelkino, près de Moscou, est un poète et romancier russe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1958. Marina Ivanovna Tsvetaïeva est une poétesse russe née à Moscou le 8 octobre (26 septembre) 1892 et morte à Ielabouga le 31 août 1941. Rainer Maria Rilke, né René Karl Wilhelm Johann …

Carnet de l’apprenti écrivain ou comment apprendre à se connaître par des exercices d’écriture

Cette fois-ci c’est mon petit côté adolescente qui s’est extasié devant ce Carnet de l’apprenti écrivain, rempli d’une foule d’activités liées à l’écriture. Ce que j’aime de ce type d’ouvrage c’est la possibilité d’ouvrir quelques pistes d’écriture en ne sachant pas du tout où elles peuvent me mener, ainsi que le plaisir de partager ces activités avec d’autres quand le moment est propice à ce genre de partage. J’aimerais partager ma passion avec vous et vous dire que, pour être écrivain, il n’y a pas de secret : il faut écrire. Et pour cela, bien sûr, il faut le vouloir! Susie Morgenstern Carnet de l’apprenti écrivain, publié aux éditions De la Martinière jeunesse, écrit par Susie Morgenstern et illustré par Theresa Bronn. Pour vous, je vais me prêter au jeu d’écrire spontanément à partir de trois activités pointées au hasard. Gertrude Stein : Écrire et lire sont, pour moi, synonyme d’exister. 1- Exercice (ou invitation) : Pendant toute une journée, notez tout ce qui vous semble indispensable pour vivre : amis, lieux, objets, courrier… Réalisée le 27 octobre alors que …

À ressasser les choses, des heures d’affilée

Quand je roule aujourd’hui dans la campagne, je découvre encore des détails qui me rappellent Hailsham. J’ai découvert le film Never let me go un peu par hasard. Je cherchais un film au contenu romantique pour satisfaire ce côté fleur bleue de ma personne. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ai été agréablement surprise. Je me suis même offert le DVD pour être certaine de pouvoir le visionner aussi souvent que l’envie me prendrait. À l’époque de ma découverte du film, peu de temps après sa sortie, dont je n’avais pas du tout entendu parler, j’ai tout de suite entamé ma recherche du roman dont avait été inspirée la version cinématographique, réalisée par Mark Romanek, avec Carey Mulligan (une révélation pour moi comme actrice), Keira Knightley et Andrew Garfield dans les rôles principaux. La version française, Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. Dans chacune des librairies où je passais, indépendantes ou usagées, je demandais s’ils avaient en magasin le titre. Je voulais qu’il vienne à moi un peu comme le …